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Les questions urgentes sur la table des prochains gouvernements

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Des dossiers brûlants comme les pensions, le sort de Belfius, la 5G à Bruxelles, le budget wallon ou encore le Pacte d'excellence en Fédération Wallonie-Bruxelles attendent les prochaines coalitions à tous les niveaux de pouvoir en Belgique. Petit tour d'horizon des questions les plus urgentes.

Budget, pensions, Brexit et Belfius au menu du Fédéral

Le prochain gouvernement fédéral ne risque pas de s’ennuyer. Il aura en effet à traiter un certain nombre de dossiers qui lui auront été légués par son prédécesseur.

• Budget. En affaires courantes depuis décembre dernier, le gouvernement Michel n’a pas pu voter de budget pour 2019. On fonctionne dès lors avec le régime des douzièmes provisoires. En 2010-2011, lors des 541 jours sans gouvernement, certains avaient loué le régime des douzièmes provisoires, car tout semblait rouler tout seul. Sauf qu’aucune réforme structurelle n’avait pu être mise en œuvre.

2019 se profile comme une année perdue pour le budget.

Aujourd’hui, c’est même pire. À politique constante, le budget dérape, simplement avec la progression mécanique de certaines dépenses. Exemple avec les pensions. En 2018, les pensions, c’était 48 milliards d’euros, soit le plus gros poste de dépenses de l’État. Chaque année, avec le vieillissement, il faut y ajouter 2 milliards d’euros, soit l’équivalent du budget de la Justice! 2019 se profile dès lors comme une année perdue pour le budget. Il faudra tout rattraper et l’équilibre prévu pour 2021 risque fort d’être reporté à 2022. En tout état de cause, l’effort à fournir serait de l’ordre de 10,6 milliards d’euros sur trois ans. L’État fédéral et la Sécurité sociale prendront l’essentiel à leur charge. Les entités fédérées n’auraient que 1,8 milliard à trouver.

• Réforme des pensions. C’est un dossier qui a animé la campagne électorale. Le recul de l’âge légal à 67 ans en 2030 a été voté. Mais la gauche a promis de revenir à 65 ans. Cette réforme est indissociable du débat sur l’aménagement des fins de carrière. Les possibilités de départs anticipés ont été limitées par le gouvernement Michel, mais il reste à trancher la question des métiers pénibles pour voir qui rentrera encore dans les conditions de la prépension. Initialement, c’était un chantier réservé aux partenaires sociaux, mais faute d’accord entre eux, la balle est revenue dans le camp du gouvernement. Il reste aussi à mettre en œuvre la pension à points, qui doit permettre de mieux tenir compte de la durée de la carrière.

• Climat et énergie. Le pacte énergétique, qui doit établir de quelle façon la Belgique sortira du nucléaire en 2025, ne fait toujours pas l’objet d’un accord entre les différents niveaux de pouvoir. Du coup, la prolongation ou non de certains réacteurs nucléaires pourrait être un point central des négociations gouvernementales. De gros investissements sont nécessaires pour sortir du nucléaire. Des nouvelles centrales au gaz devraient assurer la transition énergétique.

Après avoir été recalée à la Chambre fin mars, le principe d’une loi climat reviendra sans doute sur la table du gouvernement. Encore faudra-t-il combler la ligne de fracture entre partis flamands (à l’exception des verts) et francophones.

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• Belfius et Arco. La mise en Bourse de Belfius n’a pas pu se faire sous la législature précédente, en raison de l’absence d’un accord sur l’indemnisation des 800.000 coopérateurs Arco (bras financier de l’ACW, le MOC flamand). Le gouvernement Michel avait une proposition pour les indemniser à hauteur de 40% de leur mise, mais il s’avérait vendredi que ce plan n’a toujours pas été soumis aux instances européennes. En cause, des tiraillements entre CD&V et N-VA.

• Brexit. La prochaine échéance dans le processus du Brexit, c’est le 31 octobre. D’ici-là, il faudra que les Européens aient trouvé un arrangement avec les Britanniques. La Belgique, elle, devra aussi veiller à ce que ses entreprises ne souffrent pas trop du départ du Royaume-Uni de l’UE. Celles-ci sont exposées à hauteur de 12 milliards d’euros dans le Brexit.

• Réformes en cours. Et puis, il y a les réformes en cours. Ce sont celles qui ont été décidées par le gouvernement sortant mais dont la mise en œuvre s’étale au-delà de l’horizon d’une législature. C’est le cas de la réforme des hôpitaux (qui entend rationaliser l’offre de soins par zone géographique) ou encore de la réforme de l’impôt des sociétés (le nouveau taux de 25% entrera en vigueur en 2020). Enfin, il y a les travaux d’infrastructures prévus dans le pacte national d’investissement. Ceux-ci concernent surtout la mobilité, l’énergie, les soins de santé et l’enseignement. 

À quoi ressembleront les prochains gouvernements?

