mon argent

Acheter (presque) sans apport de départ, est-ce encore possible?

©Photo News

Les banques, dans le contexte de crise actuel, sont de plus en plus frileuses quant à accorder un prêt hypothécaire aux profils à risque. Leur est-il encore possible de devenir propriétaire? Voici les pistes.

Si les taux hypothécaires restent à des niveaux planchers, cela ne profite pas à tous les emprunteurs. Bénéficier d’un taux fixe de 0,90% à 20 ans reste le Saint Graal destiné aux dossiers les plus solides, autrement dit les clients disposant d’un gros apport, de revenus conséquents, ayant un historique avec la banque, etc.

Finance Avenue - 14 novembre

Ne ratez pas le grand salon dédié à l’argent de L’Echo. Assistez aux débats, aux interviews et posez vos questions aux spécialistes. Le tout, depuis votre salon. Inscrivez-vous ici!

Pour les dossiers plus fragiles, l’accès à la propriété est plus compliqué depuis le début de la crise sanitaire. On pense notamment aux primo-acquéreurs, qui ont souvent moins de revenus et moins d’économies à disposition. "La crise du coronavirus, qui augmente l’incertitude et le risque, couplée aux nouvelles mesures macroprudentielles de la BNB prises le 1er janvier (les quotas à respecter par les banques pour les quotités, NDLR) font que certains emprunteurs ayant des profils à risque vont se retrouver sur le carreau. Il sera plus difficile pour eux d’obtenir un crédit hypothécaire et donc d’accéder à la propriété", se désole Steven Trypsteen, économiste en immobilier chez ING.

"Certains emprunteurs ayant des profils à risque vont se retrouver sur le carreau."
Steven Trypsteen
économiste en immobilier chez ING

Les banques demandent généralement 20% du prix d’achat du bien en fonds propres en plus des frais annexes. Certaines exceptions sont faites, mais tous les primo-acquéreurs ne peuvent pas en profiter pour autant puisque seuls 35% des crédits accordés aux primo-acquéreurs peuvent dépasser la quotité de 90% chaque année. Voici dès lors quelques alternatives.

Le crédit à la consommation

Certains établissements financiers (MidFinance, Record, Elantis) permettent aux parents des acquéreurs de contracter un crédit à la consommation afin de financer jusqu’à 125% du prix d’achat. Le montant maximum s’élève à 50.000 euros pour une durée maximale de 10 ans. Son taux varie entre 3,99% et 4,89% selon le montant, la durée et si le crédit hypothécaire des enfants est effectué auprès de la même enseigne ou non.

L’hypothèque d’un deuxième bien

Cette autre formule permet aussi de financer jusqu’à 125% du prix d’achat. Un bien immobilier supplémentaire est mis en garantie. "Certaines banques acceptent encore de mettre un bien familial en garantie pour prêter la totalité de la somme et les frais annexes. Il peut s’agir de la maison des parents ou d’un autre membre de la famille", explique Patrick Segers, courtier en crédits hypothécaires. Le montant du crédit peut alors s’élever à maximum 90% de la valeur vénale des deux biens.

"Certaines banques acceptent de mettre un bien familial en garantie pour prêter la totalité de la somme et les frais annexes."
Patrick Segers
courtier en crédits hypothécaires

L’achat en indivision

"Les parents et les enfants achètent chacun une quote-part, en indivision, ce qui permet d’emprunter plus, donc le montant total du bien plus les frais annexes, puisqu’il y a plus de revenus pris en compte et peu d’incertitudes quant à la solvabilité des acquéreurs", détaille le courtier. Les parents s’engagent alors dans un crédit hypothécaire. Techniquement, les parents et enfants remboursent ensemble un montant proportionnel à leur quote-part, "mais il arrive que ce soient les enfants qui remboursent totalement le crédit."

Lire également

Publicité
Publicité