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Pour les Diables, les briques, c'est d’abord dans la brique

Axel Witsel a tenté sa chance dans l'aviation, Eden Hazard dans un club de foot aux États-Unis. ©Photo News

Entre l'aviation, l'horeca et les bitcoins, les Diables rouges aiment investir. L'immobilier reste toutefois l'endroit préféré des joueurs belges pour placer leurs billes.

Ils n'ont certes pas tous les 300.000 livres par semaine de Kevin De Bruyne. Mais a priori, ceux qui défendent nos couleurs ne doivent pas trop s'inquiéter pour leurs vieux jours. Quand les chiffres s'alignent sur le compte en banque et que la maison et la voiture sont remboursées, il peut être intéressant de se muer en investisseur.

"L'immobilier est l'investissement de référence. Il a un côté rassurant."
Sébastien Ledure
Avocat spécialisé en droit du sport

À ce petit jeu, du côté des Diables rouges, chacun y va de sa propre stratégie. "Il y a toutefois une tendance assez généralisée pour l'investissement dans l'immobilier", note Sebastien Ledure, avocat bien connu du milieu et qui travaille pour plusieurs Diables. "C'est l'investissement de référence. L'immobilier a un côté rassurant avec une garantie de revenus", assure l'avocat qui ne rentrera évidemment pas dans les détails personnels.

La brique attire donc une série de joueurs. C'est notamment le cas de Toby Alderwereild qui travaille en famille pour faire fructifier son immobilier entre la Belgique et Londres où il joue en club. Jan Vertonghen et Dries Mertens s'y intéressent aussi visiblement. Selon Sport Foot Magazine, le Louvaniste a notamment investi dans un hôtel de maître avec sa compagne en 2015 dans sa ville natale.

Immobiliers sportifs

Outre l'immobilier classique, les Diables aiment aussi quand les briques s'empilent pour faire des stades. En compagnie de plusieurs anciens coéquipiers, Eden Hazard a ainsi investi dans l'équipe de San Diego aux États-Unis. Chez nous, Nacer Chadli est lui récemment monté dans le capital de son ancien club du Standard de Liège aux côtés de Bruno Venanzi.

Certains profitent également de leur portefeuille pour investir dans des business plus originaux. Amateur de café, Simon Mignolet a investi dans le breuvage d'abord via un café spécialisé installé à Saint-Trond puis dans une marque. Thibaut Courtois s'est, lui, appuyé sur l'expertise de son père pour investir dans Viata, une pharmacie en ligne. Il en est toutefois sorti en 2019.

"Aujourd'hui, les équipementiers vont préférer miser sur quatre ou cinq très grands joueurs plutôt que de répartir leur budget sur une vingtaine de footballeurs."
Sébastien Ledure
Avocat spécialisé en droit du sport

Outre leur argent, les Diables peuvent également faire fructifier leur image. Si certains comme Romelu Lukaku passent via des agences spécialisées, d'autres ont mis en place leur structure comme Eden Hazard dont la société gère ses contrats avec ses sponsors. "Je suis assez peu convaincu par le modèle. Aujourd'hui, seulement quelques joueurs sont suffisamment vendeurs pour les marques. C'est en outre moins porteur qu'avant. Aujourd'hui, les équipementiers vont préférer miser sur quatre ou cinq très grands joueurs plutôt que de répartir leur budget sur une vingtaine de footballeurs", détaille l'avocat

"Early adopters"

Plusieurs footballeurs seraient aussi pas mal intéressés par les nouvelles tendances. "Ils sont même parfois des "early adopters". J'en connais plusieurs qui ont investi dans le bitcoin et les NFT. L'idée vient parfois simplement du bouche-à-oreille dans le vestiaire", explique encore Sébastien Ledure.

À côté des nouvelles tendances mondiales, l'investissement local a visiblement aussi la cote. Outre son amour pour l'art, Thomas Meunier est également célèbre pour son affection pour les Ardennes. En partenariat avec Dominique Gardeur, il a notamment investi dans le "Plaza", un établissement horeca installé au sein de la ville de Bastogne. Suite à une succession de couacs notamment judiciaire, son associé s'est retiré. Selon la presse locale, Thomas Meunier n'aurait toutefois pas l'intention de faire de même.

"Une fois qu'ils donnent leur confiance, ils peuvent parfois complètement se faire avoir."
Sébastien Ledure
Avocat spécialisé en droit du sport

Toutes les tentatives ne sont évidemment pas des réussites. En 2014 , Axel Witsel avait notamment investi dans LindSky Aviation, une entreprise aéronautique anversoise, pour laquelle il nourrissait visiblement de jolies ambitions. "Dans quelques années, j'entends mener l'entreprise moi-même", expliquait-il à l'époque. Le Diable est finalement sorti de l'actionnariat de l'entreprise. Difficile de savoir s'il y a laissé des plumes.

L'importance du bon conseil

"Il y a effectivement des échecs. Le problème est très souvent lié à l'entourage et aux mauvais conseils reçus. Une fois qu'ils donnent leur confiance, ils peuvent parfois complètement se faire avoir", explique Sébastien Ledure qui a vu plusieurs mauvaises affaires au cours de sa carrière. "C'est difficile de le leur reprocher, ils n'ont pas été formés à ça", explique-t-il. Mais bien conseillés, certains s'en sortent plutôt très bien. "Je connais notamment un joueur qui, dès le début, est tombé sur la bonne personne pour faire fructifier son capital. Il doit aujourd'hui avoir 200 appartements en gestion", explique l'avocat. "On sent une évolution. L'importance de bien s'entourer est un message qui passe de plus en plus."

Le résumé

  • Au moment d'investir, les Diables apprécient la brique.
  • Certains sont adeptes des nouvelles tendances comme le bitcoin.
  • Habituellement peu formés à l'investissement, l'entourage joue un rôle essentiel.

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