analyse

Un adieu à la bourguignonne… et au Vlaams Belang

©BELGA

Bart De Wever a achevé lundi sa mission d’information. Lui succède Jan Jambon, nouveau formateur flamand, dont la mission sera de mettre sur pied la coalition suédoise avalisée par les bureaux des trois partis. De quoi enterrer les autres pistes ayant agité le Landerneau politicomédiatique depuis fin mai.

Ça y est. L’heure est enfin à l’avancement en Flandre, où l’informateur Bart De Wever avait précédemment marqué une pause de près d’un mois début juillet, en l’attente de plus de clarté au niveau fédéral, avant de reprendre des discussions tous azimuts aussi bien avec le sp.a que le Belang depuis lors.

"Je termine avec succès cette phase d’information. Jan Jambon prend le relais comme formateur en Flandre", sortait lundi du bois un président de la N-VA visiblement satisfait du travail accompli, fort d’une note de synthèse de sept pages, née de ses divers échanges passés. Et pour cause, près de trois mois après les élections du 26 mai, le futur exécutif du nord du pays devrait désormais voir le jour rapidement, à en croire les principaux protagonistes. "On veut aller très vite", évoquait Jan Jambon, en début d’après-midi, depuis le Parlement flamand. Avec une première réunion prévue ce mardi, déjà, aux côtés de délégations issues des trois partis concernés que sont la N-VA, l’Open Vld et le CD&V.

"La phase d’informa-tion se termine avec succès. Jan Jambon prend le relais comme formateur en Flandre."

De quoi reconduire, en tout état de cause, la coalition suédoise déjà au pouvoir au nord du pays depuis le 25 juillet 2014, comme nous l’avancions ce samedi. Les libéraux et les démocrates-chrétiens ont en tout cas donné leur feu vert lundi à des négociations en ce sens, au sortir de leur bureau de parti respectif.

En cas de succès, l’ex-ministre de l’Intérieur du gouvernement Michel, Jan Jambon, devrait coiffer la casquette de ministre-président – et ce, alors même qu’il a un temps été pressenti comme candidat Premier ministre; Bart De Wever conservera, lui, le mayorat d’Anvers, ont fait savoir les deux hommes. Qui se tairont désormais.

Continuité et pragmatisme

Pourquoi avoir fait ce choix d’une suédoise bis, alors que les trois partis concernés sont sortis écorchés des urnes? Après tout, l’idée d’une bourguignonne, alliant N-VA, Open Vld et sp.a, a un temps circulé. De même, Bart De Wever n’a pas manqué d’entretenir le doute sur le Vlaams Belang, en poursuivant les discussions à huis clos.

Par volonté de continuité, principalement. La N-VA était déjà à la manœuvre; incontournable, elle poursuit sur cette lancée. Elle pourra mener à bien le travail déjà entamé lors de la précédente législature, tout en entendant les desiderata des mécontents, ayant exprimé leur frustration en mai.

Mais aussi, par pragmatisme. En effet, une coalition avec l’Open Vld et le sp.a, dans une bourguignonne (copiable au niveau fédéral), aurait compté une trop courte majorité de 63 sièges sur 124 au Parlement – bien qu’elle eût le mérite de faire passer le message à un CD&V jugé trop à gauche et trop rétif par les nationalistes flamands lors des cinq dernières années. Ce qui, en plus de son aspect bigarré, aurait rendu sa conduite particulièrement complexe. "Trop court, c’est trop court", nous dit-on. Et puis, il y avait l’incertitude. Si le président du sp.a, John Crombez, avait reçu un feu vert de son parti pour négocier, les dissensions n’en étaient pas moins visibles chez les socialistes flamands sur un tel attelage. "Ce qui n’offrait pas assez de stabilité."

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Pour ce qui est de l’exclusion du Vlaams Belang, "ce n’est pas mon objectif de rendre la Flandre ingouvernable, a expliqué De Wever. Pour les autres partis, il n’en allait pas d’une question de contenu, mais bien aussi de principe et même d’existence" que de les exclure. En bref, monter avec l’extrême droite, entreprise qui aurait nécessité de trouver un troisième larron pour voir le jour – "ce qui n’a pas été possible" –, c’était "niet" pour le bourgmestre d’Anvers. D’autant qu’il convient de souligner qu’au nord, la relation entre les deux formations n’était pas au beau fixe, avec, pour symbole, la dénomination de "paljas" ("clown") à l’endroit de Bart De Wever, lancée par le président du Belang lors du débat télévisé des présidents. Puis, "on ne peut pas dire qu’ils aient fait quoi que ce soit pour se rendre plus acceptable ces derniers temps", conclut-on à la N-VA.

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