Les négociations commencent à Bruxelles, sans l'Open Vld

Guy Vanhengel, chef de file de l'Open VLD à Bruxelles. ©BELGA

Les libéraux flamands renâclent à se mettre autour de la table des négociations pour la formation d'un gouvernement bruxellois. Ils seront reçus ce mardi par le duo de formateurs bruxellois.

L'Open Vld, qui voudrait embarquer le MR dans le prochain gouvernement bruxellois, a demandé ce lundi un entretien avec les formateurs avant de se rendre à la table des négociations, a fait savoir un porte-parole du parti.

Rudi Vervoort (PS) et Elke Van den Brandt (Groen) devaient rencontrer les représentants d'Ecolo, de DéFI, de Groen, de one.brussels et de l'Open Vld, ce lundi à 14h30 afin d'entamer les négociations devant aboutir à la formation du prochain gouvernement bruxellois.

Les représentants d'Ecolo et de DéFi sont arrivés à l'heure au parlement bruxellois. Du côté néerlandophone, le sp.a était également présent au rendez-vous fixé par le PS et Groen. Seuls les représentants de l'Open Vld manquaient à l'appel. La réunion prévue à 14h30 est maintenue, a indiqué en début d'après-midi le cabinet du ministre-président bruxellois sortant et formateur du prochain exécutif Rudi Vervoort (PS).

Et comme prévu, cette première séance était consacrée au budget. Une compétence justement détenue par Guy Vanhengel (Open Vld) durant la législature écoulée. Le chef de cabinet de ce dernier était d'ailleurs présent autour de la table.

Nouveaux rapports de force au sein de l'Open Vld

Cette soudaine solidarité affichée avec les libéraux francophones trouve aussi son origine dans les nouveaux rapports de force au sein de l’Open Vld. En raison de la baisse importante de son score personnel, Guy Vanhengel est déforcé. Son côté électron libre proche du PS de Rudi Vervoort était toléré par son parti tant que le succès dans les urnes était au rendez-vous.

À l’inverse, son potentiel successeur Sven Gatz souhaite se rapprocher du MR afin de former un bloc libéral uni en vue du scrutin de 2024. Un rapprochement qui sera sans doute facilité par le retrait de Guy Vanhengel qui n’entretenait pas de très bonnes relations avec les bleus francophones. Outre un conflit personnel avec le chef de file du MR d’Evere Alain Vander Elst, les déclarations de Didier Reynders (MR) selon lesquelles il y a trois partis socialistes à Bruxelles, le PS, le sp.a et l’Open Vld, n’ont évidemment rien arrangé, explique un libéral néerlandophone.

Deux poids deux mesures

Le duo de formateurs bruxellois, Elke Van den Brandt (Groen) et Rudi Vervoort (PS), recevront l'Open Vld ce mardi pour aborder leurs réticences, a-t-on appris en fin de journée.

Le 14 juin dernier, les libéraux néerlandophones avaient déjà demandé aux négociateurs de réfléchir à la possibilité d'embarquer le MR dans l'attelage bruxellois, ce que le PS avait rapidement rejeté.

La formation des coalitions de chaque groupe linguistique se déroule traditionnellement de manière séparée à Bruxelles. Groen, le sp.a et l'Open Vld avaient d'ailleurs annoncé leur volonté de former une coalition ensemble sans consulter l'aile francophone.

Un deux poids deux mesures épinglé, sur Twitter, par le politologue de l'ULB Pascal Delwit.

Il y a cinq ans, les libéraux néerlandophones avaient aussi rechigné à entrer en négociations. En cause: la présence de DéFI du côté francophone. Mais le boycott n'avait finalement duré que quelques jours. Les amarantes s'étaient engagés à ne pas remettre en cause la Sixième réforme de l'État, ce qui avait visiblement suffi à apaiser les craintes de l'Open Vld et du CD&V.

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