La mission des informateurs royaux prolongée jusqu'au 1er juillet

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Le Roi a chargé Didier Reynders et Johan Vande Lanotte de poursuivre leur mission d'information jusqu'au 1er juillet. Les deux hommes politiques avaient rendez-vous au Palais ce lundi pour remettre un deuxième rapport sur l'état de leurs travaux en vue de constituer un gouvernement fédéral.

Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a) conservent leur costume d'informateur deux semaines de plus. Le Roi a chargé les deux hommes de poursuivre leurs travaux jusqu'au 1er juillet afin de constituer un gouvernement fédéral.

Au mois d'octobre, 'la situation sera différente parce qu'il faudra rentrer le budget à l'Europe"
Didier Reynders

Lors de la conférence de presse qui a suivi cette annonce, Didier Reynders a indiqué que les discussions allaient se poursuivre "de façon discrète" et qu'au mois d'octobre, "la situation sera différente parce qu'il faudra rentrer le budget à l'Europe". Il a également déclaré qu'en tant qu'informateurs, "ils essayaient de tenir compte des attitudes politiques et de voir comment évoluaient les négociations dans les régions et les communautés".

Reynders a ensuite avancé que pour faire le troisième rapport, lui et Vande Lanotte vont discuter avec chaque formation politique des sujets abordés lors de la première phase de consultations afin de voir comment chacun peut converger autour des thèmes évoqués.

"On a besoin d'un budget, sinon, la situation deviendra hors de contrôle avec le citoyen qui paie en fin de compte."
Johan Vande Lanotte

Johan Vande Lanotte a ensuite pris la parole pour répondre à une question sur la complexité de réunir PS et N-VA. "Il faut toujours penser que tout n'est pas toujours ce qu'on pense. Les déclarations cachent parfois quelque chose d'autre que ce qu'elles contiennent", a-t-il indiqué. "On est encore trop dans une atmosphère post-électorale où des partis ont perdu plus que ce qu'ils auraient pensé et se posent beaucoup de questions. A un moment, il faudra qu'ils regardent où ils veulent aller pour le futur", a ajouté le socialiste flamand.

Vande Lanotte a par la suite insisté sur le besoin d'avoir un gouvernement pour le 15 octobre pour élaborer le budget. "On a besoin d'un budget pour le 15 octobre, sinon, la situation deviendra hors de contrôle avec le citoyen qui paie en fin de compte", a averti l'informateur flamand. "Nous ne recherchons pas une majorité des 2/3 à la Chambre, nous avons déjà bien du mal à trouver une majorité simple", a ensuite prévenu Reynders avec le sourire.

Même s'il est élu à la présidence du Conseil de l'Europe la semaine prochaine, le ministre libéral continuera de porter son costume d'informateur. "Le job ne démarre qu'en septembre/octobre, donc nous avons encore le temps", a-t-il conclu. 

Les coalitions régionales toujours indécises

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Le temps alloué à ce deuxième rapport a permis de nouer des contacts avec les responsables du Bureau du Plan et des associations de lutte contre la pauvreté. Des contacts politiques ont aussi eu lieu ces deux dernières semaines (sauf avec le Vlaams Belang et le PTB, ainsi que le cdH qui a choisi de siéger dans l'opposition). L'imbroglio politique né après les élections du 26 mai n'est toujours pas dénoué. A part à Bruxelles et en Communauté germanophone, les perspectives de coalition aux autres échelons du pouvoir demeurent imprécises.

En Flandre, un troisième tour de discussion avant d'entamer d'éventuelles négociations vient de commencer. En Wallonie, il est attendu cette semaine. Il paraît donc logique que le mandat de MM. Reynders et Vande Lanotte soit prolongé tant que la situation dans les entités fédérées n'est pas éclaircie. La désignation d'une autre personne impliquerait en effet de passer dans une nouvelle phase ou d'accélérer le rythme et passer peut-être à la formation d'un gouvernement. 

Pas le même scénario qu'en 2010-2011

Pour rappel, le 30 mai, le chef de l'Etat a chargé ces deux hommes politiques expérimentés "d'une mission d'information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral". Dans ce cadre, il leur a été demandé de garder le contact avec les formateurs régionaux et communautaires. Les informateurs ont fait un premier rapport le 6 juin, avant un deuxième ce lundi 17 donc.

Au cours d'une conférence de presse, ils ont insisté sur la nécessité de former rapidement un gouvernement fédéral vu la situation économique et la configuration politique différente de 2010-2011, quand la Belgique a connu 541 jours de crise. A cette époque, l'équipe Leterme, quoiqu'en affaires courantes, disposait d'une majorité au parlement. Ce n'est pas le cas du gouvernement sortant actuel.  

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