100 actions belges passées au crible

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Une des activités les plus fascinantes pour un investisseur consiste à choisir les bonnes entreprises. Que faut-il acheter et que faut-il éviter? Le livre "Tirez profit de la Bourse. 100 actions belges passées au crible" du journaliste financier Serge Mampaey vous aidera à faire les bons choix.

Ceux qui investissent en Bourse savent que malgré les turbulences que traversent les marchés financiers, les actions comptent parmi les meilleurs placements à long terme. Il est bien entendu possible d’investir dans des fonds ou des trackers, mais pour la plupart des investisseurs, l’achat d’une action reste l’activité la plus gratifiante, car il leur permet de devenir copropriétaires de l’entreprise.

Pour évaluer si le management est en mesure de créer de la valeur pour l’actionnaire – ce qui est susceptible de faire augmenter le cours de Bourse à long terme – il est essentiel de bien comprendre ce que fait l’entreprise, comment elle le fait, quels sont ses objectifs et, de préférence, connaître son passé.

Tirez profit de la Bourse (Serge Mampaey) - 100 actions belges passées au crible, ce samedi 17/11 pour 7,90€ avec L'Echo. ©Mediafin

L’entreprise fait-elle partie d’un secteur en croissance ou en perte de vitesse? Est-elle en train de mettre au point de nouveaux produits ou services prometteurs? Qu’en est-il de la concurrence? L’entreprise est-elle tributaire de facteurs sur lesquels elle n’a aucun contrôle, comme les taux de change ou les prix des matières premières? Ce sont les questions que chaque investisseur doit se poser avant d’acheter ou de vendre une action.

En plus de sa qualité, le prix de l’action est également important. La Bourse est un marché où les prix fluctuent quotidiennement, même si la valeur intrinsèque de la plupart des entreprises reste stable d’un jour à l’autre.

  • D’une part, les investisseurs doivent se poser la question de savoir si l’entreprise convoitée – même si elle fait partie des meilleures et des plus solides et qu’elle affiche un palmarès impressionnant – n’est pas trop chère à l’achat, car cela la rend vulnérable en cas de correction et limite son potentiel de hausse.
  • D’autre part, les entreprises plus risquées, qui sortent de l’ordinaire ou qui présentent un caractère cyclique, sont plus volatiles et peuvent de temps en temps retomber à des niveaux qui constituent des opportunités d’achat.

Les Ewing de Dallas

Le livre "Tirez profit de la Bourse" présente une analyse des fondamentaux et du cours des 100 plus grandes entreprises de la Bourse de Bruxelles. Et plonge également dans leur histoire. Souvent, des perles historiques se cachent parmi ces noms. Elles racontent une partie de notre histoire économique.

Pour composer le portefeuille idéal, il est recommandé de travailler comme pour la construction d’une maison.

Saviez-vous par exemple que le holding Floridienne avait démarré en tant que mine de phosphate en Floride, pour laquelle les plus riches et les plus puissantes familles belges se sont déchirées, comme les Ewing de la série culte Dallas? Ou qu’Agfa a été co-fondée par le fils de Félix Mendelssohn-Bartholdy, compositeur de la célèbre marche nuptiale? Que le capital de départ de Gevaert est issu de membres du parti flamingant Meeting? Et que le holding GBL a lancé la première offre hostile de la Bourse de Bruxelles, avec un raid sur Sofina qui a été abandonné au dernier moment?

Pour composer le portefeuille idéal, il est recommandé de travailler comme pour la construction d’une maison. Tout d’abord, il faut s’occuper des fondations. Celles-ci doivent s’appuyer sur des sociétés de qualité, ayant fait leurs preuves, peu endettées, bien gérées et de préférence avec un contrôle familial qui garantira que la société ne prendra pas de décisions fantaisistes parce que c’est la fortune de l’actionnaire principal qui est en jeu.

Et dont on est certain de percevoir un dividende. Il est recommandé de choisir des sociétés ayant démontré leur capacité à traverser des moments difficiles. Il peut s’agir de sociétés holding comme Ackermans & van Haaren, Sofina, GBL ou Brederode. Ou de sociétés immobilières comme WDP, Cofinimmo ou Retail Estates. Ou encore de noms comme Solvay, D’Ieteren, d’entreprises du secteur de l’alimentation et des boissons comme Ter Beke ou Miko, voire de la petite société de construction Moury Construct.

Les murs du portefeuille

Les murs peuvent se composer de noms solides qui profitent de tendances structurelles positives, comme l’émergence de la classe moyenne sur certains marchés, l’énergie verte, l’économie circulaire, l’intelligence artificielle, les voitures électriques et autonomes, l’internet ou le vieillissement de la population. Cette analyse mettra probablement en évidence des entreprises comme Jensen, Picanol, Resilux, Melexis, Aedifica ou même CFE.

