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Le MR cherche à éviter une guerre des clans

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Présidence, négociations wallonnes à venir, castings ministériels. Le MR doit préparer l’après-Michel dans un moment clé. Sans se brûler.

Alea jacta est. Le MR entre en transition. Au 1er décembre, son président embrassera ses nouvelles fonctions à la tête du Conseil européen. Ce cap franchi dans la carrière du wonderboy libéral signifie un changement d’ère au Mouvement réformateur. Le parti de centre droit est dominé depuis 2011 par Charles Michel et le groupe qui lui a permis de ravir à Didier Reynders la présidence du parti. Personne au MR n’a oublié cette sourde conjuration. La mainmise qui s’en est suivie s’est renforcée avec le temps s’accentuant encore à partir de 2014, à l’entrée au 16 rue de la loi du Wavrien. Celui qui, depuis, n’a jamais cessé d’être le patron a alors placé l’un de ses fidèles, Olivier Chastel, à la présidence du parti.

Gare à ce que l’une ou l’autre ambition personnelle ne vienne remettre le feu aux poudres.

Bien occupé, ce pouvoir n’a pas fait disparaître les figures reyndersiennes telles Daniel Bacquelaine, Pierre-Yves Jeholet ou Jean-Luc Crucke. Côté Michel, les affidés sont nombreux: Denis Ducarme, Sophie Wilmès, Willy Borsus, David Clarinval, Valérie De Bue sans oublier Jacqueline Galant ou Marie Christine Marghem. Au prix d’équilibres délicats, tout ce petit monde a plutôt fonctionné en bonne entente ces dernières années. Mais gare à ce que l’une ou l’autre ambition personnelle ne vienne remettre le feu aux poudres.

Michel garde la main pour les nominations

Les candidats potentiels à la présidence du MR sont au moins quatre: Willy Borsus, Jean-Luc Crucke, Sophie Wilmès et Georges-Louis Bouchez.

Il s’agira, selon les éléments recueillis par L’Echo, de veiller à ce que cette passation de pouvoir se passe sans douleur. Le MR est toujours en mesure de monter dans les gouvernements fédéral, wallon et de la Fédération Walonie-Bruxelles. Une guerre des clans serait parfaitement stupide en pareil moment, entend-on ci et là, d’autant qu’il n’y pas le feu au lac: le MR est toujours hors jeu en Wallonie. Il y a d’autant peu de chance qu’une guerre éclate que Charles Michel est toujours président, analysent les plus prosaïques. A priori, il garde la main pour nommer les futurs ministres et un éventuel commissaire européen.

Une élection présidentielle se profile à l’automne mais aucune date n’est encore arrêtée. La procédure ne devrait démarrer qu’une fois les gouvernements régionaux formés. Les candidats potentiels sont au moins quatre: Willy Borsus, Jean-Luc Crucke, Sophie Wilmès et Georges-Louis Bouchez. En interne, on s’interroge sur les intentions de Christine Defraigne qui plaide ouvertement pour un repositionnement plus "social" du parti. Cette volonté pourrait donner lieu à candidature.

Négociations gouvernementales

Outre une paix des braves, il faudra réussir les négociations gouvernementales dont peu doutent qu’elles arriveront alors que fane l’initiative "coquelicot" du tandem minoritaire PS-Ecolo. Selon plusieurs sources MR, les deux partis ont déjà fait comprendre au MR qu’il serait plus facile de négocier si Charles Michel – symbole de la politique fédérale MR-N-VA – faisait un pas de côté. Tant le PS qu’Ecolo doivent rendre la plus digeste possible une collaboration même forcée avec les libéraux.

Charles Michel reste négociateur en chef, assure Georges-Louis Bouchez.

Certains au MR imaginent un débat sur qui endosserait le rôle de négociateur, mais Georges-Louis Bouchez a répété la ligne du parti en radio mercredi matin: Charles Michel est toujours aux commandes. En cas d’échec du coquelicot, il ne reste que deux configurations en Wallonie: PS-MR ou PS-MR-Ecolo. Les libéraux sont indispensables, aucune raison donc de se laisser dicter sa conduite par les autres partis qui ont toujours tenté de jouer sur les divisions internes au MR.

Portefeuilles ministériels

Chez les libéraux on compte aussi les portefeuilles ministériels. Actuellement, le MR en a beaucoup. Onze dont sept au Fédéral. À ce niveau, on compte trois départs (Michel, Bacquelaine et sans doute François Bellot). Marie Christine Marghem n’a pas été très convaincante à l’Énergie mais il n’est pas exclu qu’on lui laisse une deuxième chance, d’autant qu’il y a peu de femmes ministrables au MR.

Reste Reynders, potentiel Premier ministre, Wilmès et Ducarme. Le départ de Michel pourrait être compensé par la montée de David Clarinval, chef de groupe à la Chambre ou de Jean-Luc Crucke. Et après? Il y a de fortes chances que tout le monde ne puisse pas remonter dans le prochain gouvernement fédéral, où le poids du MR risque d’être moindre. En région, Willy Borsus, Valérie De Bue, Pierre-Yves Jeholet, Jacqueline Galant et Jean-Luc Crucke, dont le nom surgit à tous les étages, auront des ambitions ministérielles.

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