"La N-VA doit empêcher l'émergence d'un gouvernement anti-flamand" (Ben Weyts)

Ben Weyts (N-VA). ©BELGA

Pour le ministre flamand Ben Weyts, il est clair que la N-VA doit "exploiter au maximum (sa) position de force" en Flandre pour faire pression sur la formation du gouvernement fédéral.

Le 26 mai dernier, la N-VA a subi un revers électoral. On le sait, tandis que le Vlaams Belang gagnait les élections (18,5% des voix en Flandre, +12,6% par rapport à 2014), le parti de Bart De Wever s'écrasait au fédéral et Flandre (-8 sièges dans les deux assemblées). 

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Depuis lors, c'est le blocage. Hormis en Région bruxelloise (et en Communauté germanophone, ne l'oublions pas), aucun gouvernement n'a pu être mis sur pied. Flandre, Wallonie et fédéral. En Flandre, les consultations menées par le formateur Bart De Wever n'ont pour l'heure débouché sur aucune avancée concrète, même si une note de travail dévoilée par les médias flamands laisse penser que le président de la N-VA tente une ouverture vers les socialistes. Le sp.a, mais aussi le PS.

"Comme des pièces à emboîter"

Car la formation des gouvernements dans les deux grandes Régions du pays et au fédéral sont plus liées que jamais. Ce que d'aucuns déplorent, notamment à Bruxelles. "L’erreur, cela a sans doute été de vouloir rassembler toutes les élections. Cela entrave les dynamiques des entités fédérées. On hiérarchise à nouveau les institutions comme si c’étaient des pièces à emboîter, avec le fédéral au-dessus. Si les élections étaient séparées, il y aurait un gouvernement en Flandre et en Wallonie", déclarait le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort ce vendredi dans Le Soir. Une allusion à la tentative du MR de forcer la porte du gouvernement bruxellois, en mettant dans la balance les négociations en Wallonie.

Un lien entre formation des gouvernements dans les différents niveaux de pouvoir que la N-VA pousse également. Et pour cause: malgré leur défaite, les nationalistes flamands restent incontournables pour former des majorités en Flandre et dans le groupe linguistique flamand au Fédéral. Ils peuvent donc se servir de la Flandre comme levier leur assurant que les autres partis flamands ne soient pas tentés par une aventure minoritaire au Fédéral. 

"Lier les deux, une évidence"

"Il est reproché à la N-VA de vouloir faire un lien entre la formation d'un gouvernement au fédéral et en Flandre. Lier les deux me semble quand même évident", a affirmé ce vendredi Ben Weyts (N-VA) sur Radio 1. "Je pense qu'il est de notre satané devoir d'exploiter au maximum notre position de force. Nous devons empêcher l'émergence, à l'échelon fédéral, d'un gouvernement anti-flamand. On peut nous reprocher de nous livrer à un jeu de pouvoir, mais il est de notre devoir de veiller à servir au maximum l'intérêt flamand", a commenté le ministre flamand.

Son parti ne traverse pas les semaines les plus roses de son existence, a-t-il reconnu. "Raison de plus pour faire en sorte d'arriver à un accord qui soit le reflet de notre programme et du signal de l'électeur", a-t-il dit. 

 

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