Le cordon sanitaire toujours en question

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La question de la fin du cordon sanitaire autour du Vlaams Belang n’est visiblement pas tranchée en Flandre alors que des voix s’élèvent pour y mettre fin.

Les consultations ont démarré pour la formation du prochain gouvernement flamand. À la manœuvre, Bart De Wever, président de la N-VA, sortie première de l’élection régionale au Nord avec près de 25% des voix. "On ne va pas utiliser le résultat des élections pour scinder le pays, a directement indiqué Peter Mertens, président du PVDA (PTB), avant son entrevue avec le formateur. L’électeur n’a donné aucun signal en ce sens. Nous ne négocierons donc aucun accord de gouvernement en échange de pareille scission."

"On ne va pas utiliser le résultat des élections pour scinder le pays."
Peter Mertens
Président du PTB

Le PTB et ses quatre sièges sur 124 au Parlement flamand n’a de toute façon que peu de chances d’être associé au pouvoir flamand. Il se refuse à ce que ces négociations régionales soient liées à la formation du gouvernement fédéral. "Le formateur a dit que les formations flamande et fédérale sont couplées. Pour nous, ce n’est pas le cas", a-t-il balancé. Bart De Wever avait prévu un petit cadeau à chacun de ses interlocuteurs; Peter Mertens a pour sa part reçu une sauce piquante étiquetée "Karl Marx".

Repartie avec une boîte de thé vert, la présidente de Groen (14 sièges sur 124) s’est montrée moins bavarde que son homologue de la gauche radicale. "Il est trop tôt pour savoir ce qu’il fait. Peut-être qu’il ne le sait pas encore", a-t-elle dit parlant de Bart De Wever. L’écologiste estime par ailleurs que tant la N-VA que le PS (elle vise les propos polémiques d’Elio Di Rupo) doivent en finir avec la dialectique de campagne: "J’ai déjà entendu des choses à la fois sur la N-VA et sur le PS: la campagne est terminée. Laissons le Roi et le formateur flamand faire leur travail."

John Crombez, président du sp.a, a également été reçu par Bart De Wever ce mardi (il a reçu un petit accordeur de guitare). Il estime que son parti n’est pas un partenaire prioritaire compte tenu de son recul aux élections (12 sièges). L’alliance N-VA/sp.a à Anvers a fait couler beaucoup d’encre au nord du pays, ce qui ne fut pas sans conséquences électorales pour les socialistes flamands, compte tenu des rumeurs nourries sur un éventuel préaccord entre les deux partis au niveau régional, estime encore John Crombez.

Le socialiste espère que la formation pourra aller vite, même si cela se fera probablement sans le sp.a. Une coalition bourguignonne comprenant la N-VA, l’Open Vld et le sp.a disposerait d’une majorité trop étroite pour pouvoir travailler, estime-t-il: "Ce sont les partis disposant du plus grand nombre de sièges qui doivent maintenant rechercher des solutions. Avec le résultat obtenu, il ne nous appartient pas d’indiquer la direction à suivre."

En perte de vitesse, la N-VA dispose encore de 35 sièges au Parlement flamand. Elle sera reçue par le formateur Bart De Wever ce mercredi après le Vlaams Belang (23 sièges), l’Open Vld et le CD&V. La question de la fin du cordon sanitaire autour du Vlaams Belang n’est visiblement pas tranchée en Flandre alors que des voix s’élèvent pour y mettre fin. Celle de Zuhal Demir, figure de proue de la N-VA, a marqué les esprits ce mardi. "Je ne vais pas me cacher derrière un cordon sanitaire mis en place il y a 28 ans, qui ne nous a absolument pas rapprochés de solutions. Je n’y crois plus", a-t-elle indiqué dans un message Facebook. "Aujourd’hui, les gens qui voulaient me renvoyer et des milliers d’enfants comme moi dans un pays qui n’était pas le mien sont toujours actifs au sein du Vlaams Belang mais je ne suis plus une fille kurde de 16 ans et je ne me laisse plus intimider. J’ai évolué et j’espère qu’eux aussi. Je sais que c’est possible", expliquait-elle en refusant toute négociation où le racisme serait "considéré comme acceptable".

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