analyse

La formation du gouvernement flamand, coup de fouet pour le Fédéral?

©BELGA

Les trois partis du gouvernement flamand, N-VA, CD&V et Open Vld, vont-ils faire bloc au Fédéral? Le PS n’imagine pas négocier avec la N-VA sans le sp.a.

La formation du gouvernement flamand va-t-elle donner un coup de fouet à celle du gouvernement fédéral? Il y a de fortes chances, alors que le dernier délai accordé par le Roi à l’information royale – toujours pilotée par Didier Reynders et Johan Vande Lanotte – avait précisément pour objectif de laisser le temps à l’exécutif flamand de se concrétiser.

Une deuxième note a été réalisée par les informateurs, elle rentre plus que la première dans le détail des enjeux.

Au Fédéral, l’élection a donné lieu à une distribution des cartes qui ne rend pas les choses des plus faciles. On le rappelle, les deux premiers partis du pays, la N-VA et le PS, sont parmi les plus antinomiques et sont tout deux concurrencés par des formations extrêmes (le Vlaams Belang pour la première, le PTB pour le second), ce qui n’est pas de nature à favoriser les compromis. Ce cadre est connu: l’éclatement du paysage politique complique considérablement la constitution des majorités, ce qui explique la lenteur du processus.

Est-ce pour cela que rien ne se passe? On ne peut pas le dire, même si on ne peut pas non plus affirmer que les choses avancent bien. La semaine dernière, des réunions bi- et trilatérales ont été organisées dans le cadre de l’information royale mais aucune réunion plénière n’est encore à l’ordre du jour, nous revient-il. Les négociateurs discutent d’une première note de travail qui préfigure un accord de gouvernement. Une deuxième note a été réalisée par les informateurs, elle rentre plus que la première dans le détail des enjeux.

Six partis au portillon

Pour rappel, depuis la fin du mois d’août, il reste six partis associés à la tentative de préfiguration du prochain gouvernement fédéral: N-VA, PS, sp.a, MR, Open Vld et CD&V. On y retrouve donc les trois partenaires du nouveau gouvernement flamand. N-VA, CD&V et Open Vld vont-ils former un bloc pour imposer leur trio au Fédéral, comme le commande généralement l’intérêt flamand?

Lors de la présentation de l’accord flamand, Bart De Wever, président de la N-VA, a indiqué qu’il serait logique que l’accord fédéral "prolonge" le projet flamand. "Si on veut gouverner de manière congruente, on doit pouvoir au moins conclure un accord de gouvernement fédéral dans le même esprit", a-t-il justifié, selon l’agence Belga. Une déclaration qui, vu le contenu très à droite du programme flamand, risque de crisper les socialistes.

Avec ou sans le sp.a?

La présence du sp.a est une condition non négociable à la participation du PS à d’éventuelles négociations avec la N-VA.

La question d’un bloc tripartite côté néerlandophone reste donc ouverte alors qu’un quatrième parti flamand semble jouir d’un rôle de pivot non négligeable malgré ses maigres résultats électoraux. Il s’agit bien sûr du sp.a, dont la présence est une condition non négociable à la participation du PS à d’éventuelles négociations avec la N-VA. Cette posture fragilise la position du CD & V et de l’Open Vld car le sp.a a fait savoir que le pouvoir ne l’intéressait pas s’il n’était pas numériquement nécessaire. Or en dépit de leurs reculs électoraux respectifs, N-VA, CD&V et Open Vld disposent d’une majorité dans le groupe linguistique flamand à la Chambre.

À cinq ou à six, voilà l’enjeu des derniers jours de l’information royale dont la fin a été programmée début du mois d’octobre. Juste avant que Didier Reynders, s’il est élu ce mercredi par le Parlement européen, endosse le costume de commissaire européen. Il s’est donné pour objectif, avec Johan Vande Lanotte, de jeter les bases d’une véritable formation du gouvernement fédéral. Un peu moins de 130 jours après les élections.

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