Rien que pour vous, L'Echo a dressé la liste des coalitions possibles au Fédéral, à Bruxelles et en Wallonie. En privilégiant les plus vraisemblables et rayant les plus improbables. Promenez-vous donc dans cette forêt de gouvernements grâce à notre outil interactif, disponible ici

La 5G et le métro parmi les dossiers chauds à Bruxelles 

À quels dossiers devront s’atteler en priorité les membres du prochain gouvernement bruxellois? Il reste notamment des modalités à fixer en matière d’allocations familiales dont le paiement sera effectué pour la première fois par la Région bruxelloise à partir du 1er janvier 2019. Un contrat de gestion doit encore être conclu entre le collège réuni de la Cocom et l’organisme Iriscare afin d’assurer le bon fonctionnement de la caisse publique Famiris. L’agrément définitif des quatre caisses privées doit aussi être effectué pour septembre au plus tard.

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Une kyrielle de plans adoptés en fin de législature devront faire l’objet d’un suivi par le prochain exécutif. On parle entre autre du plan régional de mobilité Good Move, du nouveau règlement régional d’urbanisme (RRU) et des projets d’aménagements directeurs (PAD) Loi, Josaphat, Herrmann-Debroux, Mediapark, Casernes d’Ixelles, etc. Les remarques émises dans le cadre des enquêtes publiques devront être prises en compte.

Autre point qui risque de rapidement revenir sur la table: le métro. Alors que le permis pour la construction de la future station Toots Thielemans doit être délivré, les investissements relatifs au transport public pourraient faire l’objet d’une remise en question si les écologistes font partie du prochain attelage gouvernemental. Les verts – pas de grands supporters du métro – voudront sans doute revoir le plan pluriannuel d’investissements de la Stib afin de s’assurer qu’une part suffisante des budgets est consacrée aux transports de surface.

Autre dossier chaud à ressortir rapidement du frigo: la 5G. Le protocole d’accord signé entre la Région et les opérateurs en juillet 2018 est resté sans suite. L’ordonnance permettant l’émergence de l’internet mobile ultrarapide est pourtant prête, mais le gouvernement l’a volontairement bloquée pour ne pas brusquer, à la veille des élections, la frange de citoyens sensibles aux questions de santé. Si le prochain exécutif renonce à l’assouplissement des normes en vigueur, le risque est qu’Anvers prenne le lead pour devenir la première ville du pays à accueillir la 5G. 

Nous avons comparé les programmes

Pour quel parti voter? Nous avons comparé les programmes.

  • Fiscalité, budget
  • Emploi
  • Indépendants, PME
  • Mobilité, etc.

Toutes les réponses à vos questions dans cette analyse.

 

Hôpitaux, budget, tarif prosumer... à examiner en Wallonie 

Avec une fin de législature qui s’est terminée en eau de boudin en Wallonie et le blocage d’une série de dossiers suite à la perte de majorité du gouvernement sortant MR-cdH, quelques sujets brûlants attendent le prochain exécutif wallon.

En haut de la pile, les futurs ministres devront dare-dare se plonger dans le budget wallon et programmer rapidement un ajustement budgétaire qui n’a toujours pas eu lieu alors que certaines voix (socialistes) s’inquiètent de l’évolution des comptes. Cet examen s’accompagnera probablement d’un audit complet de la Cour des comptes sur l’état des finances de la Région wallonne.

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À côté des chiffres, la prochaine coalition devra se pencher de toute urgence sur le dossier de la réforme hospitalière laissée en jachère en toute fin de législature. Très technique, ce dossier est crucial pour l’avenir des hôpitaux. Le Fédéral leur impose de s’organiser en réseaux début 2020. La logique voudrait que les hôpitaux publics et privés situés sur un même bassin de vie se rapprochent mais la législation wallonne ne le permet toujours pas. Bref, sans un décret voté rapidement, on risque de retomber dans certains travers avec des rapprochements pénalisants pour les patients, avec d’un côté les hôpitaux privés et de l’autre les établissements publics.

Un autre dossier délicat est l’avenir du futur tarif prosumer avec l’exemption de la taxe pour les propriétaires actuels de panneaux photovoltaïques. Renvoyé au prochain gouvernement faute d’avoir pu recevoir dans les temps un avis du conseil d’état, le dossier attend le nouveau ministre de l’Énergie.

Le gouvernement devra également se positionner rapidement sur le plan wallon d’investissement. Des difficultés pour mener à bien des partenariats entre le privé et le public en Wallonie pourraient poser des soucis au niveau du financement de plusieurs projets du plan wallon.  

Le contenu au tronc commun en Fédération Wallonie-Bruxelles

Élections 2019

Le 26 mai, la Belgique se rend aux urnes pour renouveller les parlements régionaux, fédéraux et européens. Suivez la campagne pas à pas dans notre dossier >

En Fédération Wallonie-Bruxelles, il y a un dossier en particulier qui arrivera sur la table du gouvernement: le  Pacte d’excellence .
Si une partie du projet a déjà été adoptée sous la précédente législature, on pense à l’allongement du tronc commun jusqu’à la fin de la troisième secondaire, la construction du pacte est un processus continu.

Place maintenant aux référentiels, soit le contenu des cours. Si des matières comme les mathématiques ne devraient pas subir de grands changements, les disciplines vivantes comme l’histoire ou la géographie feront l’objet d’une adaptation. Les questions climatiques seront par exemple plus présentes dans des cours comme les sciences afin d’amener les élèves à comprendre comment on en est arrivé au réchauffement. À côté, l’exécutif devra poursuivre le refinancement de la recherche et de l’enseignement supérieur. 

 



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