L'Euro va attirer des milliers de parieurs occasionnels

Si l'activité des opérateurs de paris autorisés devrait progresser durant l'Euro 2020, celle des sites illégaux malheureusement aussi, souligne Emmanuel Mewissen, le CEO d'Ardent. ©Lieven Van Assche

Le bon début de tournoi des Diables et leur statut de 3e favori devraient stimuler les candidats parieurs. Les opérateurs se montreront plus sages dans leurs publicités.

Les grands tournois attirent toujours une masse de parieurs occasionnels. C'est le cas lors de la Coupe du monde de football, des Jeux olympiques ou du Tour de France. L'Euro 2020 (21) ne devrait pas échapper à la règle et certainement pas dans les pays pointés parmi les favoris, comme la Belgique. Le fait de supporter une équipe qui va loin dans la compétition aiguise, en effet, l'appétit pour miser, ainsi que le relève Alexis Murphy, le CEO de Betfirst: "Les Belges sont troisièmes favoris, donc les espoirs sont élevés." Lors de la dernière Coupe du monde, où les Diables avaient fini 3ᵉ, nos compatriotes avaient misé 333 millions d'euros...

333
millions d'euros
Durant le Mondial de foot 2018, les Belges avaient misé au total 333 millions d'euros dans les bureaux de paris, les librairies et sur les sites.

"Lors d'un grand tournoi de football, un joueur sur trois est un vrai joueur occasionnel, qui crée un compte uniquement pour cette compétition", souligne Stefan Venken, le directeur marketing de Napoléon Games, un groupe qui exploite des casinos, des salles de jeux et des paris sportifs. Ces joueurs misent aussi moins: environ 20 euros par tournoi, ajoute Venken, soit 20% de moins en moyenne que les montants engagés par un habitué. Une analyse corroborée par Tanguy Laudelout, directeur des affaires publiques chez Kindred (Unibet) qui précise que ces occasionnels le restent généralement, autrement dit: après la fin du tournoi, ils ne se transforment pas en joueurs habituels.

Cela n'empêche pas les opérateurs de paris d'essayer d'en convertir une partie. "L'Euro, c'est l'occasion de toucher énormément de publics", souligne Emmanuel Mewissen, le CEO du groupe Ardent qui, comme Napoléon, exploite tous les types de jeux, y compris les paris (Circus). Il s'en réjouit d'autant plus que les agences "terrestres" viennent de rouvrir le 9 juin après avoir été fermées durant 11 mois sur 15. "La population va revivre et redécouvrir le plaisir de se retrouver et de jouer, dit-il. L'activité de paris devrait en profiter."

Régulateur et régulés font campagne commune

"Nous devons être présents, nous, les opérateurs légaux, sans écœurer: avec clairvoyance et équilibre."
Emmanuel Mewissen
CEO, groupe Ardent (Circus)

"Malheureusement, ajoute Mewissen, les sites illégaux le savent aussi. Nous devons être présents, nous, les opérateurs légaux, sans écœurer: avec clairvoyance et équilibre." Le marché belge est en effet prospecté, comme les autres, par des sites illégaux implantés dans des pays sans réglementation pour assurer la protection des joueurs contre l'assuétude. Et internet étant une gigantesque passoire, ces sites restent accessibles même quand ils figurent sur la liste noire tenue à jour par la Commission des jeux de hasard (CJH). Le patron d'Ardent souligne à ce propos que son groupe appliquera une politique responsable, une déclaration qui fait écho à celles de ses collègues chez Napoléon Games, Kindred, Betfirst ou Ladbrokes, sans oublier Scooore, la filiale de paris de la Loterie Nationale. Tous ces opérateurs autorisés, c'est-à-dire titulaires de licences octroyées par le régulateur et actifs dans un cadre légal bien balisé, affirment sur l'honneur qu'ils se comportent de manière responsable.

Dans ce contexte, cet Euro va enregistrer une grande première: la CJH mènera une campagne télévisée avec l'aide d'une série d'opérateurs privés. But de celle-ci: rappeler l'intérêt qu'il y a à miser sur les sites autorisés et souligner la dangerosité que peuvent receler ces types de jeux. Via Bago, la fédération des opérateurs de jeux, ceux-ci ont déboursé quelque 700.000 euros pour financer la campagne du régulateur. "Avec l'aval du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne", son ministre de tutelle, nous précise l'un d'eux. Une initiative que, soit dit en passant, un opérateur concurrent - qui n'est pas membre de Bago - juge "un peu limite" en laissant entendre que ce n'est pas le rôle des régulés de payer la "com" du régulateur.

Les entreprises vont par ailleurs essayer de se démarquer les unes des autres par la largeur et l'originalité de leur offre.

Durant le tournoi, certains opérateurs vont aussi s'abstenir de vanter leurs produits via des spots télé. Tantôt par vertu, tantôt parce que... les packages TV intéressants avaient déjà été retenus par les concurrents!

Plein de paris différents

Les entreprises vont par ailleurs essayer de se démarquer les unes des autres par la largeur et l'originalité de leur offre. Betfirst s'efforcera, par exemple, de proposer les meilleures cotes et l'application la plus rapide du marché. Napoléon Games et Circus vont tous deux lancer un quiz quotidien sur l'Euro et le football, avec une série de prix à la clé. Via son site, Circus permettra à des groupes d'amis de s'affronter entre eux sur un schéma de pronostics. Ladbrokes va multiplier les paris spéciaux sur les performances des Diables (combien de touches de balle pour tel joueur dans tel match, etc.)...

Quant à Scooore, elle vient de se doter d'un nouveau partenaire réputé pour ses solutions de paris en signant avec Kambi, une spin-off de Kindred. Elle a récemment acquis 350 automates de paris qu'elle compte installer dans des librairies... où la concurrence fait rage, car plusieurs de ses rivaux y sont déjà présents. Mais ceci est une autre histoire.

Le résumé

  • On estime qu'environ un tiers des gens qui parieront sur les résultats des matches à l'Euro seront des parieurs occasionnels qui cesseront après le tournoi.
  • Les opérateurs de paris sportifs affirment qu'ils vont limiter leurs campagnes publicitaires durant la compétition.
  • Certains d'entre eux vont par ailleurs financer la campagne de prévention de la Commission des jeux de hasard.
  • Quiz, tournois entre amis, applis rapides, paris très pointus, nouveaux automates: sur le terrain, les initiatives seront nombreuses et variées.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité