Un gouvernement minoritaire PS-Ecolo en Wallonie? "Une piste sérieuse", dit Magnette

©BELGA

Avant sa rencontre avec le PTB, Paul Magnette n'a pas écarté l'idée d'une coalition minoritaire PS-Ecolo en Wallonie, soutenue de l'extérieur par le PTB.

Après avoir rencontré les émissaires du MR vendredi dernier, le PS poursuit ses négociations en Wallonie ce mardi. Elio Di Rupo et Paul Magnette, le président du parti socialiste et l’ancien ministre-président de la Région wallonne, recevaient à Namur ce matin les représentants du PTB. La rencontre était cruciale pour le PS qui entend tester les capacités du PTB à rentrer en négociation en vue de former un gouvernement.

"Notre priorité est de faire la coalition la plus progressiste possible. Il y a des convergences avec le PTB comme sur le logement ou le transport en commun. J’espère qu’on y arrivera", a expliqué Paul Magnette à son arrivée au parlement wallon.

Pris en tenaille entre son aile gauche, qui pousse le parti à mouiller les communistes dans un gouvernement afin de voir de quel bois ils se chauffent, et une partie de son électorat qui vivrait comme une trahison une coalition avec les libéraux en vue de former un gouvernement en Wallonie, le PS joue serré.

Les options possibles

Depuis le renoncement du cdH, les options en vue de former un gouvernement ne sont pas nombreuses. Outre une coalition avec le MR et éventuellement l’appoint du Ecolo, l’autre scénario est la tripartite PS-Ecolo-PTB

La première option du PS était d’aller avec le cdH. On n’est pas là pour boucher les trous mais pour mener une politique de gauche.
Raoul Hedebouw
Porte-parole du PTB

Une troisième option circule cependant depuis ce week-end. Évoquée notamment par La Libre, il s’agirait de mettre en place un gouvernement minoritaire PS-Ecolo avec l’appoint du PTB au parlement. Inutile de dire que cette troisième voie est risquée. L’exemple récent avec la défection de la députée libérale Patricia Potigny au parlement wallon et la perte de majorité du gouvernement sortant MR-cdH, a d’ailleurs montré les limites d’un gouvernement minoritaire au moment de faire voter certains décrets. 

Paul Magnette ne semble pourtant pas écarter cette piste. "On pourrait proposer d’avoir un gouvernement minoritaire PS-Ecolo soutenu par le PTB au parlement. C’est une piste sérieuse. Il y a 9 gouvernements en Europe qui sont minoritaires."

Reste à savoir si Ecolo et le PTB accepteront de jouer dans cette pièce. "On n’a pas de pression. On a un programme à défendre", s’est empressé de souligner Raoul Hedebouw, le porte-parole du PTB, avant sa rencontre avec Elio Di Rupo et Paul Magnette. "On veut un bon rouge. Les gens ont voté pour un bon rouge et pas un mauvais rosé. Si le but (du PS, ndlr) est de faire du fake pour avaler la couleur, on n’est pas là pour cela. C’est clair qu’il y a un jeu de dupe. La première option du PS était d’aller avec le cdH. On n’est pas là pour boucher les trous mais pour mener une politique de gauche", a-t-il ajouté.

Hedebouw: "Nous ne sommes pas dupes"

Interrompues sur le coup de midi, les discussions entre le PS et le PTB reprendront après les prestations de serment des nouveaux députés wallons. "Nous ne sommes pas dupes. Si c'est juste pour construire une histoire aboutissant à une majorité PS-MR, dont les comptabilités existent depuis longtemps, le PTB n'a pas à être là", a souligné Raoul Hedebouw.

Il faut dénoncer les faux prétextes invoqués par le PTB. Nous ne sommes pas les méchants et nous ne pouvons pas nous laisser traiter de la sorte.
Elio Di Rupo
président du PS

"Les ficelles sont trop grosses: mercredi passé, on participe à des discussions à la Région et le jeudi, on est mis de côté au Fédéral parce qu'on nous dit que les autres partis ne veulent pas de nous. A un moment donné, il faut arrêter de jouer avec les pieds des gens. La Belgique et la gauche méritent mieux qu'une histoire de com", a-t-il ajouté.

Ecarté du Fédéral, le PTB pourrait-il faire partie de la majorité wallonne? "Ça ne va pas être facile mais nous ne fermons pas la porte à ce stade-ci", a répondu Raoul Hedebouw.

"Le PTB doit arrêter de chercher des prétextes", selon Elio Di Rupo

"Contrairement à ce qu'affirme le PTB, il y a bien du rouge autour de la table" des discussions, a affirmé en début d'après-midi le président du PS, Elio Di Rupo. "Notre démarche est réelle et sincère. Le PTB doit arrêter de chercher des prétextes", a-t-il ajouté tout en précisant que "les informateurs royaux sont libres. Ils ne nous ont jamais posé de questions sur les autres formations politiques."

Pour le président des socialistes, "il faut dénoncer les faux prétextes invoqués par le PTB. Nous ne sommes pas les méchants et nous ne pouvons pas nous laisser traiter de la sorte; nous ne sommes pas des paillassons", a-t-il poursuivi. C'est dans ce contexte tendu, sur fond de 'c'est pas moi, c'est lui', que se retrouveront PS et PTB à l'issue des prestations de serment des députés ce mardi après-midi. "Nous allons continuer nos entretiens et voir ce qui est possible mais nous devons être plus sereins et dire la vérité à la population", a conclu Elio Di Rupo.

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