La FEB met en garde contre l'immobilisme politique

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La fédération patronale met en garde contre un creusement du déficit budgétaire en cas de crise politique prolongée. Elle appelle PS et N-VA à se parler.

"On ne peut pas se permettre une nouvelle période de 541 jours sans gouvernement." C’est la mise en garde lancée mardi à l’adresse de la classe politique par Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). L’immobilisme politique risque fort de porter atteinte au climat des affaires, prévient la fédération patronale.

D’après l’enquête semestrielle de la FEB auprès de ses membres (menée entre le 17 avril et le 6 mai, soit avant les élections), les entreprises sont actuellement partagées. D’une part, il y a des facteurs de risques qui s’accumulent: Brexit, guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, bras de fer entre l’Italie et l’Europe. D’autre part, il y a l’emploi et les investissements en Belgique qui se portent plutôt bien.

"On ne va pas arrêter le vieillissement pendant 541 jours."
Pieter Timmermans
Administrateur délégué FEB

L’emploi bénéficie avec un effet de retard des mesures prises par le gouvernement Michel pour restaurer la compétitivité et relancer l’embauche dans le secteur privé (baisses de cotisations patronales, tax shift). Quant aux investissements des entreprises, ils ne sont pas tant alimentés par des projets d’expansion mais plutôt par les processus de digitalisation et de transition écologique, dans la sidérurgie notamment.

Au final, la FEB table encore sur une croissance économique située dans une fourchette de 1 à 1,25% cette année, "à condition toutefois que les risques au niveau international ne se matérialisent pas, à commencer par le scénario d’un Brexit sans accord fin octobre", précise Edward Roosens, économiste en chef de la fédération patronale. Pour 2020, la FEB avance prudemment 1,2% de croissance.

Il faut se parler

Bien que réalisé avant les élections, ce baromètre se veut un "wake-up call", estime Pieter Timmermans. "L’immobilisme politique commence à inquiéter les entreprises. Que le PS et la N-VA ne se parlent pas est proprement incroyable. Se parler, c’est quand même le cœur de la démocratie."

Les risques liés à une crise politique ne sont pas minces, selon lui, dans la mesure où la plupart des leviers socio-économiques sont toujours entre les mains du Fédéral, qu’il s’agisse de la fiscalité des entreprises, de l’impôt des personnes physiques, de la politique énergétique ou encore de la mobilité.

Timmermans balaie d’un revers de la main l’idée de s’appuyer sur le régime des affaires courantes. "Les douzièmes provisoires ne concernent que les départements ministériels. Pendant ce temps, les dépenses de sécurité sociale – pensions et soins de santé notamment – continuent de progresser. On ne va pas arrêter le vieillissement de la population pendant 541 jours, le temps de débloquer la situation politique." Seul un gouvernement de plein exercice peut, selon lui, décider et mettre en œuvre les réformes qui s’imposent.

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