"Tirez profit de la Bourse": 3 questions à Serge Mampaey

Serge Mampaey

Dans un nouvel ouvrage, Serge Mampaey, expert en marchés financiers à De Tijd, passe en revue 100 actions belges.

Vous souvenez-vous encore de la première action que vous avez achetée?

Il s’agissait de la banque américaine JP Morgan, dont on pouvait acheter les certificats d’actions sur la Bourse de Bruxelles. Grâce à cet achat, j’ai tellement appris sur la banque que j’ai pu décrocher mon premier emploi. Savoir d’où vient une entreprise, où elle souhaite aller et comment, permet aux investisseurs d’acheter des actions en connaissance de cause. C’est ce qui m’a donné l’idée d’écrire ce livre. Car tout le monde est unanime sur le fait que les actions sont les meilleurs investissements sur le long terme, même si les Bourses sont parfois capricieuses et fluctuent sensiblement.

Quels sont les types d’actions que les investisseurs doivent absolument avoir en portefeuille?

Il est essentiel de diversifier son portefeuille. Suite à la crise économique et financière de 2008, ceux qui étaient trop investis dans le secteur financier ont perdu de l’argent et n’ont pas pu récupérer leurs pertes, même après des années. Cela doit nous servir de leçon. Il faut composer son portefeuille comme on construit une maison.

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Tout d’abord, il faut s’occuper des fondations. Celles-ci doivent comprendre des sociétés de qualité, ayant fait leurs preuves, peu endettées, bien gérées, dont on est certain de percevoir un dividende et de préférence avec un contrôle familial. Cela garantit en effet que la société ne prendra pas de décisions fantaisistes, parce que c’est la fortune de l’actionnaire principal qui est en jeu. Il peut s’agir de sociétés holdings comme Sofina, GBL ou Ackermans & van Haaren. Ou encore de noms comme Solvay, D’Ieteren, Moury Construct, Kinepolis ou UCB.

Tirez profit de la Bourse (Serge Mampaey) ©Mediafin

Les murs ensuite peuvent se composer de noms solides qui profitent de tendances à la croissance structurelle, comme Jensen, Picanol, Melexis, Aedifica ou même CFE.

Quant au toit, il faut éviter les fuites et il est probable que vous devrez de temps en temps remplacer une tuile. Pour cette partie du portefeuille, vous pouvez envisager d’investir dans des entreprises plus cycliques ou plus sensibles aux effets d’annonce et aux articles de presse, comme le secteur biotechnologique. Ce sont des entreprises que vous devrez tenir à l’œil et elles ne devront en aucun cas constituer la majeure partie de votre portefeuille.

Y a-t-il des entreprises que vous n’achèteriez jamais?

Certainement. Par exemple, les entreprises qui ne contrôlent pas totalement leur destin, car elles sont tributaires des conditions du marché, comme les cours de change ou les prix des matières premières. Il s’agit le plus souvent d’entreprises fortement endettées qui disposent de peu de réserves pour faire face à des périodes difficiles. En ce qui me concerne, je n’achèterais donc pas une société comme Nyrstar. 

 

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