chronique

Que Diable aurait-on été faire dans cette galère ?

Lors de la première demi-finale, Italiens et Espagnols ont donné une leçon de vivacité, de maîtrise technique et de force de caractère.

À l’heure d’écrire ces lignes, on ne connaissait ni le résultat, ni la qualité de la deuxième demi-finale de l’Euro opposant sur ses terres l’Angleterre au Danemark. Mais après le spectacle dont nous ont gratifié l’Italie et l’Espagne lors de la première demi-finale mardi soir, un constat s’impose: au vu de ce qu’elle a montré durant ses cinq matchs, hormis la 2e mi-temps en poules contre le Danemark, la Belgique n’aurait probablement pas fait le poids.

Car pour l’amateur de foot, neutre sur ce coup-là, ce match a révélé tout ce dont ont manqué les Diables rouges durant cet Euro: de la vitesse d’exécution, de l’engagement physique et, surtout, cette niaque, cette capacité à se vider les tripes, peu visibles lors de l’affrontement décisif face à l’Italie. Alors oui, les Diables se sont retroussé les manches en fin de 1/8e face au Portugal mais c’était pour conserver un résultat. Quand il a fallu en forger un pour recoller au score en quarts de finale, ils se sont montrés brouillons, lents et empruntés, s’en remettant aux seuls coups de rein du feu follet Jeremy Doku, le seul à émerger dans ce chaos.

Alors, oui aussi, les Belges ont eu à déplorer des blessés, mais, "franchement" - comme dirait un chroniqueur ertébéen invariablement vêtu de noir - Italiens et Espagnols nous étaient largement supérieurs. À commencer au niveau mental, à l’image de cet incroyable Giorgio Chiellini. Alors que l’on stigmatise l’âge canonique du trio défensif belge, le capitaine de la Squadra Azzura, bientôt 37 ans, n’a sans doute pas livré le match le plus brillant de sa carrière, mais en termes d’intelligence de jeu et de coaching, c’est un cador. Le voir s’époumoner lors de l’hymne, le fameux "Fratelli d’Italia", en disait long sur son implication tandis que, sur le terrain, ce rugueux défenseur au visage de gueule cassée n’a cessé de haranguer et d’encourager ses équipiers prenant le dessus psychologiquement sur son alter ego espagnol, Jordi Alba, avant la séance de tirs au but. Les images ont fait le tour de la planète foot.

Pas de regret à avoir donc sur le plan footballistique. Côté mental, par contre, le fantôme de Vincent Kompany plane encore sur la sélection belge.

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