Le foot, un sport d'humains

Lors de l'incident, les joueurs danois se sont réunis autour de leur coéquipier Christian Eriksen. ©Pool via REUTERS

Le malaise subi par le joueur danois Christian Eriksen a brutalement rappelé au monde entier que les joueurs restent des humains. Avec le show du football, on aurait presque oublié.

Les premiers coups de sifflet ont à peine commencé à retentir que l'Euro 2020 a déjà son évènement qui restera dans les mémoires. Il n'est pas question, cette fois, d'un but oublié par l'arbitre ou de hooligans célébrant le sport à leur manière dans un port à Marseille. Ce samedi, le football européen a tremblé. En pleine rencontre face à la Finlande, le joueur vedette du Danemark Christian Eriksen s'est effondré, mais certainement pas pour simuler. Le joueur a été victime d'un malaise cardiaque. Après de longues minutes pour le réanimer, le milieu de l'Inter Milan a finalement repris conscience avant d'être hospitalisé. À entendre son agent, il serait déjà en train de plaisanter.

À l'heure d'expliquer les raisons d'un tel évènement, les médecins ne parviennent toujours pas à clairement comprendre comment cela a pu arriver à un joueur pro, dont chaque demi-mouvement est passé au peigne fin. Rassurant, car l'absence d'explication souligne l'extrême rareté d'un tel évènement et son impossible prévisibilité. Au-delà du diagnostic médical, cet accident a probablement remis un peu les footballeurs à la place qu'ils méritent. Celle d'humains. C'est un peu bête, mais dans les travées d'un stade ou derrière sa télévision, on a parfois un peu tendance à oublier que les 22 qui s'agitent sur le terrain sont faits comme nous.

Le mastodonte économique qu'est devenu le football en a fait des produits de vente constamment épiés. La défaillance est interdite et ceux qui observent, commentent, analysent, donnent parfois l'impression d'évoquer des avatars du jeu Fifa plutôt que des hommes. Demandez à un certain Eden Hazard, jugé au moindre écart de santé. Aujourd'hui, le mauvais choix ou le contrôle raté méritent, dans le meilleur des cas, son lot de moqueries. Dans le pire, le mépris et les insultes en tout genre.  L'accident d'Eriksen a permis aussi de remettre un peu d'ordre dans le sens des priorités et rappeler que ce bon vieux jeu qui nous fait parfois perdre la tête reste offert par des humains. Ce qui le rend encore plus appréciable.

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