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analyse

La victoire à l'Euro ne rapportera pas beaucoup à l'économie italienne

La victoire à l'Euro donnera un coup de boost au moral du peuple italien ©Photo News

L'Italie est depuis ce dimanche championne d'Europe de football. Un joli trophée dont l'impact économique sera à première vue très relatif.

Le champion continental est donc italien. Après une année pas vraiment des plus amusantes, c'est le genre de trophée qui peut donner un petit coup de boost au moral. Tant mieux. Mais il ne faut pas espérer pouvoir tirer beaucoup plus du titre que de bons souvenirs. Du côté des retombées économiques, il ne faut en tout cas certainement pas s'emballer. Si certains politiciens aiment souligner l'importance que peut avoir une victoire sur le moral des concitoyens, la transposition au niveau macroéconomique est, dans les faits, très minime.

Effet macro minime

"On parle dans le meilleur des cas de 0,1% de PIB", confie d'entrée Philippe Ledent, Senior economist chez ING. "Il est possible d'avoir effectivement un petit effet sur la confiance et donc la consommation. Cela a notamment été étudié en France, après la victoire à la Coupe du Monde. Mais il est toujours très difficile de cerner la part que joue une victoire sur l'ensemble du PIB tant les facteurs sont nombreux."

0,1%
de hausse du pib
Dans le meilleur des cas, une victoire à l'Euro génèrera au maximum 0,1% de PIB supplémentaire.

Le moral n'étant certainement pas à son meilleur niveau depuis mars 2020, l'effet pourrait néanmoins être un peu plus important que lors de précédentes éditions. "Surtout pour l'Italie qui a été particulièrement touchée par la pandémie. Cela peut effectivement se ressentir un peu plus cette année. Mais il faut mettre en balance cet évènement positif avec tous les autres, bons ou mauvais, de ces derniers mois".

Et si la bonne nouvelle sur le terrain de foot peut permettre de pousser (un peu) plus à la consommation, une victoire finale à un tournoi majeur peut aussi avoir des effets négatifs. "La productivité peut être affectée. Cela s'est notamment vu dans les pays en Amérique latine où la population suit de très près le football", explique Philippe Ledent. "En gagnant la compétition, l'Italie a par définition joué le plus de matches. Ce sont des jours où la productivité peut être affectée. L'heure des matches peut aussi d'ailleurs avoir une influence plus négative s'ils se sont déroulés durant les heures de bureau". La baisse de productivité risque donc déjà de bien balancer la hausse de la consommation.

Effet marque

Une victoire peut par contre aussi avoir une influence positive sur le pays en tant que marque. "L'effet peut être d'autant plus important que le pays est petit et donc moins connu sur la scène internationale", confie l'économiste. "Mais c'est encore une fois difficile à traduire au niveau macroéconomique. Une entreprise ne va pas spécialement plus exporter parce que son pays a gagné une coupe en football".

"Une entreprise ne va pas spécialement plus exporter parce que son pays a gagné une coupe en football."
Philippe Ledent
Senior economist chez ING.

Même si l'impact est minime et difficilement mesurable, le football reste néanmoins le sport le plus porteur pour obtenir un effet minime sur l'économie d'un pays. "Pour qu'une discipline ait une petite influence, il faut qu'elle soit assez médiatisée d'une part, mais qu'elle soulève un certain engouement d'autre part. Le Tour de France est très suivi, mais on ne voit pas les gens sortir dans les rues quand un Belge gagne", illustre Philippe Ledent.  

Les résultats d'un sportif dans sa discipline peuvent néanmoins avoir des conséquences plus sectorielles. "On a pu le constater quand Justine Henin et Kim Clijsters dominaient le tennis. Il y a un petit effet sur la marque belge et dans le monde du tennis. Mais cela ne se voit pas vraiment lorsqu'on fait le bilan final." Plutôt que de la création de richesse, il s'agit plus d'un déplacement. "Le secteur lié au tennis a augmenté, mais au détriment d'autres. Les stages de tennis pour enfant ont surement été plus nombreux, mais du coup à la place d'un autre sport. Au final, l'effet s'annule."

Le résumé

  • Si certains politiciens aiment souligner l'importance que peut avoir une victoire à l'Euro sur le moral des concitoyens, la transposition au niveau macroéconomique est minime.
  • Dans le meilleur des cas, l'effet est de 0,1% de PIB, généré par une hausse de la consommation.
  • Une victoire peut par aussi avoir une influence positive sur le pays en tant que marque, surtout s'il est petit et moins connu.
  • Une victoire finale à un tournoi majeur peut aussi avoir des effets négatifs sous forme de baisse de productivité.

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