La N-VA de facto incontournable en Flandre

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Si on exclut une rupture du cordon sanitaire, seules trois coalitions peuvent raisonnablement être envisagées au niveau régional flamand. Reconduire la suédoise serait l’option la plus simple.

Au niveau des coalitions possibles, le jeu est nettement plus ouvert en Flandre qu’au niveau fédéral. Du moins au plan mathématique. Car si on tient compte des compatibilités entre les partis et leurs programmes respectifs, les combinaisons sont déjà nettement moins nombreuses. En réalité, celles-ci se ramènent à trois.

Même si la N-VA voulait tenter l’expérience avec le Vlaams Belang, elle n’arriverait pas à une majorité suffisante.

Dans tous les cas de figure, on part du principe que le Vlaams Belang ne fera pas partie du prochain gouvernement flamand. Même si la N-VA voulait tenter l’expérience, elle n’arriverait pas à une majorité suffisante. Pour bâtir une majorité, il faut au moins 63 sièges sur 124. Or N-VA et Vlaams Belang ensemble, cela fait 58 sièges. Trop court. À moins qu’un troisième parti ne se décide à faire l’appoint. Mais à ce stade, on ne voit vraiment pas qui. Voyons dès lors les trois options jouables.

La suédoise. La coalition sortante pourrait se succéder à elle-même. C’est celle qui offre la majorité la plus confortable, avec 70 sièges sur 124. C’est elle aussi qui apporte le plus de convergences au niveau programmatique.

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La bourguignonne. Bart De Wever peut aussi tester d’autres formules, mathématiquement réalisables mais moins confortables. Il peut remplacer le CD&V ou l’Open Vld par le sp.a ou Groen. Or il y a un précédent intéressant à Anvers, où l’ennemi socialiste a finalement intégré la majorité de Bart De Wever aux côtés de l’Open Vld pour former une coalition bourguignonne. Au grand dam du CD&V qui, avec Kris Peeters, a été renvoyé dans l’opposition. Cette appellation un peu étrange (elle a été désignée comme néologisme de l’année 2018 par le dictionnaire Van Dale) renvoie aux trois couleurs – jaune, bleu et rouge – qui ornaient les armoiries des ducs de Bourgogne. Si cette coalition a pu voir le jour, c’est suite à l’échec d’un premier round de négociations entre Bart De Wever et Groen, principalement sur la laïcité au sein de l’administration communale (le voile au guichet). Une coalition bourguignonne à l’échelon régional offrirait une majorité très "juste" de 64 sièges.

Sans la N-VA. Si tous les partis traditionnels – libéraux, chrétiens, socialistes et écologistes – décidaient de se mettre ensemble, ils n’obtiennent pas de majorité (62 sièges seulement). Mais s’ils parviennent à convaincre le PVDA de les rejoindre dans une coalition anti-N-VA, ils formeraient une majorité de 66 sièges. Ce serait totalement inédit et difficile à défendre face à une opposition nationaliste N-VA et Vlaams Belang.

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