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Où sont les électeurs du Vlaams Belang? Pas toujours là où on les attend

Dans les communes flamandes qui accueillent de nombreux migrants, les électeurs choisissent plutôt Groen. ©Photo News

Une étude dresse le profil des électeurs des partis flamands selon différents critères (revenus, migrants dans leur commune, etc.). Il apparaît que l'on retrouve les électeurs du Vlaams Belang plutôt... là où il y a peu de migrants.

Dans de nombreuses communes flamandes, le Vlaams Belang est devenu dimanche le premier parti. Mais peut-on lier le résultat des élections au profil socio-économique d'une région? C'est-à-dire, dans ce cas-ci: vote-t-on par exemple plutôt pour le Vlaams Belang dans les communes qui hébergent de nombreux migrants?

De Tijd a analysé les corrélations entre les votes et différents facteurs:

  • le niveau de richesse;
  • les communes rurales ou urbaines;
  • le nombre de migrants installés.

Les plus importantes corrélations se marquent par rapport au niveau de richesse/pauvreté. Le Vlaams Belang et le CD&V obtiennent de gros scores là où les habitants ont en moyenne un très bas revenu. Pour Groen, c'est l'inverse: les verts flamands se sont montrés statistiquement plus forts que la N-VA ou l'Open VLD dans les communes riches.

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Cette analyse montre aussi un fossé entre les villes et les campagnes. Groen est le parti des villes et le CD&V, celui de la ruralité. Le Vlaams Belang a particulièrement séduit dans les campagnes flamandes.

Il y a aussi des corrélations, mais moins claires, si l'on se concentre sur le chômage. Là où beaucoup de gens travaillent, le CD&V séduit. Là où peu de personnes ont un travail, c'est plutôt Groen et le sp.a qui sont choisis.

Le facteur migration

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L'étude a aussi analysé le rapport entre les résultats des élections et la population de migrants présente dans les communes. Il ressort que c'est Groen qui intéresse là où il y a beaucoup de migrants. Le CD&V et le Vlaams Belang sont plutôt plébiscités là où il y a peu de migrants. Ce qui signifie que c'est la peur de la migration qui conduit à voter Vlaams Belang plutôt que le ressentiment à l'égard d'une migration installée. 

Concernant les revenus de la population, pour les 50 communes où les partis ont obtenu leur meilleur score, le sp.a et le CD&V obtiennent de meilleurs résultats là où les revenus sont moins élevés, tandis que le Vlaams Belang perce plutôt dans la classe moyenne. La N-VA, l'Open VLD et Groen sont plus présents parmi les classes plus riches.

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Bref, ce dimanche, le Vlaams Belang a surtout séduit dans les communes rurales où beaucoup d'habitants travaillent (mais ne gagnent pas beaucoup) et craignent la migration (mais n'y sont pas encore vraiment confrontés).

La force des réseaux sociaux
Le Vlaams Belang s'est largement aidé de Facebook

400.551 euros ont été dépensés par le Vlaams Belang pendant la campagne électorale, dont 125.050 euros lors de la dernière semaine. Séparément, les candidats du parti d'extrême droite ont aussi investi dans les réseaux sociaux. Un pari gagnant, visiblement.

Quid des autres partis? 

  • 138.096 euros pour la N-VA
  • 38.087 euros pour le PS
  • 36.298 euros pour Défi
  • 23.779 euros pour le cdH
  • 15.465 euros pour le MR
  • 6.602 euros pour Ecolo
  • 2.557 euros pour le PTB

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