Quels partis ont le plus de femmes en tête de liste?

Le cdH s'en sort pas mal: sur ses 12 têtes de liste connues, six sont des femmes. À Bruxelles, c'est le tandem Milquet/Fremault qui mène le combat. ©Photo News

L’écrasante majorité des têtes de liste pour les prochains scrutins de mai sont occupées par des hommes.

On a fait le tour des partis, tout occupés qu’ils sont à finaliser leurs listes électorales pour les scrutins du 26 mai. On leur a demandé de fournir les noms des leaders des 20 listes (21 si on compte les listes pour le Brabant flamand) qui seront présentées à l’électeur. Le résultat global n’est guère fameux en termes d’égalité hommes-femmes. Sur un total de 95 têtes de liste récoltées dans les 5 partis principaux, seules 29 sont des femmes. De multiples facteurs peuvent expliquer ce déséquilibre, du machisme du monde politique à l’intérêt supposé plus faible des femmes pour le combat électoral en passant par les difficultés éprouvées par les partis à trouver des candidates. Evidemment, quelques disparités sont observées selon les partis.

"Certaines choses évoluent. Lentement mais espérons-le, sûrement."

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Les mauvais élèves d’abord. Le PS nous a fourni 9 têtes de liste officiellement désignées. Nous en avons rajouté trois pour lesquelles le doute n’est plus vraiment permis: Paul Magnette pour la liste européenne, puis Ahmed Laaouej et Rudi Vervoort, respectivement têtes de liste à la Chambre et à la Région pour Bruxelles. Total: 12. Dont une femme seulement, Joëlle Kapompole à Mons. Il reste encore beaucoup d’officialisations à boucler au Parti socialiste, gageons que le boulevard de l’Empereur et ses fédérations tenteront de rééquilibrer les choses. Déjà interpellés sur le sujet, les socialistes se défendent en soulignant la diversité en genre qui prévaudra sur les listes et leur volonté d’imposer 40% de femmes dans tous les prochains gouvernements. Il n’empêche, les premiers rôles sont avant tout masculins chez les rouges.

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La situation n’est guère différente au Mouvement réformateur où seules quatre têtes de liste sont occupées par des femmes sur les 19 qui ont été officiellement désignées. Au MR, les femmes de premier plan sont déjà bien connues puisqu’il s’agit de personnalités comme Françoise Schepmans, ex-bourgmestre de Molenbeek, Jacqueline Galant, ex-ministre en charge de la Mobilité ou encore Valérie De Bue, ministre au sein du gouvernement wallon.

En dehors de Bruxelles, DéFI ne dispose pas (encore?) de personnalités jouissant déjà d’une notoriété aussi installée. Ce n’est pas pour cela que les femmes ne sont pas volontiers mises en avant. Pour l’heure, elles sont 5 sur 15 à tirer les listes amarante. Alexandra Dupire tirera la liste pour la Chambre en Hainaut. C’est la seule femme tête de liste au niveau fédéral alors que le parti doit encore désigner son leader pour le Brabant wallon. Dans les circonscriptions wallonnes, on trouve Emma Itoua à Soignies-La Louvière, Camille Périlleux à Liège, Jasmine Arendt en Luxembourg et Monique Félix à Namur.

Petit tour ensuite au PTB où très peu de femmes jouent les premiers rôles également. Elles sont cinq sur 19 têtes de liste. C’est une néerlandophone, Maria Vindevoghel qui tirera la liste bilingue du parti à la Chambre pour Bruxelles. Pour la Région bruxelloise, c’est également une femme qui a été choisie: Françoise De Smedt. Pour le Parlement wallon, seule Alice Bernard (Liège) et Anouk Vandevoorde (Namur) représentent la gent féminine.

Un débat 100% masculin à l’Europe?

Après les moins bons, les meilleurs. Ecolo d’abord, qui n’a pas encore arrêté l’ensemble de ses têtes de liste. Sur 18, 8 sont des femmes. Dont la coprésidente Zakia Khattabi à la Chambre pour Bruxelles, France Masai pour Dinant-Philippeville, Veronica Cremasco à Liège ou encore Bénédicte Linard pour Tournai-Ath-Mouscron.

Le cdH s’en sort pas mal non plus, pour l’instant. Sur ses 12 têtes de liste connues, six sont des femmes. À Bruxelles, c’est le tandem Milquet/Fremault qui mène le combat alors que le parti mise sur ses autres poids lourds féminins en Wallonie avec Alda Greoli (Liège), Marie-Martine Schyns (Verviers) ou encore Vanessa Matz pour la Chambre à Liège.

Dernier élément à relever: le débat électoral pour l’Europe risque bien d’être exclusivement masculin en Belgique. DéFi n’a pas encore choisi son ou sa candidat(e) mais dans les autres partis, on ne trouve que des hommes en tête de liste avec Paul Magnette pour le PS, Olivier Chastel pour le MR, Benoît Lutgen au cdH, Philippe Lamberts pour les verts et Marc Botenga pour le PTB. Une occasion manquée par les partis.

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