En Wallonie, l'heure est à la danse du ventre entre le PS et le MR

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En Wallonie, si l’heure n’est pas encore à sceller de grands accords entre futurs partenaires de coalition, le pas de côté annoncé par les humanistes rend les choses plus évidentes et met le duo PS-MR en tête de gondole. Une réunion entre les deux formations est d’ailleurs prévue ce vendredi.

Socialistes et libéraux n’en sont évidemment pas encore au stade des négociations. Elio Di Rupo, le président du PS, doit au moins faire semblant de négocier avec les émissaires du PTB et démontrer à son aile gauche (et à la FGTB) qu’une coalition progressiste avec une tripartite PS-PTB, avec l’appoint d’Ecolo, est impraticable, avant d’annoncer un mariage PS-MR. Il avait d’ailleurs réuni les hauts cadres du parti lors d’un G9 exceptionnel jeudi. La réunion a duré une bonne partie de la matinée. Elle a notamment permis de faire le point sur la situation suite au renoncement du cdH.

Une fois cet acte de contrition opéré, on en reviendra donc à la classique coalition PS-MR. Majoritaire en nombre de sièges au Parlement, elle n’est pas naturelle. En termes d’image, les deux partis sont les grands perdants des élections du 26 mai. PS et MR ont donc tout intérêt à convaincre Ecolo de rentrer dans l’attelage.

Liste de priorités

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La négociation de la déclaration de politique régionale est forcément déjà dans tous les esprits. On sait que lors de leur première entrevue, Elio Di Rupo a demandé aux émissaires libéraux Charles Michel et Willy Borsus de préparer une liste de priorités avec des trajectoires budgétaires pour chaque point. Elle doit faire l’objet d’une discussion ce vendredi.

Parmi les priorités libérales, la lutte contre les métiers en pénurie, la rénovation des bâtiments dans le cadre de la transition climatique ou le renforcement des transports publics, devraient faire l’objet d’un large consensus avec les socialistes.

Risque de crispation

D’autres dossiers "prioritaires" pour les libéraux risquent évidemment de braquer le PS. On pense à la réforme en profondeur du Forem en externalisant une partie des formations vers les entreprises, au précompte immobilier, ou encore à un abattement de 500 euros pour les propriétaires occupant leur bien.

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Il existe également une série de divergences sur la manière de mener à bien une série de réformes. Ce sera notamment le cas pour la réforme des provinces, la mise en place du service minimum dans le TEC, le suivi et la ratification des accords de libre-échange, la réforme des points APE, le décret tarif prosumer non voté en fin de législature, la prime de 1.000 euros pour les étudiants koteurs ou encore la fin du plan Marshall.

Il est évidemment bien trop tôt pour imaginer un éventuel blocage mais, tant au PS qu’au MR, il faudra être inventif afin que personne ne perde la face au moment de rédiger l’accord gouvernemental.

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