analyse

La Wallonie suspendue au go de Di Rupo

©Belga

Des discussions entre PS, MR et Ecolo ont eu lieu vendredi, dans l’attente de la publication la note de synthèse du formateur Elio Di Rupo. Initialement prévue pour courant de semaine, elle est post-posée dans l’idée d’avancer dans la discrétion.

Les choses devaient bouger en cette fin de semaine en Wallonie. Et pour cause, le formateur Elio Di Rupo recevait, au 15 août, l’ensemble des notes demandées aux trois partenaires d’une possible coalition au sud du pays, emmenant PS, MR et Ecolo, ainsi qu’aux différents groupes de travail mis sur le coup, notamment au niveau du budget, ou encore du climat, de l’emploi, du logement, de l’aménagement du territoire ou des infrastructures.

Pourtant, il n’en fut rien, du moins, en termes d’écrit. "Il est trop tôt pour être plus précis", nous a-t-on simplement dit dans les rangs socialistes. "On attend Elio désormais", pestait-on par ailleurs. En fait, "les travaux ont repris dans la discrétion, nous a-t-on confié en coulisses, seule garantie de plus d’efficacité".

"Des entretiens ont eu lieu vendredi et se poursuivront dans les jours qui viennent."

Signe d’un avancement? Une note récapitulative du chef du président du PS devrait en tout cas être dévoilée prochainement – ou, plutôt, deux notes, concernant respectivement la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles. De quoi mettre fin à une période de pause (prévue) d’une quinzaine de jours dans les discussions, ayant permis le temps de la rédaction.

De même, des "discussions exploratoires" visant à former, le cas échéant, un gouvernement wallon et un exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles devraient démarrer lundi, a-t-on appris dans l’entourage des formateurs socialistes, Paul Magnette et Elio Di Rupo.

Si des entretiens ont déjà eu lieu vendredi (et se poursuivront dans les prochains jours), ils ont été "à géométrie variable" (bilatéraux notamment), et se sont tenus dans un climat "très constructif", nous souffle-t-on. Une chose est sure, dans le chef des Verts et des libéraux, c’est que le PS "à la main" pour la formation de nouvelles majorités aussi bien en Wallonie qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Synthèse attendue

Qu’attend-on désormais exactement? Un synthèse globale enrichie des éléments nouveaux récoltés lors des différents entretiens des formateurs, tenant compte des fondamentaux de la note "coquelicot", rédigée en juin alors qu’Écolo et PS convolaient, au gré des interventions de la société civile. Soit, avant d’avoir dû faire monter le MR à table des négociations, faute d’avoir mettre sur pied un gouvernement minoritaire élargi à la société civile. Un premier pas.

Ensuite, dans quel timing pourrait-on attendre une accélération? Là, la donne est floue. Tout au plus, entend-on dans les rangs socialistes: "on ne s’est jamais enfermé dans un timing. On ne va pas le faire maintenant".

Ce qui tient peut-être au fait qu’à ce jour, une seule réunion a réuni, le 11 juillet, les présidents de parti, en la personne d’Elio Di Rupo (PS), de Charles Michel (MR) et de Jean-Marc Nollet (co-président d’Ecolo) et leur plus proche collaborateur (Paul Magnette, le ministre-président wallon sortant Willy Borsus et le député wallon Stéphane Hazée).

A l’issue de cette réunion, le président du PS avait indiqué qu’il tenterait d’agencer la note coquelicot et les contributions des libéraux francophones – qui considèrent le document comme une simple base, un simple point de départ –, auxquelles s’ajoute, depuis la mi-juillet, un document d’Ecolo.

Ayant fuité dans la presse, e dernier révélait une teinte verte particulièrement marquée, allant d’une "sortie du plastique à l’horizon 2030" et d’une "facturation des déchets au poids pour soutenir les communes et les citoyens dans leurs efforts de réduction à la source et de tri", à un "dialogue approfondi avec les fédérations industrielles (...) pour décarboner en profondeur leurs processus de fabrication", ou encore à un recadrement des dossiers de demande de crédit de la part des PME via un "canevas unique d’analyse" intégrant "les impacts directs et indirects du projet sur l’emploi, mais aussi les gaz à effet de serre, l’empreinte carbone et la biodiversité", par exemple.

"Il va falloir être capable de faire chacun des pas vers l’autre, compter sur le temps pour créer un climat de confiance", soulignait Elio Di Rupo en juillet. L’idée est toujours la même à ce stade.

L’objectif affiché des formateurs serait d’arriver à un accord à la rentrée parlementaire, soit début septembre, circule-t-il en coulisses.

Accord d’ici la rentrée?

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L’objectif affiché des formateurs serait d’arriver à un accord à la rentrée parlementaire, soit début septembre, circule-t-il en coulisses. De quoi, régler le sort des régions, alors que Bruxelles a abouti et la Flandre s’en approche.

Pour autant, encore faudra-t-il que la base militante d’Ecolo avalise sa montée dans un exécutif aux côtés des libéraux, point de passage obligé. Du côté du PS en tout cas, il ne fait nulle doute que la volonté est d’essayer de garder les Verts à bord le plus longtemps possible. Au MR, le ministre wallons sortant du Budget, Jean-Luc Crucke, partage cet avis.

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