interview

Françoise Schepmans: "Le MR doit être plus collectif"

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Ce n’est pas la peine de se leurrer, c’est extrêmement mal parti pour le MR en Région bruxelloise. PS, Ecolo et DéFI entament des négociations pour former le prochain exécutif régional. Si celles-ci aboutissent, elles devraient porter à 20 ans le nombre d’années que les libéraux auront passées dans l’opposition. Douleur. Françoise Schepmans, ex-bourgmestre de Molenbeek et chef de groupe MR au Parlement bruxellois, a rencontré L’Echo.

Avez-vous cru être associés à Bruxelles ou les carottes étaient déjà cuites entre PS, Ecolo et DéFI? 
Cette annonce est précipitée. Le PS avait demandé à chaque parti de rendre une note autour de six thèmes, le MR a fait l’exercice mais il n’y a plus eu de suite. Il aurait été intéressant de continuer à discuter sur cette base. On dirait donc que le scénario était écrit depuis longtemps. Nous aimerions maintenant connaître le contenu des notes des partis qui se mettent autour de la table. Le PS doit jouer la transparence. Il veut une majorité de gauche à Bruxelles, il l’avait annoncé. Les écolos se sont renforcés ce qui n’est pas le cas de DéFI mais il y a une proximité entre Rudi Vervoort, Laurette Onkelinx et Olivier Maingain.

Avez-vous cherché à briser les liens entre les trois partis?
Le PS a la main. Nous prenons acte des résultats des élections. Les contacts que j’ai eus avec les têtes de liste de DéFI et Ecolo étaient positifs mais il y a des machines de parti qu’on ne sent pas aussi réceptives.

"Nous devrons appréhender Bruxelles plus par quartiers que par communes."

Vous prenez acte d’une défaite pour le MR?
Le MR reste la troisième force à Bruxelles. S’il a baissé, le PS et DéFI également. Ceux qui ont gagné, c’est Ecolo et le PTB.

Quels sont les chantiers à mener au MR bruxellois pour retrouver des couleurs?
Nos 13 élus au Parlement bruxellois forment un groupe soudé et volontaire avec des parlementaires qui ont plus d’expérience et de nouveaux députés qui sont très investis. Nous organisons déjà des réunions pour avancer sur la communication et la cohérence, pour mettre en avant les thèmes qui nous sont chers. Nous n’allons pas attendre la mise en place d’un gouvernement ou le mois de septembre pour entamer cette réflexion. J’insiste beaucoup pour que ce soit un travail partagé, avec une communication partagée, entre les niveaux de pouvoir. Et à Bruxelles, il sera très important pour nous qu’on redescende vers les élus locaux et les citoyens.

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Ce lien avec le niveau local était distendu au MR?
Non. Ce n’est pas cela. Chez les libéraux, il y a une liberté de pensée et d’expression qui est importante mais il faudra désormais travailler plus collectif. Il faut travailler différemment que par le passé, la société a évolué. Je veux plus travailler par quartiers que par communes. Qu’on ne soit plus dans cette logique de bourgmestres qui deviennent des barons.

Placer comme chef de groupe quelqu’un comme Alexia Bertrand, nouvelle députée qui a fait un beau score, n’aurait pas été un signal de renouveau?
C’est une question qui n’est pas à l’ordre du jour. Il faudra répartir les forces en fonction des connaissances des uns et des autres. J’ai la prétention de dire que je connais bien les quartiers de Bruxelles, ceux du Nord-Ouest comme ceux du Sud.

Pour élargir l’assise du parti?
Oui. On s’est maintenus dans les communes du Sud, à Woluwe, etc. La commune où je fais le plus de voix, après Molenbeek, c’est Uccle. J’ai un profil et une action consensuelle qui peut rassembler.

"En matière d’enseignement, il y a des convergences entre PS et MR."

Le MR peut encore monter en Wallonie. Doit-il conditionner sa participation au pouvoir à une montée en Région bruxelloise?
La question ne se pose absolument pas de cette manière. Le sentiment du Mouvement réformateur, c’est que le PS veut aussi une majorité de gauche en Wallonie.Je ne suis pas convaincue que le PTB soit éliminé. C’est en cela qu’il est dommage que les socialistes se soient précipités à Bruxelles. Je connais le PTB. Une alliance est encore possible entre PS, Ecolo et PTB car une partie de la gauche considère que le PTB est un parti fréquentable.

Mais si cela ne marche pas, on viendra vers le MR…
Ce sera sans doute pas demain. Il faudra de la cohérence avec la Fédération Wallonie- Bruxelles.

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Au niveau de la Fédération, le MR est prêt à revenir sur la suppression du décret Inscription ou l’abaissement du tronc commun?
Il ne faut pas croire qu’on peut supprimer purement et simplement le décret Inscriptions, même si certains candidats ont eu ce genre de propos. Il faut le réformer en profondeur. Il y a des points de convergence avec le PS pour l’enseignement technique et professionnel.

PS, Ecolo, DéFI, cela vous inquiète?
Non. Ce qui m’inquiéterait c’est qu’Ecolo devienne le nouveau cdH laissant tout pouvoir au PS, comme ce fut le cas au cours de la dernière législature. Une des premières choses à faire sera de mettre de l’ordre dans certaines pratiques.

Le président de la régionale bruxelloise du MR, Didier Reynders, pourrait devenir directeur général du Conseil de l’Europe. Faudra-il renouveler vos instances à court terme?
Je ne vais pas tenir des discours de Boris Dilliès en disant qu’on s’est ramassés, etc. Je ne veux pas d’un débat sur qui doit rester qui doit partir aujourd’hui.

"J’espère qu’Ecolo ne sera pas un nouveau cdH laissant tout pouvoir au PS."

On reproche parfois à Didier Reynders de ne pas s’investir suffisamment. D’accord?
Il a ses responsabilités. Chaque fois que je l’ai appelé, il était disponible, qu’il soit ici ou au Japon. C’est un libéral, il laissait donc beaucoup de liberté à chaque section locale.

Vous cumulez votre échevinat avec la députation. Pourquoi?
J’ai voulu participer à la gestion de la commune dans les premiers mois de l’installation de la majorité PS-MR à Molenbeek. On verra par la suite…

ça se passe bien avec Catherine Moureaux?
Disons que nous apprenons à nous connaître. Il y a un respect mutuel.

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