analyse

"Nollet Premier ministre et Di Rupo dans le gouvernement, pas dans les 1.000 prochaines années" (De Wever)

©Wouter Van Vooren

Jean-Marc Nollet et Bart De Wever se sont affrontés mercredi lors du débat L’Echo/De Tijd. Environnement, énergie, fiscalité, travail, migration, institutionnel, peu de choses rassemblent les projets politiques des deux hommes.

Le ton fut donné dès l’entame du débat. À l’heure des présentations, Jean-Marc Nollet s’est dit heureux de pouvoir débattre avec Bart De Wever. "Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de le faire à la Chambre, il ne vient que pour voter, pour le salaire." Le président de la N-VA lui répondra un peu plus tard par un: "La loi climat n’est pas passée, j’ai donc fait le job". Le ton est donné. À chacun des chapitres de ce duel organisé par L’Echo et De Tijd, les deux adversaires se sont opposés à peu près sur tout. Souvent avec un certain talent. Qu’en retenir?

Le duel De Wever / Nollet en 4 minutes

Climat/environnement

©Wouter Van Vooren

"Ces protestations sont bienvenues car elles créent une urgence, mais le risque est que l’on prenne des mauvaises décisions", a lancé le président de la N-VA en parlant des manifestations pour le climat. Pour lui, le mouvement écologique donne l’image d’une pastèque, "verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur", ce "qui met les intérêts flamands en danger". Il y oppose l’écoréalisme: "Croire dans l’innovation et les technologies, sans surestimer les problèmes." Ce sera son leitmotiv: attaquer Ecolo sur sa volonté de taxer, y compris les entreprises polluantes.

"Ce n’est pas aussi simple, faut-il taxer ArcelorMittal jusqu’à ce que l’entreprise meure? Je n’accepterai jamais cela pour Anvers", lançait-il. Pour la N-VA, les ressources naturelles sont encore là et il faut être déraisonnable pour vouloir sortir du nucléaire en 2025 alors que les besoins en électricité ne vont faire qu’augmenter. C’est faisable pour 2025, rétorquait Jean-Marc Nollet. "J’ai l’impression que M. De Wever veut faire avec le fossile et le nucléaire ce qu’il reproche à la Wallonie pour la sidérurgie: soutenir avec des fonds publics un modèle dépassé." Sans surprises, pas d’entente possible à ce niveau-là.

Travail

À la question économique, Bart De Wever a pointé le taux d’emploi encore trop bas en Belgique, singulièrement en Wallonie (63% pour 75% en Flandre, a-t-il dit). Ses recettes? Poursuivre sur la voie des réductions d’impôts, de la limitation du chômage dans le temps. Il attaque Ecolo sur sa volonté de réduire l’âge de départ à la pension. Nollet a répondu en disant que la préoccupation d’Ecolo, c’était les bas salaires sur lesquels les charges devaient diminuer de façon ciblée. Bart De Wever réattaquait sur la fiscalité en décelant "un tsunami d’impôts" pour payer ces baisses de cotisations dans le programme des écolos.

©Wouter Van Vooren

Le débat s’est alors porté sur la taxe frappant le capital voulue par les verts. "Qui va payer tous ces impôts? a martelé De Wever. Un groupe mystérieux de riches? Quand on continue le programme, on se rend compte que ce sont les Flamands qui travaillent, les entrepreneurs flamands." La N-VA dénonce l’impôt sur la fortune qui a été abandonné partout où il a été expérimenté. Le débat s’est ensuite cristallisé sur le budget fédéral et ses perspectives inquiétantes pour 2021.

Le point noir du gouvernement sortant, sur lequel Jean-Marc Nollet n’a pas manqué d’appuyer puisque le gouvernement Michel avait promis l’équilibre pour l’an dernier. Bart de Wever a invoqué des mesures qui n’ont pas été prises par le gouvernement. "La vie n’est pas toujours rose, il faudra plus d’ambitions, pour réaliser les réductions des charges on a dû abandonner l’équilibre budgétaire". "Les gens ont l’assainissement mais pas l’équilibre. La parole que vous avez donnée il y a cinq ans ne tient plus", a répliqué Jean-Marc Nollet.

Migration

Sujet chaud. Et là encore de profondes divergences. Bart De Wever a évoqué une pression migratoire énorme là où Jean Marc Nollet ne voyait qu’un phénomène marginal. "Cela crée des tensions au niveau culturel, sur le statut des femmes par exemple. Comment intégrer cela lorsqu’ils sont si nombreux, ajoutez une couche d’islam radical et vous obtenez un mélange explosif", a indiqué Bart De Wever.

©Wouter Van Vooren

Jean-Marc Nollet a dénoncé l’indignité de la politique du gouvernement et de Theo Francken, fustigeant l’enfermement d’enfants avec le régime soudanais et l’affaire des fraudes aux visas humanitaires qui frappe un conseiller N-VA de Malines. Il oppose une vision positive le la migration. Le président de la N-VA dénonçant la naïveté des écologistes. "Je n’ai pas de leçons d’humanité à recevoir, mon premier problème c’est l’intérêt général", a-t-il martelé.

Avenir de la Belgique

Là encore opposition frontale sur le fond. Jean-Marc Nollet a commencé par démonter le mantra de la N-VA sur les deux démocraties qui coexisteraient en Belgique. "Je veux une solution structurelle pour que M. Nollet puisse mener sa politique d’impôts et de frontières ouvertes en Wallonie", a répliqué Bart De Wever. Nollet attaquait avec l’idée d’une circonscription unique. "ça m’intéresse mais alors on supprime la parité linguistique du gouvernement et on arrête avec la double majorité, contre-attaquait le président de la N-VA. Pourquoi aurions-nous besoin de la Région bruxelloise alors?"

"À force de vous braquer sur votre rêve plus rien n’avance, je veux sortir de cette crise potentielle avec un projet positif, a répliqué Jean-Marc Nollet. On veut un projet Belgique, dans la prochaine déclaration gouvernementale."

Nollet Premier ministre et Di Rupo dans le gouvernement, pas dans les 1.000 prochaines années.
Bart De Wever


Interrogé sur leur compatibilité, Bart De Wever s’est montré pour le moins clair. "Je ne vais pas entrer dans un gouvernement qui ouvre les frontières, provoque un tsunami d’impôts et qui culpabilise les gens."

Il a tout de même invité son adversaire au marathon d’Anvers. Fin avril.

LIRE AUSSI

Lire également

Publicité
Publicité