Le MR a tenté de forcer la porte bruxelloise

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Depuis la Wallonie, les négociateurs libéraux Charles Michel et Willy Borsus ont essayé de faire revenir le MR dans la course à Bruxelles. Mais les négociateurs bruxellois n'ont pas l'intention d'ouvrir leur porte au MR.

Après l’échec du coquelicot, place à un nouvel épisode en Wallonie: celui de l’arc-en-ciel. Les choses n’ont pas traîné. Après les invitations lancées par les socialistes mercredi, PS-MR et Ecolo se sont retrouvés jeudi au siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Officiellement, il s’agissait d’une première réunion exploratoire.

Le MR a plaidé pendant la réunion pour la convergence entre les politiques menées à Bruxelles et en Wallonie.
Un membre du MR

Le duo PS-Ecolo a déposé sa note coquelicot sur la table des négociations. "Mais si tout est jeté à la poubelle, on ne va pas perdre de temps", avait fait savoir jeudi matin Jean-Marc Nollet, le co-président d’Ecolo. Elio Di Rupo, le président du PS, a quant à lui joué l’ouverture. "Il y a le coquelicot. Mais on ne peut pas demander à la troisième formation politique (le MR, NDLR): voilà, il ne reste plus qu’à signer. Il y a des contributions additionnelles. Je vais tenter d’agencer les différents aspects".

Les revendications du MR

Côté libéral, Charles Michel et Willy Borsus sont logiquement venus avec une série de revendications comme la baisse de la fiscalité, la révision de l’allongement du tronc commun ou le pouvoir d’achat. Sans se montrer trop gourmands pour une première rencontre, Charles Michel et Willy Borsus ont cependant mis sur la table une exigence de taille: le retour des libéraux dans les discussions en Région bruxelloise. "Le MR a plaidé pendant la réunion pour la convergence entre les politiques et entre les actions menées à Bruxelles et en Wallonie. En matière de mobilité par exemple, il faut que les actions menées tant à Bruxelles qu’en Wallonie soient concertées", confie un libéral.

"Cela serait logique et témoignerait d'une cohérence politique", a encore affirmé le vice-Premier ministre Didier Reynders, ce vendredi à son arrivée à une réunion du conseil des ministres fédéral au 16 à Bruxelles. 

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D’après nos informations, les deux négociateurs libéraux auraient été jusqu’à exiger un portefeuille ministériel dans le futur gouvernement bruxellois. Invité sur la RTBF jeudi soir, Paul Magnette, un des deux négociateurs socialistes, a démenti l’information. Un libéral également. Mais d’autres sources la confirment. D’après nos interlocuteurs, Zakia Khattabi, la co-présidente d’Ecolo, s’oppose au retour des libéraux à Bruxelles alors que les discussions sont quasiment terminées.

La nouvelle réunion PS-MR-Ecolo, prévue ce vendredi, risque donc d’être tendue. Ecolo devrait rejeter la demande du MR. Faut-il pour autant craindre une réaction en cascade et un blocage des négociations en Wallonie, voire à Bruxelles si l’Open VLD s’en mêle et plaide la cause du MR?

Le cdH ne fuit pas ses responsabilités contrairement au PTB, estime Paul Magnette

Contrairement au PTB, le cdH n'est pas un parti qui fuit ses responsabilités. Son attitude est compréhensible après le résultat électoral qu'il a enregistré, a affirmé jeudi soir le chef de file wallon du PS, Paul Magnette, sur le plateau de l'émission "Jeudi en prime".

"La grosse imposture de ces élections, c'est le PTB qui a tout promis, mais n'a voulu discuter à aucun moment", alors que "les gens ont cru qu'avec ce parti, on aurait un gouvernement de gauche", a-t-il rebondi.

Magnette a répété qu'en raison du poids électoral qu'ils représentent ensemble, et des points sur lesquels PS et Ecolo sont d'accord, avec l'appui de la société civile, les discussions ne repartiraient pas d'une page blanche. "Nos propositions partagées doivent se retrouver dans un programme", a-t-il souligné.

Enfin, selon lui, le refus du PS de discuter avec la N-VA au niveau fédéral tient à l'exclusive posée par la formation nationaliste à l'égard du PS (ndlr: si c'est pour aller avec le PS au gouvernement, c'est pour passer au confédéralisme). "Je ne veux pas discuter du confédéralisme avec la N-VA. Cela signifierait la disparition de la Région bruxelloise et qu'il n'y aurait plus de sécurité sociale... Il n'y a aucune raison que ce soit cette formation qui dicte son programme. Nous voulons discuter des thèmes sociaux", a dit Paul Magnette à ce propos.

 

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