Quant au toit, il vaut mieux qu’il puisse résister aux tempêtes, mais il faudra malgré tout veiller à éviter les fuites et éventuellement à remplacer des tuiles. Pour cette partie du portefeuille, on peut envisager d’investir dans des entreprises cycliques, comme Campine, Aperam ou Sioen.

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Et, comme cerise sur le gâteau, vous pouvez embellir votre jardinet avec des entreprises du secteur de la biotech, plus sensibles aux effets d’annonce et aux articles de presse. Mais il va de soi qu’il faut investir davantage dans les fondations et les murs que dans le jardinet, étant donné les risques importants inhérents au secteur biotechnologique.

Banque Nationale de Belgique

Les quatre tableaux repris sur cette page donnent une indication de la valorisation des actions belges. Ces informations sont disponibles dans le livre pour toutes les entreprises. Mais un chiffre ne dit pas tout. Tout d’abord, bon marché n’est pas toujours synonyme d’achat avisé.

Par exemple, si l’on se base sur le ratio cours/bénéfice – le principal critère qui définit la valeur d’une action – la Banque Nationale de Belgique est l’action la moins chère, mais la majeure partie de ses bénéfices sont versés à son principal actionnaire, le Trésor public. De nombreuses actions cycliques se retrouvent tout en haut de la liste des "bonnes affaires". Hélas, leurs bénéfices sont très volatils.

Les actionnaires ont compris depuis la crise de 2008 que le secteur financier était plus risqué que la moyenne.

On trouve aussi les banques, dont les actionnaires ont compris depuis la crise de 2008 que le secteur financier était plus risqué que la moyenne. Il n’en reste pas moins que le ratio cours/bénéfice reste un important critère d’évaluation. Parmi les actions bon marché, certaines combinent cependant une valorisation basse avec une croissance supérieure à la moyenne. C’est notamment le cas de VGP et Atenor.

La meilleure méthode est donc de se baser sur plusieurs ratios. Le ratio EV/EBITDA est également éclairant sur le bilan, car il mesure la valeur de l’entreprise (la somme des cours de Bourse et de l’endettement net) par rapport au bénéfice brut d’exploitation (EBITDA).

Sur la base de ce ratio, l’entreprise de construction Moury Construct arrive tout en haut de la liste des entreprises les moins chères, car 80% de sa valeur boursière est constituée de cash. L’investisseur obtient donc les activités de construction quasi gratuitement. Dans cette liste, on trouve aussi de nombreuses entreprises bon marché et malgré tout en bonne santé, comme Recticel, Orange Belgium ou Zenitel, en passant par Miko, Smartphoto et Resilux.

Si l’on tient compte du rendement du dividende, on aboutit à des entreprises qui combinent une valorisation intéressante avec un beau coupon.

Si l’on tient compte du rendement du dividende, on aboutit à des entreprises qui combinent une valorisation intéressante avec un beau coupon. La championne du dividende est sans nul doute bpost, qui offre un rendement brut de près de 10%, mais la plupart des analystes s’attendent à un recul pour les années à venir, à cause de la baisse des revenus. D’autre part, ce n’est pas un hasard si les actions immobilières font partie des reines du dividende. Mais attention: elles apportent de beaux rendements, certes, mais sont très sensibles aux augmentations des taux d’intérêt.

Elia n’est pas Nyrstar

Enfin, il vaut mieux privilégier les entreprises dont l’endettement reste acceptable par rapport aux cash-flows. Elles doivent être capables de traverser de violentes tempêtes, en particulier si elles se prolongent. La situation de la société la plus endettée, Exmar, s’est déjà beaucoup améliorée grâce au refinancement de la flotte de gaz liquide et la vente de quelques actifs. Il faudra attendre les chiffres annuels pour voir dans quelle mesure la dette a été réduite, même si la vente de navires pèsera logiquement sur le potentiel bénéficiaire des années à venir.

En matière d’endettement, il ne faut pas mettre toutes les entreprises dans le même sac.

Mais en matière d’endettement, il ne faut pas mettre toutes les entreprises dans le même sac. Le gestionnaire du réseau de haute tension Elia, par exemple, peut plus facilement gérer un niveau élevé d’endettement que le groupe de zinc Nyrstar. Alors qu’Elia jouit d’un monopole, avec des revenus régulés et des cash-flows quasi assurés, Nyrstar est le jouet du prix du zinc, du dollar, et des coûts de traitement dans le secteur.

Pour terminer, tout le monde ne sélectionne pas ses actions de la même manière et chaque portefeuille est unique, selon l’âge, les intérêts ou le goût du risque de l’investisseur. Mais la sélection des entreprises dont vous devenez copropriétaire sera pour le moins instructive, et nous l’espérons, une expérience rentable pour ceux qui feront assidûment leurs devoirs d’investisseur.

Utilisez le coupon que vous trouverez dans L’Echo du samedi 17 novembre pour acquérir le livre "Tirez profit de la Bourse. 100 actions belges passées au crible", qui comprend plus de 300 pages sur nos sociétés cotées.

©mfn

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