Ecolo a tué dans l'œuf les velléités bruxelloises du MR

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Depuis la Wallonie, les négociateurs libéraux ont essayé de faire revenir le MR dans la course à Bruxelles. Mais les écologistes ont dit "non" dans toutes les langues.

Vendredi, en fin d’après-midi, les négociateurs bruxellois ont annoncé qu’un accord de gouvernement était bouclé en première lecture. Quelques points difficiles doivent encore être dénoués et il faudra ensuite se mettre d’accord sur la répartition des compétences et le casting, sans oublier la tenue des congrès des différents partis autour de la table. Mais l’ambition de Rudi Vervoort (PS) visant à installer le nouvel exécutif régional (PS/Ecolo/DéFI/Groen/Open-Vld/one.brussels) avant la date symbolique du 21 juillet reste tout à fait plausible.

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Et force est de constater que la tentative last minute du MR de s’inviter dans les négociations bruxelloises n’a pas fait ciller les futurs partenaires de coalition. Même l’Open Vld, qui plaidait encore il y a deux semaines pour l’ouverture des discussions à son homologue francophone, a rejoint sans broncher la table des négociations vendredi matin. La demande était pourtant cette fois-ci relayée par des ténors, le ministre wallon sortant Pierre-Yves Jeholet et le vice-Premier ministre Didier Reynders. Un emballement qui laisse supposer que le MR croyait avoir une réelle ouverture.

Les exigences du MR

Jeudi, lors d’une réunion exploratoire en vue de mettre en place un arc-en-ciel en Wallonie, les négociateurs libéraux Charles Michel et Willy Borsus ont mis sur la table une exigence de taille: le retour des libéraux dans les discussions en Région bruxelloise. Le duo aurait même été jusqu’à exiger un portefeuille ministériel dans le futur gouvernement bruxellois. Ayant le niveau fédéral dans le viseur, le président du PS Elio Di Rupo n’a pas balayé cette demande qui a été communiquée aux socialistes bruxellois.

Le "non" des écolos

Mais la réaction virulente d’Ecolo ne s’est pas fait attendre. C’était "non" dans toutes les langues pour la coprésidente Zakia Khattabi. Comme l’a démontré leur volonté de mettre en place une coalition minoritaire PS-Ecolo en Wallonie, l’idée de gouverner avec le MR est insupportable aux yeux des verts. Quasiment incontournable dans la capitale, Ecolo avait le pouvoir de tuer dans l’œuf les velléités bruxelloises du MR. Une majorité PS-MR-DéFI serait très courte mais viable. Un tel scénario impliquerait cependant le fait que Groen, premier parti dans le collège électoral néerlandophone, monte sans son pendant francophone, ce qui est invraisemblable. Qui plus est, aucun des négociateurs ne souhaitait revenir sur les chapitres déjà négociés pour inclure un partenaire surnuméraire.

"Faire des déclarations comme si Bruxelles était une monnaie d’échange pour d’autres niveaux de pouvoir, c’est quoi ça?"
Laurette Onkelinx Présidente de la fédération bruxelloise du PS

Malgré une période de flottement due aux ambitions fédérales d’Elio Di Rupo qui a permis aux libéraux d’espérer – le temps d’une nuit – un retour dans la partie bruxelloise, les socialistes bruxellois n’ont même pas fait semblant d’envisager un instant ce scénario. "Commencer à faire des déclarations comme si Bruxelles était une monnaie d’échange pour d’autres niveaux de pouvoir, comme si elle était un distributeur automatique de postes, c’est quoi ça?", a déclaré la présidente de la Fédération bruxelloise du PS Laurette Onkelinx avant le début de la réunion de ce vendredi. Réunion lors de laquelle la tentative libérale n’aurait même pas été abordée par les négociateurs bruxellois…

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