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Flambée de l'inflation: "Temporaire", qu'ils disaient…

L'inflation en zone euro est passée de 0,9% en janvier à 2% en mai et 4,1% en octobre. Selon la présidente de la BCE, Christine Lagarde, cette flambée des prix n'est toutefois que temporaire. ©Photo News

Le mot "inflation" est sur toutes les lèvres, sur tous les écrans cette année. Avec une seule question: la hausse des prix va-t-elle lever le pied à moyen terme?

La flambée des prix est le sujet brûlant dans la sphère économique et financière en 2021. Tout le monde en parle dans les salles de marché. Et pas seulement. Selon les données de Google Trends, le mot "inflation" n'a jamais été autant recherché par les internautes du monde entier depuis la crise économique de 2008.

L'inflation en zone euro est passée de 0,9% en janvier à 2% en mai et 4,1% en octobre.

Mais de quoi parle-t-on au juste? L'inflation est définie par la Banque centrale européenne (BCE) comme une hausse globale des prix des biens et services, et non de quelques secteurs particuliers. Ses causes sont multiples: les plus courantes sont un bond de la demande qui ne peut être entièrement absorbé par l'offre et une augmentation des coûts de production – par exemple, les prix des matières premières – que les entreprises répercutent sur les consommateurs.

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Ces derniers sont d'ailleurs ceux qui en souffrent le plus. Car qui dit augmentation des prix, dit baisse du pouvoir d'achat. Un euro permet au final d'acheter moins de biens ou services.

Trois causes

Qu'en est-il pour 2021? Selon la présidente de la BCE, Christine Lagarde, l'inflation est causée cette année par la conjugaison de trois facteurs. En premier lieu, la forte hausse des prix de l'énergie comme le pétrole ou le gaz. "En septembre, le renchérissement de l'énergie représentait environ la moitié de l'inflation globale", a-t-elle expliqué à l'issue de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs, fin octobre. Rappelons que le baril de Brent flirtait avec les 20 dollars au début de la pandémie contre environ 80 dollars actuellement.

La crise du Covid-19 joue également un rôle majeur. Avec la mise en place puis la suppression progressive des mesures de confinement, les gouvernements ont provoqué des remous dans la chaîne de production et d'approvisionnement. De nombreux composants sont touchés par une pénurie. Si bien que l'offre ne parvient pas à répondre à la demande, laquelle est alimentée par la reprise économique.

Christine Lagarde persiste et signe: cette flambée des prix n'est que temporaire.

Troisième facteur, la fin de la réduction de la TVA en Allemagne. Nos voisins d'outre-Rhin ont décidé en juin 2020 d'abaisser la taxe sur la valeur ajoutée à 16% durant les six derniers mois de l'année pour soutenir la consommation. Mais en remontant la TVA à 19% en 2021, cela a fait automatiquement grimper les prix.

Une question de temporalité et de confiance

L'inflation en zone euro est ainsi passée de 0,9% en janvier à 2% en mai et 4,1% en octobre. Mais à l'instar de nombreux autres banquiers centraux, Christine Lagarde persiste et signe: cette flambée des prix n'est que temporaire. "L'inflation ralentira plus lentement qu'anticipé précédemment, mais nous nous attendons à ce que ces facteurs s'estompent en 2022. Nous continuons de prévoir que l'inflation à moyen terme demeurera en deçà de notre objectif de 2%."

Selon les données compilées par Bloomberg, le moindre fonds négocié en bourse (ETF) qui comporte le mot "inflation" dans son nom ou sa description est pris d'assaut.

Rappelons que la BCE, ainsi que la Réserve fédérale américaine, ont adopté cette année une nouvelle stratégie en termes de politique monétaire. Elles visent désormais un objectif d'inflation symétrique. Autrement dit, les banques centrales laissent plus volontiers l'inflation filer au-dessus de 2% à court terme pour compenser un niveau plus faible auparavant.

Cela signifie-t-il que la situation actuelle est sous contrôle? La hausse des prix va-t-elle réellement décélérer l'année prochaine? La majorité des économistes penche pour une accalmie. Les consommateurs sont par contre perplexes. Selon le dernier sondage de la BCE, les Européens s'attendent à ce que la hausse des prix reste bien au-dessus de 2% au cours des 12 prochains mois. Les investisseurs semblent également sur la défensive. Nombreux sont ceux qui cherchent à se protéger d'une inflation hors de contrôle. Selon les données compilées par Bloomberg, le moindre fonds négocié en bourse (ETF) qui comporte le mot "inflation" dans son nom ou sa description est pris d'assaut.

Tout repose, encore une fois, sur les épaules des banquiers centraux. À eux de convaincre qu'ils ont la situation bien en main et qu'ils sont prêts à dégainer, si besoin, leur arme favorite: une hausse des taux.

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