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Vendredi soir, pas de verrou suisse mais du chaos management

L'équipe belge alignée en 11-0-0: un système de jeu résolument novateur... ©BELGA

Belgique-Italie, 3-4-3 contre 4-3-3... Mais où sont les 3-2-3-2 d'antan? Et la Pyramide? Coup d'œil sur ces séries données gagnantes à la grande loterie du foot.

Vendredi soir, on verra s'affronter deux systèmes de jeu différents, un 3-4-3 aux allures de grande prise de risques contre un plus traditionnel 4-3-3. Il n'y a qu'un chiffre qui change (deux chiffres qui permutent) et pourtant cela change tout. Mine de rien, les dispositions tactiques des joueurs telles que prônées par les coaches de la Belgique et de l'Italie, les deux Roberto (Martinez et Mancini), renvoient à une longue évolution des stratégies footballistiques au fil du temps.

Le problème, c'est qu'on ne peut pas breveter ces systèmes de jeu et que quand ils donnent des résultats, ils sont très vite copiés.

Au début du foot, il n'y avait pas de tactique proprement dite et tout le monde se ruait vers l'avant. Jusqu'à ce qu'un entraîneur plus futé crée la Pyramide: 2 défenseurs, 3 demis et 5 attaquants. Cela laissait l'arrière-garde fort exposée, de sorte que dans les années 1920 un entraîneur britannique (Arsenal) lui a substitué le W-M, c'est-à-dire le 3-2-2-3. Avec une grosse réussite à la clé. Le problème, c'est qu'on ne peut pas breveter ces systèmes et que quand ils donnent des résultats, ils sont très vite copiés.

N'empêche, la créativité a continué à inonder les cercles des footeux et dans les années 40, un tacticien russe (Dynamo Moscou) a lancé pour la première fois le 3-4-3. Précisément le système adopté par les Diables rouges. À y regarder de plus près, ce système n'est qu'une variante du précédent (on fusionne les deux fois deux milieux du W-M). Il fait toutefois davantage bouger les lignes, avec les demis latéraux se muant tour à tour en backs ou en ailiers, ce qui fait dire à certains qu'il s'agit d'un "désordre organisé". Ou d'une application du "chaos management".

Vendredi soir, en face du chaos bien géré par Roberto Martinez, les Italiens aligneront un 4-3-3, mode utilisé pour la première fois avec succès par l'Angleterre en 1966 et très souvent depuis (par l'OM championne d'Europe en 1990). Une chance pour les Belges que les Azzuris aient abandonné leur 5-4-1, connu sous le nom de "catenaccio" ("verrou") et qui donnait la primauté à la défense. Longtemps appliqué par les Italiens, ce système avait pourtant été inventé par les Suisses; on parlait du "verrou suisse", appelé à un moindre succès international que le canif ou la banque... Mais basta!, les deux équipes utiliseront 3 attaquants, gage d'une animation offensive inspirée, ce qui favorise le beau football.

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