Sakapatat, le resto-bar à la sauce belge en Indonésie

Xavier Matton n'a pas seulement lancé une chaîne de resto-bars et des espaces de coworking, il pilote aussi une boîte de jeux vidéos. ©doc

Sakapatat, c'est le nom d'une chaîne de resto-bars lancée par le Belge Xavier Matton en Indonésie. Il vise les 5 millions d'euros de chiffre d'affaire d'ici 2025.

En 2010, alors qu'il est encore étudiant à la Louvain School of Management (UCLouvain), Xavier Matton fait ses bagages et embarque pour la première fois pour l'Indonésie. À l'époque, il est membre du programme "International Business" de sa faculté et s'apprête à entamer un stage de six mois auprès d'Ethnicraft, une entreprise spécialisée dans la fabrication de meubles. Dix ans et quelques promotions et revirements plus tard, Xavier Matton n'a toujours pas quitté le pays dont il est, entre-temps, tombé amoureux.

"Six mois après l'ouverture de l'établissement (...), nous avons tous les trois quitté nos emplois respectifs et nous nous sommes lancés à fond dans l'aventure."
Xavier Matton
Cofondateur et CEO de Sakapatat

Aujourd'hui fini les meubles, Xavier Matton pilote Sakapatat. Ce resto-bar à la sauce belge où se dégustent bières du pays et plusieurs déclinaisons de frites, il l'a lancé en compagnie d'un autre Belge et d'un partenaire anglais en 2014.

"Six mois après l'ouverture de l'établissement et forts de son succès, nous avons tous les trois quitté nos emplois respectifs et nous nous sommes lancés à fond dans l'aventure", se rappelle Xavier Matton. "Nous avons directement eu l'ambition de développer autant d'établissements que possible et, fin 2015, le deuxième restaurant ouvrait ses portes", ajoute-t-il.

À l'heure actuelle, Sakapatat est présent à Semarang et à Yogyakarta, sur l'île indonésienne de Java, et un nouveau concept, Makabana, a également vu le jour. Ce n'est pas tout, Xavier Matton pilote en parallèle une start-up spécialisée dans le développement d'applications mobiles, Sidji Video Game Studio, composée d'une dizaine de programmateurs.

Concept Makabana

Il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Encore moins retourner en Belgique. "En 2017, nous avons lancé notre nouveau concept: Makabana. Ce sont des espaces de coworking et de restauration", explique-t-il. Une nouvelle idée qui se veut complémentaire à l'atmosphère "beer garden" voulue par Sakapatat.

5 millions
d'euros
Sakapatat vise les 5 millions de chiffre d'affaires pour 2025.

"Ce n'est pas vraiment dans la culture locale d'aller boire un verre. Nous sentions qu'il y avait l'espace pour ouvrir un endroit plus chaleureux et calme en reproduisant le sentiment d'ouverture à la belge", raconte l'entrepreneur. Une identité aujourd'hui conservée et étendue à ce nouveau concept, donc, mais ciblant une autre clientèle.

Croissance à deux chiffres

Et la mayonnaise a pris. "L'entreprise s'est bien développée. Nous comptons une nonantaine de personnes dans nos effectifs et le chiffre d'affaires est situé entre 1,2 et 1,5 million d'euros", expose Xavier Matton.

Des résultats satisfaisants mais pas suffisants pour l'entrepreneur qui table sur des revenus de 5 millions d'euros dans cinq ans. "Nous avons connu une croissance à deux chiffres chaque année depuis le démarrage et nous entendons bien continuer ainsi", appuie-t-il, sûr de lui.

Afin d'atteindre la barre des dix établissements ouverts d'ici 2025, Sakapatat annonce être sur le point de finaliser une importante levée de fonds.

Différences culturelles

"L'Indonésie est un pays propice à entrepreneuriat."
Xavier Matton
Cofondateur et CEO de Sakapatat

"L'Indonésie est un pays propice à l'entrepreneuriat, c'est aussi pour cela que j'ai décidé de rester après mon stage", lance Xavier Matton, même s'il reconnaît que les démarches administratives n'ont pas toujours été un parcours de santé. "C'était compliqué de lancer une affaire sans partenaire local, avec les barrières de la langue et culturelles. Les Indonésiens travaillent très différemment."

Depuis, Xavier Matton a appris la langue et il dirige des équipes principalement composées d'employés indonésiens. Autre particularité, son entreprise accueille, chaque année, deux à quatre étudiants issus de la Louvain School of Management suivant le même programme que lui par le passé. La boucle est bouclée.

Les entrepreneurs belges du bout du monde

Du Canada à l’Indonésie, en passant par l’Argentine, le Congo et le Vietnam, L’Echo est parti à la rencontre de Belges qui ont créé leur boîte à l’autre bout du monde. Retrouvez ici tous les articles de la série.

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