analyse

Guerre de tranchées pour l'électorat bourgeois bohème

©Photo News

Le MR a dû frapper fort dans la dernière ligne droite pour limiter la casse.

Les libéraux ont compris au lendemain des élections communales qu’Ecolo avait puisé dans un électorat qui lui était historiquement favorable: celui des classes moyennes et des indépendants. Ce phénomène venant s’ajouter au recul des partis traditionnels.

Entre le scrutin communal et l’élection de dimanche: sept mois. Trop court pour récupérer toutes ses billes. Le MR devait donc frapper fort dans la dernière ligne droite de la campagne pour limiter la casse. L’angle de tir fut surtout fiscal en jouant sur l’imprécision des programmes d’Ecolo et de Groen.

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La caricature fut atteinte à la diffusion de cette vidéo sur la taxation de la viande qui n’est pas noir sur blanc dans le projet des verts. Écotaxes, suppression des voitures salaire, péréquation cadastrale, le MR a tout utilisé pour convaincre que voter Ecolo, c’était voter pour une hausse de la fiscalité. La campagne du MR risque d’avoir des conséquences sur les relations entre les deux partis après les élections.

Cette stratégie a embarqué Ecolo dans une campagne défensive. Celle-ci a été par ailleurs marquée par le couac du tract communautariste. Condamné par Ecolo, l’épisode – immédiatement exploité par le MR et plus discrètement par le PS – a eu pour conséquence de braquer la campagne sur la place de l’islam et les questions de vivre-ensemble. Au centre du jeu, jusque-là portés par les marches pour le climat et l’emballement mondial autour de l’enjeu environnemental, les écologistes, partant des scores bas de 2014, ont pu rapidement se dire que se laisser emmener par la vague suffirait à garantir une victoire le 26 mai.

Un PS épargné

Le PS a centré sa campagne sur le bilan socio-économique du gouvernement Michel et de ses conséquences présumées désastreuses sur le pouvoir d’achat. Les socialistes n’ont pratiquement pas souffert des affaires Publifin et Samusocial qui ont pourtant marqué la législature qui s’achève. Ils ont également utilisé leur espace médiatique pour matraquer l’alliance des libéraux avec la N-VA durant les quatre ans de suédoise.

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L'Echo a épluché et comparé pour vous le programme des huit principaux partis francophones pour que vous n'ayez pas à le faire. Voici l'essentiel, en 100 questions.

Au cdH, la campagne – démarrée dans l’ambiance de l’affaire de fraude électorale présumée de Neufchâteau – se termine plutôt sur une bonne impression. Promis à la déroute par les sondages, Maxime Prévot est parvenu à exister en se distanciant de la perspective du soutien de son parti à une nouvelle suédoise. Le nouveau président, qui ne peut plus rien gagner à gauche, a marqué son discours plus à droite s’en prenant à son tour au programme d’Ecolo. Il table sans doute sur une partie des électeurs libéraux déçus par la ligne Michel. Notons qu’Ecolo a adopté une stratégie similaire en s’affirmant comme parti aux valeurs libérales, le coprésident Jean-Marc Nollet allant jusqu’à épouser publiquement certaines propositions du MR.

DéFI reste quant à lui dans l’expectative. Après des résultats communaux globalement décevants, le parti d’Olivier Maingain est un peu sorti des radars. Certains membres espèrent que la ligne laïque affirmée du parti permettra de gagner sur l’épisode du tract Ecolo qui a pu effrayer certains électeurs. À confirmer.

Le PTB n’a pas vraiment souffert non plus durant cette campagne axant sa stratégie plus le terrain que dans les médias. De quoi confirmer sa hausse sondagière? Réponse dimanche.

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