Les négociations ont repris à Bruxelles, malgré la pression de l'Open Vld

Gwendolyn Rutten, présidente de l'Open Vld ©BELGA

Les négociations en vue de la formation d'un gouvernement en Région bruxelloise jouent les prolongations. En cause, l’Open Vld qui a tout tenté pour ouvrir les discussions au MR. La présidente des libéraux flamands est venue en personne au parlement bruxellois ce mardi pour s'entretenir avec Laurette Onkelinx et Zakia Khattabi.

Une complication de dernière minute a retardé d’un jour l’issue des négociations bruxelloises dont l’atterrissage était initialement attendu lundi. Selon une source proche des négociations, c’est la présidente des libéraux flamands Gwendolyn Rutten qui aurait exigé ce nouveau ralentissement. L’Open Vld, qui ne confirme pas officiellement être à l’origine du blocage, a réitéré sa volonté d’ouvrir les discussions au Mouvement réformateur. En outre, des points de friction avec les écologistes demeurent.

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Ce mardi, les libéraux flamands ont de nouveau remis un coup de frein. Leur présidente s'est invitée au parlement bruxellois pour discuter en tête à tête avec la présidente de la Fédération bruxelloise du PS Laurette Onkelinx et la coprésidente des verts Zakia Khattabi.

Les négociateurs bruxellois ont patiemment attendu durant plusieurs heures le retour des négociateurs de l'Open Vld autour de la table. Guy Vanhengel et Sven Gatz ont pu reprendre les discussions vers 17h30 ce mardi. Selon la RTBF, le MR a finalement décidé de rester dans l'opposition. L'Open VLD poursuit donc, sans le MR, les négociations avec les 5 autres partenaires (PS, one.brussels, DéFI, Ecolo et Groen) pour aboutir à un accord qui devrait tomber probablement ce mardi soir.

Un gouvernement avant le 21 juillet?

Les congrès de participation des partis qui doivent avaliser l’accord ont été reportés à mercredi.

Cette panne dans l’ultime ligne droite ne semblait pas inquiéter les négociateurs bruxellois dont l’ambition de boucler un accord avant la Fête nationale n’est pas remise en cause pour l’instant. "Ce lundi, les six partis négociant l’accord de majorité en Région bruxelloise se sont réunis autour du formateur et ont poursuivi leurs travaux en vue de la conclusion d’un accord de majorité ambitieux pour Bruxelles. La volonté des négociateurs est d’installer le gouvernement bruxellois avant le 21 juillet", a indiqué le cabinet de Rudi Vervoort (PS) à l’agence de presse Belga.

Conscients qu’ils ne peuvent pas dicter leurs préférences en matière d’alliances du côté francophone à Bruxelles, les libéraux flamands ont tout de même retardé les négociations d’un jour. À quoi bon? On évoque des enjeux internes au parti ainsi que la pression exercée par le MR depuis qu’il a été sollicité pour former une coalition dans le sud du pays.

Depuis la Wallonie, les négociateurs libéraux Charles Michel et Willy Borsus ont en effet tenté, la semaine passée, de faire revenir le MR dans la course à Bruxelles. Désireux de développer un front libéral uni en vue des élections de 2024, l’Open Vld doit démontrer qu’il fait des efforts pour ne pas laisser son pendant francophone sur le bord de la route.

Derniers arbitrages et casting

Interrompues lundi pour laisser la place à des réunions plus techniques, les négociations en vue de la formation d’un gouvernement en Région bruxelloise se poursuivront ce mardi. Au programme: une ultime relecture des versions française et néerlandaise du texte de l’accord de majorité et les derniers arbitrages dans des dossiers plus épineux comme l’enseignement bilingue et la fiscalité. Chez Ecolo et au PS, les invitations pour les congrès de participation prévues ce mardi ont été relancées pour mercredi soir. La prestation de serment des ministres est désormais programmée pour jeudi tandis que le vote de confiance aura lieu dans la foulée.

Chez les socialistes, c’est désormais l’ixelloise Caroline Désir qui tiendrait la corde pour le poste de secrétaire d’État au détriment de Fadila Laanan.

Dans les heures qui viennent, la répartition des compétences et le casting devraient également occuper les différentes formations en présence. Pour mémoire, c’est le ministre sortant Rudi Vervoort qui devrait rempiler comme ministre-président. Toujours chez les socialistes, c’est désormais l’Ixelloise Caroline Désir qui tiendrait la corde pour le poste de secrétaire d’État au détriment de Fadila Laanan, fragilisée par les problèmes de gestion au sein de l’Agence Bruxelles-Propreté et un score personnel en régression.

Outre la tête de liste Alain Maron, le casting écologiste pourrait comprendre Zakia Khattabi étant donné que la coprésidente ne souhaite pas, selon plusieurs mandataires Ecolo, prolonger son engagement à la tête de son parti. Même si Bernard Clerfayt affirme ne pas avoir encore fait son choix entre sa commune et la Région, les amarantes sont nombreux à penser que le bourgmestre de Schaerbeek sera présent dans le nouvel exécutif régional. "Il n’y a aucune raison que ce ne soit pas lui. Il a pris part à toute la négociation avec moi", a d’ailleurs déclaré le président de DéFI Olivier Maingain.

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