analyse

Des mauvaises nouvelles budgétaires pour booster l'information royale

Johan Vande Lanotte et Didier Reynders, les deux informateurs royaux. ©BELGA

Dette publique, déficit, conjoncture: les informateurs Reynders et Vande Lanotte ont donné leurs chiffres budgétaires aux présidents de parti. Groen ne sera plus convié.

On n’oserait parler d’avancée significative vers la formation d’un gouvernement fédéral. On va plutôt dire que ça décante du côté des informateurs royaux. Mercredi soir, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte conviaient le top de sept partis (N-VA, PS, sp.a, MR, Open Vld, CD&V et Groen) autour d’un repas au Palais d’Egmont, à Bruxelles.

Groen sortira de ce dîner de travail exclu ou auto-exclu, selon les versions du processus d’information. Pourtant, la convivialité était au menu, tout comme les nouvelles budgétaires et macro-économiques présentées, sous forme de slides, par les deux missionnaires au long cours. Des nouvelles forcément moroses alors que les affaires courantes font filer le déficit.

Les informateurs prévoient un déficit structurel de 2,3% du PIB en 2024.

"Dans un contexte de grande incertitude, la situation économique internationale se dégrade, ce qui accentue encore le défi budgétaire d’ici à 2024, ont pu entendre les présidents Di Rupo, De Wever, Michel, Beke Almaci, Crombez, Rutten et leurs acolytes Magnette, Francken, Wilmès, Geens, etc.

Ou encore: "Sans transfert d’actifs, la dette restera structurellement supérieure à 100% du PIB pendant toute la législature." Et de prévoir un déficit structurel à 2,3% du PIB en 2024, soit 11 milliards au moins. Les informateurs ont rappelé le défi que représente l’augmentation du coût du vieillissement. "Atteindre un équilibre budgétaire sans impact sur la fiscalité et la sécurité sociale semble donc très difficile, ajoutèrent-ils en estimant que le prochain gouvernement va devoir mener "une politique très active" pour répondre à l’enjeu.

"On n’a pas appris grand-chose", admet toutefois un participant. Le message du royal duo n’avait plus rien de subliminal: ce serait tout de même bien qu’on forme un gouvernement suffisamment tôt pour élaborer le budget 2020 en bonne et due forme et réagir efficacement à un Brexit qui s’annonce dur. Les mauvaises nouvelles n’ont visiblement pas terni l’ambiance détendue du dîner où les plaisanteries allèrent bon train.

Des verts attendus au tournant

Mais, parmi les partis flamands, on attendait tout de même Groen au tournant. Jeudi soir, les verts néerlandophones étaient toujours dans la danse, mais après avoir affirmé que le pouvoir fédéral ne les intéressait pas si leur partenaire francophone, Ecolo, n’était pas associé. Or, Ecolo campe sur sa position de juillet: pas question de s’asseoir à la table des informateurs si la N-VA y est aussi. Ce faisant, Jean-Marc Nollet et Zakia Khattabi coprésidents, mettent leurs camarades flamands dans une situation inconfortable.

"Vous avez un pied dedans ou un pied dehors?"
Bart De Wever
à Groen

En Flandre, l’exclusive envers les nationalistes, premier parti, passe beaucoup moins bien qu’au Sud. N-VA, Open Vld et CD&V ont donc cuisiné Meyrem Almaci et Kristof Calvo, les deux représentants de Groen, sur leurs intentions. "Vous avez un pied dedans ou un pied dehors?", a notamment demandé Bart De Wever. Gwendolyn Rutten leur a rappelé leurs déclarations sur l’absence d’Ecolo en demandant une clarification. Le CD&V a fait de même avant les informateurs eux-mêmes.

Selon plusieurs échos de la réunion, Groen a donné des réponses peu claires. "Ils se sont auto-exclus", entend-ton parmi les participants. Une version contestée par Groen qui se dit toujours disponible. En fin de soirée, L’Echo, confirmait que Johan Vande Lanotte et Didier Reynders avaient pris la décision de poursuivre leur mission sans plus inviter Groen. "Il y a des formules dont la famille écologiste fait partie", répondait Groen ce jeudi en se disant toujours disponible. Le prochain rapport au Roi des informateurs aura lieu le 9. Il n’est pas exclu que leur mission soit prolongée. Jusqu’à l’avènement des gouvernements wallon et flamand? Qui vivra verra.

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