interview

"Le salaire, ce n'est pas la voiture de société" (Georges Gilkinet)

Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo. ©BELGAIMAGE

Pas plus d’impôt mais mieux d’impôt, c’est le slogan d’Ecolo. On a mis Georges Gilkinet, député vert sortant, sur le gril. Il confirme: son parti ne souhaite pas augmenter la charge fiscale au niveau global, mais ne répond pas précisément sur sa réforme de l’impôt des personnes physiques. Un certain nombre de contribuables sont immanquablement visés.

Que feriez-vous de l’impôt des sociétés dont les taux sont appelés à diminuer, notamment en faveur des PME? Reviendriez-vous sur les réformes du gouvernement Michel?
On maintient la diminution des taux, mais on s’assure qu’elle soit financée effectivement. On est face à un gouvernement qui a fait des cadeaux aux multinationales en se désintéressant des acteurs économiques internes. Il faut des dispositifs spécifiques pour aider les start-ups. Les exonérations doivent être liées à de la création d’activité. Ce type de politique doit être accentué.

Comment comptez-vous modifier les tranches d’imposition à l’IPP? À partir de quel montant de revenu doit-on payer plus d’impôts?
Nous plaidons globalement pour une globalisation des revenus afin de diminuer le coût du travail. Celui qui gagne beaucoup en revenus du capital va contribuer un peu plus.

"Je ne vois pas de chiffres sur ce que cela va coûter. Il y a peu ou pas d’évaluation, c’est un peu gênant."
Isabelle Richelle
Coprésidente du Tax Institute de l’ULiège

Pour remplacer le système des voitures de société, vous proposez un crédit d’impôt accessible à tous les travailleurs. Or la voiture est intégrée dans un package salarial. Dans certains cas, ce sera donc une baisse de revenu?
C’est mieux d’offrir à chacun un budget mobilité pour lui donner accès à différents dispositifs de mobilité. Cela dépendra de chaque situation, de la valeur de la voiture. Ceux qui ont les plus grosses voitures paieront plus. Ils peuvent choisir de plus petites voitures. Le salaire, ce n’est pas la voiture de société, mais l’argent qui tombe sur son compte. La voiture de société n’est pas une fatalité, nous voulons un shift moral.

Quelles sont vos pistes pour financer tout cela? Que rapporterait votre cotisation sociale de crise?
Le Bureau du plan refuse de l’évaluer parce qu’il estime ne pas disposer des outils pour mesurer le patrimoine de tous les Belges.

Cette cotisation est temporaire. Il ne s’agit donc pas d’une recette structurelle pour l’État dont les finances sont préoccupantes?
Non, effectivement. Cette cotisation serait maintenue jusqu’à ce qu’on soit sorti de la crise. La crise des équilibres budgétaires, la crise de la pauvreté. Cette sortie de crise doit être déterminée selon des indicateurs sociaux, économiques et environnementaux. En termes de diagnostic, ceux qui au gouvernement ont donné des leçons de bonne gestion sont devant un constat d’échec. Un de nos gros volets, c’est un plan de lutte contre la fraude fiscale et la criminalité financière.

Il n’y a pas grand-chose dans votre programme quant aux dépenses de l’État.
On ne dit pas comme d’autres qu’il faut diminuer le nombre d’enseignants, de policiers ou d’infirmiers, mais nous proposons par exemple la suppression des provinces. Il y a des gains d’efficacité à faire, mais pour nous, ce n’est pas un slogan. Il y a des choses à faire, par exemple en matière d’informatisation dans la Justice. On veut faire des économies partout où c’est possible, mais sur la base d’études objectives.

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