chronique

Trop de prolongations et de tirs au but tuent le football

Journaliste

Que ce soit l'Italie ou l'Angleterre, le vainqueur de l'Euro devra une partie de son titre au facteur chance, entendez: aux penalties plutôt qu'au jeu.

L'Angleterre et l'Italie auront gagné le droit de jouer la finale de l'Euro non pas en raison de leur supériorité sur leurs adversaires en demi, mais pour des histoires de penalties. Tirs au but pour les Italiens, faute litigieuse sur Stirling pour les Anglais. Les amateurs de beau jeu peuvent le regretter tout en relevant qu'au fond, une bonne partie des matches de cette édition 2021 auront abouti à la même issue: une décision forcée sur la chance ou l'épuisement (prolongations).

Trois matches sur les 14 programmés dans la phase par élimination directe (à partir des huitièmes de finale) se sont soldés par une séance de tirs au but. Les malheureuses victimes de ces variantes du pile ou face du début du XXème siècle sont les Espagnols, les Suisses et les Français. L'Espagne constitue un cas particulier puisqu'elle a gagné en quart de cette manière, avant d'échouer en demi au même stade "post-120 minutes": veinarde, puis guignarde... Ce qui prouve au moins une chose: le facteur chance ne fait pas dans la fidélité, ce qui est somme toute rassurant.

Plus étonnant, sept des 14 matches se sont soldés par une égalité parfaite à l'issue des 90 minutes initiales. Une partie sur deux est allée aux prolongations. Et quatre des sept matches prolongés ont accouché d'un vainqueur par épuisement de l'adversaire, dirons-nous (exemple: les Croates, quasi liquéfiés face aux Espagnols en huitième). Le signe que les différentes équipes se tenaient de très près, certes. Mais peut-être aussi un indice que les règles du jeu commencent à dater. Malgré le recours (partiel) au VAR, le terrain réglementaire offert aux équipes ne permet plus suffisamment de variété et d'inventions pour qu'elles arrivent à se distinguer.

Les éditions 2014 et 2018 du Mondial ainsi que ce nouvel Euro montrent que le problème des tirs au but devient endémique

D'accord, le phénomène n'est pas entièrement neuf; de précédentes éditions du Mondial ont déjà buté sur le même obstacle. En phase d'élimination directe, quatre éditions du Mondial, dont les deux dernières, ont enregistré 4 matches sur 16 terminés par des tirs au but (et un match sur 3 en 1982). Mais les éditions 2014 et 2018 du Mondial ainsi que ce nouvel Euro montrent que le problème devient endémique. Quelle piste activer pour tenter de le réduire? Nous, on en voit une: atténuer les règles du hors-jeu...

Lire également