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"Il faut prendre au sérieux le poids du Vlaams Belang" (Isabel Albers)

©BELGA

Isabel Albers, directrice des rédactions De Tijd / L'Echo, analyse les résultats des élections en Flandre, marquées par la forte poussée du Vlaams Belang.

"On tourne cela comme on veut, le Vlaams Belang a gagné ces élections. Tous les partis classiques perdent des points, surtout le CD&V. La progression de Groen est là mais elle est faible, moindre que celle du PVDA, et la N-VA reste le premier parti en Flandre." Voilà comment Isabel Albers, directrice des rédactions De Tijd / L'Echo, résume en trois phrases le scrutin pour le côté flamand.

Comment expliquer le retour en force du Vlaams Belang auprès des électeurs? "Je vois au moins deux raisons. D’abord, il y a en Flandre, comme un peu partout en Europe (en France, Italie, etc.) une peur qui vit sur la question de l’immigration. Ce thème joue, il est bien présent. La N-VA a d’ailleurs fait une erreur en sortant du gouvernement fédéral sur le pacte de Marrakech, en ce sens que cela a mis la lumière sur un thème où le Vlaams Belang tape toujours plus fort."

"Ecarter dès demain le vainqueur des élections, ce serait une erreur."

Mais il y a autre chose, estime Isabel Albers. "Selon moi, il faut également voir la progression de l’extrême droite comme un signal de l’électeur à l’élite politique, qui a montré beaucoup d’impuissance dans l’exercice des responsabilités. Il y a sans doute ce sentiment que la politique n’a plus les réponses, qu’elle est incapable de trouver des solutions."

C’est pourquoi "il faut prendre au sérieux le poids du Vlaams Belang", selon Isabel Albers. "Arithmétiquement, ce n’est pas compliqué de former un gouvernement flamand." Et de pointer deux grandes options: "soit une suédoise (N-VA, CD&V, Open Vld), soit la majorité anversoise (N-VA, Open Vld, sp.a)."

"Les partis doivent prendre le temps de répondre à cette question: pourquoi le Vlaams Belang, qui était quasi mort il y a cinq ans, est à nouveau si fort aujourd’hui ?"

"Mais ça, c’est la comptabilité pure. Ecarter dès demain des discussions le vainqueur des élections, ce serait une erreur. Ce serait prendre le risque que les nombreux électeurs du Vlaams Belang se sentent incompris. Je pense qu’aucun parti ne va gouverner avec le Vlaams Belang mais tous doivent prendre le temps de répondre à cette question: pourquoi le Vlaams Belang, qui était quasi mort il y a cinq ans, est à nouveau si fort aujourd’hui?"

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