Les ronds de jambe entre N-VA et Belang énervent

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Le Vlaams Belang a été reçu une troisième fois. Gwendolyn Rutten (Open Vld) demande au formateur Bart De Wever de jouer cartes sur table.

Qui laissera tomber le Vlaams Belang? C’est la question qui hante les présidents de parti en Flandre. Le week-end dernier, le formateur Bart De Wever a eu un troisième entretien avec le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken. Contrairement à la première entrevue du 29 mai, il n’était plus question de s’échanger des cadeaux, mais d’aborder le fond des choses.

Si Bart De Wever et son entourage restent muets sur le contenu de cet entretien, Chris Janssens, un des négociateurs du Vlaams Belang, s’est montré nettement plus bavard. On a ainsi appris que pendant trois heures, il a été question d’enseignement, de bien-être et d’intégration, autant de thèmes sur lesquels le Vlaams Belang entend se profiler comme un parti responsable. Avec un seul objectif: briser le cordon sanitaire.

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Rutten demande la clarté

"Si le Vlaams Belang organise ainsi des fuites, c’est pour mettre la pression et pousser les autres partis à sortir du bois", observe Nicolas Bouteca, politologue à l’université de Gand (UGent).

"Le cordon sanitaire reste très impopulaire en Flandre."
nicolas bouteca
politologue à UGent

La première réaction est venue de l’Open Vld où la présidente Gwendolyn Rutten a invité Bart De Wever à "clarifier sa position" sur le Vlaams Belang. Elle a pour sa part réitéré son refus d’entamer une quelconque collaboration avec l’extrême droite. "Un parti dont la vision de l’homme et de la société est opposée à la nôtre, qui plaide pour le séparatisme, remet en question la coopération européenne et recèle des politiciens qui dépassent régulièrement les limites de la décence humaine et politique, ne pourra jamais être partenaire d’un parti libéral. Ni à l’intérieur, ni depuis l’extérieur d’un gouvernement." Si Bart De Wever a préféré ne pas réagir, cette déclaration de principe l’arrange pourtant fort bien, estime Nicolas Bouteca. "Le cordon reste très impopulaire en Flandre. Tout l’art consiste désormais à faire porter le chapeau à l’autre pour le maintien du cordon. En attendant, Bart De Wever aligne les tours de piste."

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Ceci étant, une rupture du cordon est moins que jamais à l’ordre du jour, selon le politologue gantois. "Si De Wever ne l’a pas fait à Ninove, il ne le fera pas à l’échelle de la Flandre. Il lui manque 5 sièges pour gouverner avec le Vlaams Belang et je ne vois pas très bien où il irait les chercher."

On en revient ainsi au scénario d’une reconduction de la suédoise ou une coalition bourguignonne comme à Anvers. Bouteca miserait plutôt sur la suédoise, "car elle offre une majorité plus confortable et elle réunit des partis qui se connaissent bien pour avoir gouverné ensemble depuis 2014".

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