analyse

Le PS espère encore un miracle pour éviter une alliance avec le MR

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Le parti socialiste est sous pression en Wallonie. À la place d’un axe progressiste PS-Ecolo-PTB, il risque d’hériter d’une alliance avec les libéraux. Un cocktail indigeste pour ses militants.

Un léger parfum de crise plane sur la Wallonie. Un psychodrame à l’intérieur duquel on trouve les acteurs politiques du moment, soit le PS, le MR, Ecolo, le cdH et le PTB.

Inutile de tourner autour du pot. Si la pétaudière fédérale semblait inévitable avant les élections du 26 mai, personne ne s’attendait à un tel scénario dans le sud du pays. Depuis quelques jours, c’est pourtant l’hécatombe au niveau des partis prêts à assumer un rôle au sein d’une coalition. "Il est rare qu’autant de partis déclarent ne pas vouloir aller au pouvoir", s’inquiète un acteur politique. Tout a commencé avec l’auto-exclusion du cdH parti en exil sur les bancs de l’opposition. C’est l’acte 1! Cet exit réduit déjà à néant les espoirs du PS et d’Ecolo en vue de former une coalition tripartite avec le cdH.

La deuxième séquence s’est déroulée mercredi après la sortie du PTB. Elle douche les derniers espoirs du tandem socialiste Elio Di Rupo/Paul Magnette en vue de former un gouvernement progressiste PS-Ecolo-PTB.

Cet échec est évidemment une petite catastrophe pour le PS. On ne peut pourtant pas dire que les socialistes n’ont pas été imaginatifs afin d’embarquer les communistes dans l’aventure. Paul Magnette leur a par exemple proposé de soutenir un gouvernement minoritaire PS-Ecolo depuis les bancs du Parlement.

Le péril bleu

"Le MR a relevé l’âge de la pension et on irait se lancer dans un gouvernement avec eux, c’est suicidaire."

Mercredi après-midi, c’est donc l’incompréhension qui régnait au sein du bureau politique du parti socialiste au moment de débriefer la rupture avec le PTB. "On a eu face à nous des gens déterminés à ne rien vouloir faire avec le PS. C’est une surprise. Derrière la communication faite par Raoul Hedebouw, les ordres viennent probablement des instances du parti en Flandre", s’inquiète un cadre socialiste. "La Wallonie a voté à gauche et notre intention était de pousser un gouvernement progressiste. Cela semble impossible", regrette un autre.

La suite? Même si certains socialistes espèrent secrètement faire revenir le PTB dans les négociations, le MR se retrouve indiscutablement au centre du jeu en vue de former une coalition avec le PS et éventuellement Ecolo même si ce dernier n’est pas numériquement indispensable. De quoi hérisser les cheveux de certains socialistes! "Si on va avec le MR pendant 5 ans, le PS n’existe plus en 2025", lance un cadre du parti. Un autre assure que les militants ne suivront pas. "Ils vont nous renvoyer leur carte de parti."

Pour le PS qui mène les négociations en Wallonie, ce scénario est évidemment tout sauf une bonne nouvelle. "Cela ne passera pas chez les militants. Le MR symbolise tellement l’appauvrissement au niveau du pouvoir d’achat. C’est un sentiment profond chez les militants", lance un cador du boulevard de l’Empereur. Un autre: "Le MR a relevé l’âge de la pension et on irait se lancer dans un gouvernement avec eux, c’est suicidaire." Soit! Après, rien n’est encore fait.

Le retour Humaniste?

La logique veut donc que le PS pousse maintenant au maximum un rapprochement avec Ecolo. Une rencontre entre le duo socialiste Di Rupo/Magnette et les émissaires verts était d’ailleurs prévue à l’agenda ce mercredi. "Il faut arriver à convaincre Ecolo de monter dans un gouvernement, insiste un militant. Il y a des convergences affirmées avec Ecolo. On doit arriver à nouer avec eux un projet d’accord sur une série de dossiers. Cette trame est indispensable avant de lancer les discussions avec le MR."

À la sortie de la réunion, le co-président d’Ecolo Jean-Marc Nollet a assuré que les discussions avec Elio Di Rupo n’avaient pas porté sur une éventuelle coalition, mais uniquement sur la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les négociations vont donc se poursuivre.

D’ici là, Elio Di Rupo devrait rencontrer les syndicats, histoire de faire monter la pression sur le PTB. Et peut-être aussi espérer un revirement – miraculeux – du cdH. "Toutes les possibilités existent", assure Elio Di Rupo.

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