Rien n'est venu contrecarrer les plans du PS à Bruxelles

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L’ambition socialiste de constituer des coalitions dites progressistes n’a souffert d’aucune embûche en Région bruxelloise. Le PS devrait annoncer sous peu l’entrée en négociation avec Ecolo et DéFI.

L’annonce d’une entrée en négociation du PS, d’Ecolo et de DéFI en Région bruxelloise serait imminente. Selon nos informations, les socialistes pourraient officiellement inviter, dès ce vendredi, les verts et les amarantes à rejoindre la table des négociations. Ce scénario très régulièrement évoqué depuis le scrutin communal d’octobre 2018 – qui a vu une telle coalition émerger à la Ville de Bruxelles – n’a subi jusqu’ici aucune contradiction.

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Pour commencer, la volonté de former une majorité PS-Ecolo-DéFI a été confortée par le résultat des urnes, le 26 mai dernier. Même si les socialistes s’affaissent et que les amarantes perdent des plumes, la progression des verts permet d’obtenir une tripartite confortable avec un total de 42 sièges (sur 72 dans le collège francophone). Ensuite, sur le plan politique, la première phase de consultations menée par le ministre-président sortant Rudi Vervoort (PS) et la présidente de la Fédération bruxelloise du PS Laurette Onkelinx aurait permis de confirmer les convergences existantes entre les trois formations politiques. Le souhait d’Elio Di Rupo de constituer des majorités dites progressistes est donc sur le point de se concrétiser dans la capitale.

Jusqu’ici, l’unique suspense survenu dans la séquence bruxelloise est dû à la décision du cdH de s’offrir une cure d’opposition à tous les niveaux de pouvoir. Les humanistes ont ainsi rouvert le jeu en Wallonie et, par ricochet, dans la capitale. Devenus difficilement contournables pour former une majorité sans le PTB dans le sud du royaume, les libéraux auraient pu conditionner leur participation en Wallonie à leur sort en Région bruxelloise.

"Je crois qu’il est préférable que les mêmes familles politiques se retrouvent dans les gouvernements mais ce n’est pas indispensable."
Jean-Luc Crucke

À la suite de l’annonce du cdH, certains socialistes bruxellois s’apprêtaient d’ailleurs à revoir leurs plans initiaux. Alors qu’une question de cohérence des majorités entre niveaux de pouvoir pouvait pousser vers un PS-MR aussi en Région bruxelloise, il n’était pas question que celle-ci soit une source de blocage pour la formation des autres gouvernements. Mais le MR a finalement causé bien peu de tracas à la tripartite PS-Ecolo-DéFI. Les libéraux n’ont mis aucune pression pour être de la partie à Bruxelles, acceptant très rapidement l’idée d’une asymétrie entre Régions. "Je crois qu’il est préférable que les mêmes familles politiques se retrouvent dans les gouvernements mais ce n’est pas indispensable", avait déclaré le Wallon Jean-Luc Crucke sur Bel RTL la semaine dernière.

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En dehors de la rencontre organisée entre le PS et le MR durant la phase de consultation, il nous revient qu’aucun contact n’a eu lieu entre les deux partis au niveau bruxellois. Les libéraux avaient repris un peu d’espoir lorsque l’Open Vld a voulu temporiser les négociations du côté néerlandophone afin de favoriser la montée du MR côté francophone. Une stratégie qui a peu de chances d’aboutir en raison du ressac des bleus néerlandophones. Sans oublier que la formation des coalitions de chaque groupe linguistique se déroule traditionnellement de manière séparée à Bruxelles.

 

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