Une fin de mission royale qui s'annonce laborieuse

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Didier Reynders et Johan Vande Lanotte doivent en finir avec leur information royale. Nombre de partis, dont le PS, ne sont pas en mesure de prendre le relais pour mener la formation du gouvernement.

Il n’aura échappé à personne que nous sommes au début du mois d’octobre. Or le début du mois d’octobre c’est l’échéance vague que le Palais royal avait fixée pour la très longue mission d’information menée par Didier Reynders et Johan Vande Lanotte qui doit jeter les bases du prochain gouvernement. A priori, aujourd’hui que tous les exécutifs régionaux et communautaires sont constitués, plus rien ne s’oppose à une accélération du processus fédéral, devrait-on penser. Ce serait sans doute aller un peu vite en besogne. Il semble en effet que cette mission d’information se termine dans une certaine torpeur. Moins sur le fond que sur des considérations très politiciennes, nous revient-il.

En pleine campagne interne, le PS n’a pas grand intérêt à s’afficher avec la N-VA.

Quelle suite en effet donner à cette mission dont l’objectif affiché était de rapprocher les deux partis les plus importants du royaume, le PS et la N-VA? Cette dernière multiplie les appels du pied aux socialistes afin de prendre le lead, pourquoi pas dans le cadre d’une mission d’information bicéphale. Ce serait la logique. Mais cette dernière se heurte à la situation pour le moins transitoire dans laquelle se trouvent la plupart des partis politiques. On le rappelle, avec la N-VA et le PS, sp.a, Open Vld, MR et CD&V sont toujours associés aux discussions fédérales. À l’exception de la N-VA, tous sont lancés dans des processus de renouvellement de leurs instances dirigeantes ce qui pourrait donner lieu à des changements dans les négociateurs envoyés par chaque parti à la table des discussions fédérales. Pas idéal.

Surtout pour le PS. Certes, Paul Magnette est l’unique candidat à la succession d’Elio Di Rupo à la présidence du parti. Mais chez les socialistes, certains voient d’un mauvais œil une collaboration ostensible du futur président avec la N-VA en pleine campagne interne. A fortiori alors que Theo Francken, repoussoir de la gauche par excellence, est appelé à jouer les premiers rôles nationalistes au niveau fédéral.

D’aucuns ajoutent que si le PS hérite d’une responsabilité royale, comment justifierait-il, à gauche, l’exclusion des verts qui se disent toujours disponibles? On résume: ça n’arrange pas du tout le PS de jouer les premiers rôles en ce début de mois d’octobre. Même si la personnalité de Jean-Claude Marcourt, désigné négociateur fédéral par le PS, peut permettre à Paul Magnette de ne pas trop se montrer en attendant de devenir président.

Ce malaise fait même vivre l’idée d’une nouvelle prolongation de la mission Reynders/Vande Lanotte, paraît-il. Cela ne serait pas du plus bel effet et reste donc improbable pour l’instant.

Une chose est certaine en tous cas: PS et N-VA se parlent. Selon nos informations, une réunion secrète a encore eu lieu ce jeudi entre ténors des deux partis, en présence des informateurs.


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