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Gouvernement "miroir"

Les informateurs prolongés jusqu’en septembre

Ainsi donc, les informateurs royaux Didier Reynders et Johan Vande Lanotte ont vu leur mission entamée le 30 mai prolongée jusqu’au 9 septembre. Cela fera plus de trois mois pour tâter le terrain, sonder humeurs et états d’âme. Bref, trois mois à tourner en rond. Faut-il pour autant s’en offusquer? Pas nécessairement. Si l’on prend la peine de faire une exégèse des déclarations des deux informateurs lundi, on décèle un certain nombre de signaux qui peuvent être interprétés comme des orientations pour le futur.

Premièrement, les informateurs ne prendront pas de vacances. Ils auront des entretiens bilatéraux avec les sept partis qui ont participé dimanche soir à la table ronde. Cela signifie qu’Ecolo, qui avait refusé l’invitation, se retrouve – provisoirement au moins – sur la touche. Deux réserves cependant: Didier Reynders n’exclut pas de repêcher Ecolo; et Groen a toujours dit qu’il ne gouvernerait pas sans son parti frère.

Ecolo, qui avait refusé l’invitation des informateurs, se retrouve, provisoirement au moins, sur la touche.

Deuxièmement, "les signaux donnés dans les Régions ont leur importance", a indiqué Reynders. La remarque s’adresse surtout à Bart De Wever, invité à reprendre son travail de formateur en Flandre s’il veut obtenir quelque chose au Fédéral.

Troisièmement enfin, monter un gouvernement "avec le PS et la N-VA est une option, c’est même l’option la plus importante", a affirmé Vande Lanotte. C’est l’idée d’un gouvernement "miroir", c’est-à-dire une coalition qui est le reflet des majorités dans chacune des Régions et qu’il suffit alors d’additionner pour obtenir un attelage au Fédéral.

Une telle configuration offre l’avantage d’une solide légitimité des deux côtés de la frontière linguistique. Par contre, au niveau programmatique, ce n’est pas gagné, car on ratisse large.

Reste le cas Ecolo. S’il entre au gouvernement wallon, ce qui semble probable, pourra-t-il revendiquer une place au Fédéral? En a-t-il seulement envie? Le fédéralisme vert, débarrassé du clivage communautaire, qui a donné le ton de la campagne Ecolo-Groen, semble déjà loin.

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