Pour le MR, ce n'est pas la violette, mais l'arc-en-ciel

Willy Borsus, ministre-président wallon sortant, plaide pour une large coalition au sud du pays. ©Photo News

Les réformateurs plaident pour une large coalition en Wallonie. PS, MR et Ecolo disposeraient d'une très large majorité.

Ni le coquelicot (qui l'exclut), ni la violette. Mais l'arc-en-ciel. 

Le MR juge avoir été patient jusqu'ici, et décide de se positionner plus offensivement sur le terrain wallon. Depuis le retrait du cdH et du PTB des consultations politiques menées par le PS, les seules coalitions majoritaires encore possibles au sud du pays rendent le MR incontournable. Mais ce lundi encore, le scénario d'une coalition minoritaire PS-Ecolo (35 sièges sur 75) a refait surface, avec la proposition des verts d'une coalition "coquelicot" intégrant des "personnalités de la société civile" dans le gouvernement wallon et allant chercher des majorités au parlement à la carte, du côté du cdH notamment. Un scénario qui a été accueilli fraîchement par les humanistes. Et par le MR, on s'en doute.

57
sièges
Une coalition PS-MR-Ecolo rassemblerait 57 sièges sur les 75 que compte le parlement wallon.

"Nous avons laissé du temps au temps mais, désormais, nous insistons sur le fait que le moment est celui d'une alliance forte", affirme le ministre-président wallon Willy Borsus mardi dans La Libre. Les réformateurs disent préférer la tripartite arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo) à la bipartite PS-MR. Cette dernière dispose d'une majorité confortable au parlement wallon (45 sièges sur 75). Mais les réformateurs estiment qu'une alliance PS-MR-Ecolo correspondrait mieux au résultat des élections, tout en permettant de mener des réformes sur base d'une majorité large (57 sièges sur 75). Voici pourquoi le chef de l'équipe MR-cdH sortante, qui a perdu sa courte majorité après la défection d'une députée, plaide pour un gouvernement "stable et large", dit-il.

Nombreux enjeux

"Il y a beaucoup d'enjeux: la création d'emplois et d'activités, l'enjeu climatique, les investissements dans la mobilité, les hôpitaux, le logement, la lutte contre la pauvreté", énumère-t-il. Il rappelle aussi l'extinction progressive des mécanismes de solidarité entre le nord et le sud du pays à partir de 2025.

Borsus plaide pour une violette en Wallonie

Le week-end dernier, Jean-Luc Crucke, vice-président du MR et ministre wallon sortant, avait souligné qu'une tripartite permettrait aussi, vu la majorité des deux tiers dont elle disposerait, de mener de nouvelles réformes éthiques et d'autres plus structurelles. Quant aux échéances, la date symbolique du 21 juillet sera compliquée à tenir vu la complexité des dossiers en jeu, juge M. Borsus.

Notamment pour la Communauté française (Fédération Wallonie-Bruxelles), où la dette pourrait passer de 8 milliards d'euros cette année à près de 12 milliards dans cinq ans, selon les chiffres du Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l'UNamur. "Nous réclamons un audit approfondi des finances et de l'endettement de la Communauté française, mais aussi de réexaminer un certain nombre de décisions", affirme Willy Borsus. Il juge qu'un nouveau refinancement de la Communauté française serait "extrêmement difficile" à obtenir. "Quelle entité pourrait dégager des moyens pour elle?", s'interroge-t-il. 


Lire également

Publicité
Publicité