L'Euro sera inédit, mais toujours bien rentable

Les Belges entameront l'Euro avec une rencontre face à la Russie, samedi prochain. ©Photo News

Sans surprise, le covid chamboulera l'organisation de l'Euro et affectera les revenus du ticketing. Certainement pas assez toutefois pour faire passer les comptes en rouge de cette machine à cash.

L'attente aura été un peu plus longue que prévu, mais il est finalement là. Dans moins d'une semaine, le gratin du football européen s'affrontera enfin. La compétition s'étalera sur un mois avec le sacre continental attribué lors de la finale le 11 juillet. Cette année encore, 24 équipes s'affronteront. Côté belge, pour les distraits, cela commencera au lendemain du lancement de l'Euro, le samedi 12 juin, face à la Russie. Les Diables affronteront ensuite en phase de poule le Danemark et la Finlande, qualifiée pour la première fois de son histoire.

On va ne pas le crier trop fort, et encore moins après la prestation face aux Grecs, mais la Belgique fait partie des quelques solides candidats au titre européen. C'est l'avis d'environ 11 millions de Belges, mais aussi d'un joli paquet de spécialistes. Si l'on se penche sur les chiffres financiers,  il y a aussi de quoi être plutôt optimiste. Avec une valeur totale de 669,4 millions d'euros, le noyau belge est le septième plus cher d'Europe dans un classement mené par l'Angleterre et son 1,32 milliard d'euros. Heureusement que l'argent ne fait pas encore tout. Reste à savoir si le report n'aura pas été néfaste pour le groupe qui a vu plusieurs de ses joueurs enchaîner les pépins physiques dont Eden Hazard, Axel Witsel et tout récemment Kevin De Bruyne.

850
millions d'euros
L'Euro 2016 en France a permis à l'UEFA de dégager un bénéfice de 850 millions d'euros.

Revenus exponentiels

Les Belges n'ont toutefois pas vraiment été les seuls à faire la grimace à l'annonce du report du tournoi majeur. Certaines estimations avancent que le coût du report devrait tourner autour des 300 millions d'euros. Problématique, mais certainement pas désastreux. Au fil du temps, l'événement continental est devenu une incroyable machine à cash. "D'édition en édition, les revenus ont augmenté de manière exponentielle", confirme Jérôme Bouchat, directeur commercial du bureau d’études Nielsen Sport. Selon Forbes, l'Euro suédois de 1992 avait permis d'engranger 41 millions d'euros de revenus. L'Euro français de 2016 avait, lui, permis de dégager pas moins de 1,93 milliard d'euros de revenus, pour un bénéfice de 830 millions d'euros.

"Les revenus des droits télévisés sont toujours en progression. Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas cette année."
Jérôme Bouchat
Directeur commercial du bureau d’études Nielsen Sport

Pour obtenir de tels résultats, l'organisation compte en temps normal sur trois sources de rentrées principales: les droits télévisés, le sponsoring et le ticketing. En 2016, les médias s'étaient disputé la retransmission de l'événement sportif pour plus d'un milliard d'euros. "Les chiffres ne sont habituellement pas publics avant l'événement, mais ils sont toujours en progression. Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas cette année", assure le spécialiste.

Du côté des sponsors, la manne financière de 2016 s'élevait à 480 millions d'euros. "Là aussi, la tendance devrait toujours être à la hausse. L'Euro a de plus la chance d'avoir plusieurs partenaires importants qui ont pu "profiter" de la crise comme le livreur TakeAway.com ou Fedex. Il y a probablement eu l'un ou l'autre arrangement, mais la source de revenus ne devrait pas être affectée par la crise", explique encore Jérôme Bouchat.

Intérêt asiatique

Outre la bonne forme de plusieurs de ses partenaires, l'UEFA a également pu compter sur l'arrivée de nouveaux soutiens asiatiques dont Alipay, le système de paiement du géant Alibaba et la marque de smartphones Vivo. "L'arrivée des sponsors asiatiques est l'une des principales tendances que l'on observe depuis quelques années. Le monde du sport est particulièrement efficace pour faire connaître une marque. On le voit d'ailleurs dans d'autres sports, par exemple avec OPPO à Roland-Garros", ajoute encore le directeur commercial de Nielsen Sport.  

"L'euro est un produit très rentable et, comme les autres sources sont assurées, l'UEFA ne finira pas en perte."
Jérôme Bouchat
Directeur commercial du bureau d’études Nielsen Sport

Seuls les revenus du ticketing devraient être touchés. "Mais là encore, il est presque impossible de faire des prévisions réalistes tant la situation risque d'être différente d'un pays à l'autre. Certains stades utiliseront pleinement leur capacité, d'autres la moitié, d'autres 25%... La situation est d'autant moins claire qu'elle risque en plus d'évoluer au cours des semaines", explique encore Jérôme Bouchat. La diminution de revenus ne sera toutefois probablement pas trop problématique. "L'euro est un produit très rentable et, comme les autres sources sont assurées, l'UEFA ne finira pas en perte. Son bénéfice sera probablement moins important, mais il restera largement positif".

Les véritables perdants seront probablement les mêmes que depuis une année. "L'effet le plus négatif est évidemment sur les retombées qu'engendre habituellement ce genre d'événements sur les villes hôtes. Les mesures prises et la difficulté de se déplacer devraient largement influencer les revenus pour l'horeca et le tourisme". Ils s'en seraient bien passés.

Le résumé

  • L'Euro débute vendredi prochain et se déroulera exceptionnellement partout en Europe.
  • Avec un report d'une année et une édition avec un public réduit, cette édition ne sera pas comme les autres.
  • Malgré la baisse des revenus du ticketing, l'UEFA devrait enregistrer des bénéfices.
  • Au fil du temps, le tournoi est devenu une véritable manne financière.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité