"Le PS n'est pas prêt pour une convergence des gauches"

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Raoul Hedebouw, le porte-parole du PTB, a claqué la porte des discussions politiques en Wallonie. Un choix qu’il assume face un parti socialiste qui, selon lui, ne veut pas de vraie rupture.

La rupture entre le PS et le PTB est consommée. Définitivement! Après avoir claqué la porte des négociations avec le PS mercredi, Raoul Hedebouw, le porte-parole du PTB, ne voit pas comment son parti aurait pu arriver à négocier dans les conditions proposées par les socialistes. "On était dans une parade pour justifier une coalition PS-MR. C’était de la communication et rien d’autre. Le PS n’est venu avec aucun de ses points dans la discussion. Il a simplement dit que c’était tout son programme. L’exclusion du PTB était inévitable. Le véritable problème, c’est que le PS n’a toujours pas intégré le résultat de 14% du PTB."

Accusé par Paul Magnette d’avoir fermé la porte avant même d’entrer en négociation, le porte-parole du parti des travailleurs de Belgique s’en défend. "C’est faux. Nous sommes venus avec nos points, comme un programme de construction de 40.000 logements sociaux. Le PS dit qu’il est d’accord sur le principe mais il dit aussi qu’il faut rester dans le cadre budgétaire européen. C’est tout le temps comme cela. Ils ne veulent pas une vraie rupture. Si on veut investir un milliard par an dans les logements sociaux pour relancer l’économie et créer de l’emploi, il faut sortir ces investissements du budget et des règles européennes. Monsieur Di Rupo dit que ce n’est pas possible. C’est un vrai problème dans la discussion que nous avons eue avec le PTB."

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Cet épisode terminé, Raoul Hedebouw parle d’un acte manqué pour la gauche en Wallonie. "La convergence des gauches était possible. On regrette ce moment perdu. Le PS n’est pas prêt pour une convergence des gauches. Il faudra encore attendre. Le PS n’est pas prêt pour faire cette rupture. Je rappellerai d’ailleurs que c’est sous un gouvernement socialiste que le prix des tickets de la Tec a augmenté ou que le nombre de logements sociaux a diminué. Et c’est aussi sous un gouvernement socialiste (à l’échelon fédéral, NDLR) qu’on a privatisé les banques ou qu’on a lancé la chasse aux chômeurs."

Conscient du score de son parti et de l’attente de ses électeurs éventuellement déçus de voir ainsi le PTB tourner une nouvelle fois le dos à une participation au pouvoir en Wallonie après l’échec au lendemain du scrutin communal, il se justifie. "Nous devions être honnêtes vis-à-vis de nos électeurs. On se dit que si le PTB monte dans un gouvernement d’austérité, il fera comme les autres partis. On soutiendra tous les décrets de gauche depuis le Parlement wallon mais il est hors de question de signer un chèque en blanc au gouvernement. Mais on soutiendra tout ce qui est progressiste."

Raoul Hedebouw dit surtout attendre du PS un véritable trophée avant de se lancer dans l’aventure gouvernementale. "Il faut qu’on puisse rentrer des trophées sur le plan social. On a besoin de garanties, comme au niveau des logements sociaux ou au niveau des partenariats publics-privés (ppp). Ces PPP, ce n’est vraiment pas notre tasse de thé car c’est une privatisation larvée des services publics. Le PS nous dit dans les yeux qu’ils n’en ont jamais fait en Wallonie mais qu’est-ce qu’ils ont fait avec le tram de Liège? Tout cela ne permet pas un vrai débat constructif entre les partis de gauche. J’ai par exemple demandé à Ecolo à 5 reprises si un partenariat avec le PTB était envisageable. Ils nous ont dit qu’ils n’étaient pas chauds pour faire une majorité de gauche. Jean-Marc Nollet a d’ailleurs déclaré pendant la campagne être vacciné contre le communisme. En fait, tout ce petit monde ne pensait qu’à une chose: une coalition avec le cdH."

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