Des libéraux bruxellois se sentent snobés par le parti

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Depuis l’ouverture des négociations entre le PS, Ecolo et DéFI à Bruxelles, des libéraux se plaignent du manque de soutien de la Toison d’Or envers sa frange bruxelloise.

"Les Wallons ne nous aident pas." Cette complainte émane de plusieurs libéraux bruxellois depuis qu’une coalition PS-Ecolo-DéFI se profile en Région bruxelloise. Juste après l’annonce officielle de l’entrée en négociation de la tripartite vendredi dernier, le MR a réuni ses troupes bruxelloises pour contrôler la communication. Des voix se sont élevées lors de cette réunion pour déplorer le désinvestissement du parti dans la capitale. Les propos de Jean-Luc Crucke ont notamment été remis sur la table.

Jean-Luc Crucke fait partie des régionalistes qui ont su imposer un fait wallon et il s’en fiche de la situation à Bruxelles.
Un élu bruxellois

À la suite de l’annonce du cdH désireux de s’offrir une cure d’opposition généralisée, le libéral wallon avait rapidement déclaré qu’une symétrie dans les Régions n’était pas indispensable. "Jean-Luc Crucke fait partie des régionalistes qui ont su imposer un fait wallon et il s’en fiche de la situation à Bruxelles. Il est écouté en interne, ce qui n’est pas le cas de Françoise Schepmans ou de Vincent De Wolf qui n’ont pas l’oreille du parti", affirme un élu bruxellois.

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Le MR devrait-il conditionner sa montée en Wallonie à sa montée à Bruxelles? Vendredi, le président Charles Michel a expliqué aux mandataires de la capitale que les libéraux n’étaient pas en position d’émettre une telle exigence, leur participation au pouvoir n’ayant jamais été assurée au sud du pays. "Après les élections, les Bruxellois ont très rapidement intégré l’idée de se retrouver dans l’opposition. Et puis, l’annonce du cdH leur a tout à coup redonné de l’appétit. Ils ont commencé à se dire que les Wallons allaient les sauver. Mais on voit bien que rien n’est encore joué en Wallonie et que si les autres partis peuvent se passer du MR, ils le feront sans hésiter", nous explique un cadre du parti.

On ne va pas se tuer pour faire de Françoise Schepmans ou de Vincent De Wolf des ministres.
Un membre du MR

En résumé, le MR serait victime d’ostracisme tant en Wallonie qu’à Bruxelles et le seul moyen d’entrer en majorité était de devenir mathématiquement incontournable. "Vu ce qu’il s’est passé aux dernières élections communales, on savait que le PS nous écarterait partout où il le peut. Quand on sait que l’on va rater les négociations, il ne faut pas rater l’élection. Il fallait y aller à fond et se démarquer durant la campagne. Mais la tête de liste Françoise Schepmans n’a même pas voulu faire une sortie sur le tract d’Ecolo quand le parti le lui a demandé. Les Bruxellois ont manqué des occasions de progresser électoralement", explique un élu wallon.

Un défaut de leadership

Par voie de communiqué vendredi, les libéraux ont lancé un appel pour davantage de cohérence entre les niveaux de pouvoir, mais sans conditionnalité. "On ne va pas se tuer pour faire de Schepmans ou De Wolf des ministres", admet un ténor du parti. Cette petite phrase traduit un problème plus profond, celui d’un défaut de leadership au MR bruxellois, qui remonte à la disparition de Jacques Simonet.

Les chamailleries liées au poste de chef de groupe au Parlement bruxellois en témoigneraient. "Ni Vincent De Wolf ni Françoise Schepmans ne fédèrent en interne. Le nom d’Alexia Bertrand circule parce qu’elle a fait ses voix et qu’elle est brillante. Mais elle est un peu trop étiquetée sud de Bruxelles, résume un libéral bruxellois. Nous pouvons nous affirmer mais à condition de trouver un leader, une personne ayant la capacité de se détacher des positions wallocentrées et d’imposer un fait bruxellois au sein du parti."


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