Les stratégies des partis en roue libre

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Un sondage interne conforte le MR dans sa stratégie anti-Ecolo. Ecolo n’est plus aussi bien porté par la vague climat du début de campagne et mise sur ses propositions. À l’offensive sur le terrain, le PS observe le match entre bleus et verts en centrant ses attaques sur le gouvernement Michel.

Moins de 20 jours à tenir. La campagne électorale bat son plein. "De manière un peu ennuyeuse", entend-on jusque dans les rangs politiques. Il est vrai que cette période préélectorale est très différente de la campagne de 2014, marquée par la crise du survol de Bruxelles et les contestations nées du "plan Wathelet" ou encore par les ennuis de Joëlle Milquet, épinglée pour la gestion de son cabinet ministériel. À l’époque, la N-VA n’avait encore jamais goûté au pouvoir fédéral et pouvait s’en donner à cœur joie contre un épouvantail de choix, Elio Di Rupo, sans devoir s’assurer de rendre un bilan gouvernemental présentable. Bref, le contexte comme le climat sont bien différents aujourd’hui. Les partis francophones déroulent leur stratégie. Voyons.

Les libéraux

Le MR est rassuré. Un sondage commandé par le parti place les libéraux en bien meilleure posture que ce que prédisait un premier coup de sonde dans la presse. Il y talonne Ecolo pour la deuxième place à Bruxelles derrière le PS et se maintient comme deuxième en Wallonie. Au MR on s’en défend, mais cette bonne nouvelle conforte une stratégie qui cible principalement Ecolo, nouveau concurrent des libéraux dans les classes moyennes. "Il faut l’accepter, confesse un libéral, nous sommes en campagne électorale et nous ne sommes pas d’accord avec un grand nombre de mesures du programme Ecolo, en réalité celui du PS paraît moins irresponsable." Ecolo devient donc le principal adversaire du spectre de gauche. En ligne de mire: la péréquation cadastrale et la suppression de la voiture de société, considérée comme "transport en commun de la famille", selon la nouvelle punch line trouvée au MR. Bref, le MR se concentre sur le 26 mai pour récupérer ses électeurs quitte à s’isoler par rapport aux autres partis et compromettre des accords régionaux.

Les verts

Chez Ecolo, on confirme: "Le MR a décidé de s’attaquer à nous en priorité." Singulièrement sur le programme fiscal qui ne propose pourtant "pas un euro de plus dans la fiscalité globale du pays". "Nous avons créé une section fake news sur notre site internet pour démonter les contre-vérités véhiculées par les libéraux", glisse-t-on. Sur la défensive, Ecolo mise sur une campagne "propositionnelle". Dans deux jours, un nouveau moment com’ est organisé pour décliner les 25 mesures qu’Ecolo partage avec Groen. Les verts tenteront le plus possible de "ne plus perdre du temps" à répondre à un parti "aux abois" dont le bilan gouvernemental est mauvais et qui ne sait pas financer son programme fiscal, ajoute-t-on en substance.

Les socialistes

Le PS semble assister au match tel un arbitre de tennis. Il est plutôt en confiance, à entendre ses ténors. Certes, comme les autres partis traditionnels, ceux-ci s’attendent à un tassement mais constatent que l’appareil du parti s’est, comme toujours, mis au service des candidats avec l’efficacité qu’on lui connaît. Dans le même temps, chacune des sorties presse en remet une couche sur Charles Michel coupable de politique anti-sociale et d’alliance avec le diable absolu incarné par la N-VA. Il est loin le temps des affaires Publifin et Samusocial qui ont pourri la législature qui s’achève. "On a choisi de ne pas faire une campagne de confrontation et depuis les communales, on a bien compris qu’Ecolo prenait des électeurs avant tout au MR", analyse un socialiste. Au PS, on compte sur l’appareil et une campagne de terrain bien huilée pour endiguer la progression du PTB.

Les centristes

Pour le cdH, par contre, la campagne se révèle plus compliquée que jamais malgré un congrès qualifié de très positif ce week-end. Dans le concert droite-gauche où dominent PS, MR et Ecolo, le message et le programme centristes ont du mal à percoler. Son concurrent du centre, DéFI, n’est pas tout à fait à la fête non plus avec des sondages qui l’éloignent de l’euphorie de 2017-2018. Son implantation wallonne reste une inconnue. À Bruxelles, la crise de l’école numéro 1 de Schaerbeek a eu pour conséquence de remettre le bourgmestre et tête de liste aux élections régionales sur le devant de la scène. La gestion de la crise par Bernard Clerfayt, marquée par une défense ferme d’institutions comme l’école et la justice peut lui avoir fait marquer quelques points à l’échelle régionale.

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