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Euro 2020: "Mais quelle arnaque!"

Journaliste

Qu'on y connaisse que dalle ou qu'on soit footeux, on participe à chaque fois. Victime consentante, prisonnière du pari.

On s’est fait avoir, une fois de plus, même si c'est pour l'honneur. Cela a commencé peu après nos premiers pas à la rédaction. Encore la volonté de bien se faire voir, de ne pas trop dépasser. Et la communication plus qu’enthousiaste du chef de l’époque, qui exhortait ses troupes à participer aux pronostics; était-ce l’Euro ou la Coupe du monde, qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’arnaque. On a mis des croix un peu au hasard; Autriche-Ukraine, on a autant à dire à ce sujet que sur la sexualité des méduses.

Et depuis, ça ne rate pas. On participe à chaque fois. Victime consentante, prisonnière du pari. Et on ne se l’explique pas, le côté jouette n’y suffisant pas. Un vrai mystère.

Le mythe de la chance du débutant

On a mis des croix un peu au hasard; Autriche-Ukraine, on a autant à dire à ce sujet que sur la sexualité des méduses.

Cette petite expérience aura au moins permis de démonter le mythe de la chance du débutant. Le schéma est devenu classique. On démarre assez mollement et puis, paf, quelque part dans le ventre mou de la compétition, on effectue le début d’une percée, comme ça, sur un malentendu, qui dure quelques jours pour mieux se rétamer.

S’ajoute à cela le supplice belge. Un commandement presque: pronostiquer une victoire de la Belgique. Alors qu’on ne parierait pas gros là-dessus, en vrai. Cela fait depuis qu’on est en âge de parler qu’on a des potes qui nous disent que cette fois, c’est la bonne, avec une équipe pareille, génération dorée et tout le toutim. En attendant, eh bien, on attend, et on perd.

Le pire, c’est qu’on finit quand même par espérer. Que la Belgique gagne, et faire la nique à ses collègues. Tout ça pour mieux déchanter. Tout un art. Mais quelle arnaque.

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