"Il y a une majorité de Wallons qui soutient les priorités de la FGTB"

Thierry Bodson ©Photo News

Thierry Bodson l’assure: "il y a une majorité des Wallons qui soutient les priorités socio-économiques de la FGTB" et pointe en vrac le pouvoir d’achat, les services publics, la protection sociale,…

Loin du casse-tête du Fédéral, le puzzle politique wallon se met tout doucement en place. À ce stade, trois jours après les résultats du scrutin, on reste évidemment prudent. Les sherpas des partis se reniflent, prennent la température dans les états-majors adverses et testent les scénarios.

Pour ce qui est des véritables discussions, elles débutent ce mercredi à Namur avec un président du PS Elio Di Rupo en mode "éclaireur". Il doit rencontrer les responsables du MR et d’Ecolo. Ce premier tour de chauffe n’est pas anodin. Il doit permettre aux socialistes de voir de quel bois se chauffent leurs partenaires potentiels. Mais sans plus, dit-on.

"L’axe le plus chaud aujourd’hui, c’est PS-MR. Il y a cette volonté"
Cadre libéral

L’heure n’est donc pas encore à jeter des ponts même si du côté de la Toison d’Or, certains sont déjà en train d’en rêver. "L’axe le plus chaud aujourd’hui, c’est PS-MR. Il y a cette volonté", assure un cadre libéral. Il se susurre même que les premiers contacts informels ne sont pas si mauvais. "Au PS, certains disent qu’Ecolo ne doit pas commander et qu’il faut prendre contact avec le MR."

Cette option qui remettrait en selle un gouvernement PS-MR aurait une confortable majorité de 43 sièges sur les 75 députés que compte le Parlement.

Ce scénario n’est pas complètement dénué de sens si on se réfère à ce qui se passe du côté du cdH. Confrontés à un effritement de son électorat depuis plusieurs années, les humanistes semblent se résigner à faire une cure d’opposition, mettant du même coup à l’eau les rêves d’un olivier (PS-Ecolo-cdH). Certains au PS restent cependant sceptiques. "Le cdH est un parti de pouvoir. Ils ne savent pas faire autrement. C’est une stratégie pour se faire désirer", lâche un socialiste. L’affaire est à suivre…

Tester la coalition "FGTB"…

Si cette bipartite PS-MR n’est pas pour déplaire aux libéraux après un scrutin "compliqué", elle pourrait s’ouvrir à une tripartie avec Ecolo. Un libéral, qui forcément signerait les yeux fermés pour ce scénario, n’y voit que du positif. "Cet axe permet de rassurer les entreprises, de rassurer sur l’urgence climatique et d’avoir un axe plus social. La Wallonie a intérêt à sortir avec une formule stable."

Mais bon, une étape après l’autre. Le véritable test sera la rencontre de lundi entre Elio Di Rupo et les cadors du PTB. Pour la FGTB, cet axe de gauche PS-Ecolo-PTB reste d’ailleurs la priorité à explorer. "La coalition PS-PTB-Ecolo a 45 sièges. Au moment où nous avons lancé notre appel pour une coalition de gauche il y a deux ans, elle n’avait que 36 sièges. C’est bien cela la sociologie des Wallons et on est dans une dynamique bien enclenchée", analyse Thierry Bodson, le patron de la FGTB wallonne.

S’appuyant sur de nombreuses revendications de son syndicat qui se retrouvent dans le programme de ces trois partis, Thierry Bodson l’assure, "il y a une majorité des Wallons qui soutient les priorités socio-économiques de la FGTB" et pointe en vrac le pouvoir d’achat, les services publics, la protection sociale,…

Sans vouloir jouer les formateurs, le patron de la FGTB estime que les négociations doivent laisser une chance au PTB. "Il faut les inviter à des négociations et éviter les caricatures avec le PTB comme sur le volet de la nationalisation des entreprises. J’entends les craintes des patrons mais après la guerre 40-45, il y a eu beaucoup de pays en Europe dirigés avec des communistes. Cela n’a pas été une catastrophe. Il y a des tas de critiques qu’on pourrait faire sur le PTB mais il faut leur parler."

Du côté des patrons, cette éventualité fait craindre le pire. "Les entreprises sont un élément important dans le développement socio-économique de la Wallonie. Le PTB n’a pas de mesures avec lesquelles on tombera d’accord au niveau des entreprises", estime Olivier De Wasseige, le patron de l’Union wallonne des entreprises.

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