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Les coalitions probables après le scrutin de ce dimanche

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Bien sûr, les cartes ne seront distribuées que ce week-end. Et la politique belge est dotée de ce parfum d’imprédictibilité qui fait partie de son charme. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible d’anticiper un rien. En repérant les coalitions qui ont le plus de chances de l’emporter, en écartant les plus farfelues. Petite balade dans le champ des possibles au Fédéral, à Bruxelles et en Wallonie.

Au grand puzzle des coalitions, tout peut sembler possible, pour qui se contente de marier les couleurs. Une première impression réductrice, puisqu’il faut également tenir compte des affinités entre partis, du fait que certains risquent d’être systématiquement exclus des futures coalitions et de la logique politique qui exclut les alliances inutilement larges.

Dès lors, ne gardons à l’œil que les coalitions dont on peut estimer vraisemblable qu’elles voient le jour, à condition que l’arithmétique soit de leur côté.

Au Fédéral

La participation fédérale de la N-VA est liée au sort – et au score – de la coalition suédoise. Difficile en effet d’imaginer les nationalistes flamands grimper à bord d’un attelage emmenant soit les socialistes, soit les écologistes. Dans un premier temps en tout cas, ou alors pour parler confédéralisme. La suédoise, donc, à qui les derniers sondages n’accordent pas de majorité, qu’elle soit élargie (73 sièges sur 150) ou non (69 sièges) au cdH.

Multimédia | À quoi ressembleront les prochains gouvernements?

L'Echo a dressé la liste des coalitions possibles au Fédéral, à Bruxelles et en Wallonie. En privilégiant les plus vraisemblables et rayant les plus improbables. Promenez-vous donc dans cette forêt de gouvernements en cliquant ici:

Si la suédoise échoue, il y a de grandes chances que l’on se dirige vers une tripartite sans les nationalistes, même si celle-ci risque d’être minoritaire du côté flamand. Sensible. Les trios les plus probables? Plaçons en tête la jamaïcaine, mariant centristes, écologistes et libéraux – si toutefois les urnes lui sourient plus que les derniers sondages (72 sièges). Eh oui: pas facile de contourner à la fois les nationalistes et les socialistes. Il y a la classique (centristes, libéraux et socialistes) aussi, tout juste trop courte dans les sondages (75). "Et difficile à assumer pour le CD&V et l’Open Vld, parce que cela revient en quelque sorte à ressusciter le gouvernement Di Rupo", analyse le politologue Vincent Laborderie (UCLouvain). Mieux placées dans les sondages mais politiquement plus complexes, surtout en Flandre: l’arc-en-ciel (81) ou l’olivier (75).

Restent ensuite les surprises du chef, allant d’une quadripartite à un blocage total, en passant par un vaste chantier institutionnel. Vous l’aurez compris: les jeux sont ouverts.

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En Wallonie

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Tel est le scénario de base: PS et Ecolo convolent, quitte à faire appel au cdH en cas de besoin. Si le MR arrive toutefois à mener la danse, une jamaïcaine embarquant le cdH et Ecolo n’est pas à exclure. Quant à l’alliance PS-MR, elle n’est à envisager qu’en dernier recours, et notamment si le cdH et Ecolo n’ont pas réussi à s’entendre.

À Bruxelles

Ce n’est pas un secret: PS, Ecolo et DéFI se verraient bien embarquer ensemble. Une belle entente qui pourrait être défaite si un olivier pousse en Wallonie, et que le cdH est en mesure d’imposer sa présence dans la capitale, prenant alors la place de DéFI.

Petit agenda post-électoral

Tel est l’usage, rappelle le politologue Pascal Delwit (ULB). "Le lendemain des élections, le Premier ministre remet la démission de son gouvernement au Roi. Qui l’accepte." À charge de l’équipe démissionnaire de gérer les affaires courantes jusqu’à ce qu’émerge une nouvelle coalition. Avec, cette fois, une spécificité, puisque le gouvernement Michel a déjà démissionné fin décembre, suite au retrait de la N-VA. Démission acceptée par le Roi, qui a chargé cette suédoise transformée en orange bleue d’expédier les affaires courantes.

Suite à quoi le Roi entame des consultations. "Et dans les jours qui suivent, il pourrait nommer un ou deux informateurs, en fonction des résultats."

Du côté des Régions, le scénario diffère légèrement, puisqu’il se passe de virée au Palais. "Pas de démission devant le Roi. Simplement, l’exécutif en place rentre également dans une période d’affaires prudentes." Et reste en place le temps qu’un nouveau gouvernement se forme. "Dans les deux cas, quel que soit le niveau de pouvoir, il n’y a jamais de vacance de pouvoir."

À l’échelon régional, la tradition veut que le premier parti lance un tour de consultations. Il ne s’agit que d’une tradition: rien n’empêche d’autres partis de lancer des négociations.

 

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