chronique

Les nouveaux défenseurs des bonnes causes

Journaliste

En écartant des bouteilles en conférence, Ronaldo, Pogba et Locatelli ont rappelé leur pouvoir d'influence.

En bon franglais, le bad buzz, n'a pas de définition officielle dans le pavé de ce bon vieux Petit Robert. Mais si le terme vous échappe, demandez à Coca-Cola et Heineken comment ils le définiraient. Depuis trois jours, ils en sont des exemples plutôt parlants. En allongeant les millions pour s'afficher partout à l'Euro, les géants du soda et de la pintje, espéraient bien faire saliver les supporters à la gorge desséchée.

Mais s'afficher à côté de TikTok ou Vivo le long du terrain n'est visiblement plus suffisant. Désormais les bouteilles s'installent en salle de presse, habillement placées devant le footballeur interrogé. L'image parfaite espérée (et peu probable): voir la star prendre quelques gorgées du breuvage. Mais depuis trois jours, c'est complètement raté. Coup sur coup, Ronaldo, Pogba et Locatelli ont écarté les bouteilles de Coca ou de bières, suivant leur non-affinité pour la boisson. Un geste anodin qui ne l'est évidemment pas quand une bonne partie de la Terre en profite. La catastrophe a même pu être partiellement quantifiée chez Coca-Cola qui a vu son cours chuter de 4 milliards de dollars après la petite pique – "Buvez de l'eau pas du coca" – lancée par Ronaldo au moment du déplacement stratégique.

En trois mouvements de bouteilles, Ronaldo, Locatelli et Pogba ont méchamment égratigné l'image du roi du sucre et du houblon, tout en rendant le sourire à tous les diététiciens d'Europe.

En trois mouvements de bouteilles, les joueurs ont méchamment égratigné l'image du roi du sucre et du houblon tout en rendant le sourire à tous les diététiciens d'Europe. L'exemple parfait, s'il en fallait encore un, de l'influence des rois du ballon rond. Ça tombe bien, les causes défendues sont nobles. Et si on profitait pour en ajouter l'une ou l'autre? Par exemple, celle de conditions de travail dignes. Mais si, vous voyez, celles qui sont si difficiles à mettre en place chez les Nike et Adidas, où ça ne respire pas vraiment la protection sociale pour les travailleurs (qui a dit enfant?). Bon, par contre, ça demandera un peu plus d'implication que de cacher deux bouteilles. Du coup, il y a quand même peu de chance de voir Hazard ou Sterling retirer leur maillot, short et chaussures lors de la prochaine conférence de presse. Mais promis, c'est juste pour une question technique.

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